Micros d'Or : Jean-Marc Michel, fondateur de l'événement, nous explique tout avant la prochaine cérémonie

Micros d'Or : Jean-Marc Michel, fondateur de l'événement, nous explique tout avant la prochaine cérémonie©Micros d'Or, Media365
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Aurélien CANOT, Media365, publié le vendredi 28 octobre 2022 à 21h43

A l'aube de la prochaine cérémonie des Micros d'Or, le 15 décembre prochain à Morzine devant les caméras de Sport en France, plongée dans les coulisses et les secrets de l'événement. Pour ce premier opus, Jean-Marc Michel, créateur de ce rendez-vous qui récompense chaque année les meilleurs reportages audio-visuels, fait les présentations et revient sur l'histoire des "Micros".



Les "Micros d'Or", kézako ?
C'est une initiative pour mettre en valeur le travail des journalistes. Le téléspectateur, l'auditeur ne s'y retrouvent plus maintenant dans les talk-shows ou ne font plus la différence entre le journaliste, le chroniqueur ou le consultant. Or, le journalisme, c'est un vrai métier, ce sont des reportages et justement, ce métier-là, on veut le mettre en vitrine. Le festival concerne les reportages sur tous les sports. Nous sommes parrainés par le comité olympique. Tous les sports olympiques et les non-olympiques. Le festival touche toutes les disciplines. Cinquante bénévoles travaillent dessus. Au départ, on a tourné à une quinzaine et là maintenant, ne serait-ce que pour l'évènement à Morzine, on a besoin d'une quinzaine de chauffeurs, d'informaticiens et de gens qui s'occupent des réseaux sociaux. Ca prend du temps et c'est pas mal de boulot.

Comment a germé l'idée des "Micros d'Or" ?
Les talk-shows se développaient et franchement, le métier de journaliste est un métier souvent décrié et qui mérite qu'on le regarde de près. Les reportages sont superbes et c'est ce qui fait la beauté et met en lumière la passion des journalistes, car c'est un métier mais aussi une passion. À l'époque, quand j'ai créé ça, avec Henri Sérandour, qui était président du CNOSF, nous revenions des Jeux et il m'a dit : "Jean-Marc, tu vois, une médaille olympique n'a pas la même valeur selon la discipline pratiquée." Et il n'avait pas tort. Je lui ai dit : « Si tu veux, on peut créer une manifestation. On a déjà un rendez-vous en montagne, on peut lancer une manifestation avec les DTN et les champions des disciplines non médiatisées et comme ça, ils passent trois jours avec leur DTN". À l'époque, on tournait à près de 600 journalistes. Depuis, on a descendu la jauge et on a affiné le projet, mais en gardant toujours le même postulat de base.

Pourquoi une station en montagne et pas Paris ? Pourquoi Morzine désormais ?
Paris, ça coûte cher et personne ne vient. C'est pour ça que nous avons opté pour la montagne. Une partie des gens de notre profession fait ses premières descentes lors du festival des Micros d'Or. Depuis les années 80, on a bougé. On a fait Tignes, les Arcs et le village 1950 pendant une dizaine d'années. Après, nous sommes allés à Méribel, à Courchevel. Ce sont des stations très onéreuses. Nous ne sommes pas restés le temps que l'on aurait voulu. Nous avons fait une escapade à l'étranger à Crans-Montana (Suisse) pendant deux ans et puis nous sommes revenus en France à Chamonix et là, nous sommes à Morzine. J'aimerais trouver une station qui nous identifie, un peu comme le Festival de Cannes. Le Festival du film est à Cannes. J'aimerais que le festival des Micros d'Or trouve un point de chute également.

Juan Antonio Samaranch, Pelé, Estanguet...

Les "Micros d'Or" au fil des années...
Lors de la première année, parmi les premiers récipiendaires, il y avait un certain Didier Roustan qui avait fait un reportage magazine intitulé « Danse avec les loups ». C'était un reportage sur l'Olympique de Marseille et qui a remporté la timbale pour la première fois. Ensuite, on a étoffé les catégories. On a inclus la radio, qui n'était pas au programme au départ. On a également différencié le travail des journalistes sur le journal télévisé parce que l'animation d'un reportage dans un JT, c'est de l'ordre de 2 ou 3 minutes grand maximum, par rapport au magazine. J'avais aussi des petits malins, qui, à une époque, avaient pigé que si on mettait un malade ou un handicapé dans le reportage, le côté émotionnel prendrait le dessus par rapport à tous les autres. C'est ce qui s'est passé pendant trois ans. J'ai compris la manip' et du coup, j'ai fait des catégories handisport. Comme ça, tout le monde est sur un pied d'égalité. Il y avait des reportages bien ficelés qui ne ramassaient pas la timbale parce que les gars avaient le côté émotionnel qui faisait toujours la bascule. Après, bien sûr, on essaye toujours d'évoluer avec son temps. Depuis l'an dernier, par exemple, il y a une catégorie digitale et une autre catégorie sur le sport éco-responsable.

De grands noms...
Quand on regarde tous les gens que nous avons pu recevoir : les champions, les présidents de jury... On a quand même eu Juan Antonio Samaranch quand il était président du CIO, on a eu Pelé, le Prince de Mérode... L'an prochain, nous espérons avoir le Prince Albert de Monaco. Chez les champions, on peut citer Tony Estanguet, Clarisse Agbegnenou l'année dernière. Si on les prend tous, c'est hors-normes.

Un aperçu de la prochaine édition ?
Dans le prochain jury, il y aura pas mal de rugbymen car on fait un clin d'œil au Mondial de l'an prochain (en France). Mais j'aurais toujours des handisports, des champions et des gens qui se battent pour le devenir ainsi que des sports olympiques. Il y aura un gymnaste Samir Aït Saïd et d'autres champions d'autres disciplines individuelles, car pour les sports collectifs, c'est plus compliqué car ils sont tous en compétition.

La prochaine cérémonie des Micros d'Or se déroulera le 15 décembre à Morzine. Elle sera diffusée sur la chaîne gratuite Sport en France (disponible sur le canal 174 chez Orange et Sosh, canal 192 chez Bouygues Télécom, canal 190 chez Free et canal 129 chez SFR et Red) à partir de 20h00.

Auparavant, Sport en France proposera une émission sur les "Micros d'Or" ainsi qu'une émission sur le Prix Sport Scriptum, qui récompense le plus beau livre de sport dans l'année. Un prix également créé par Jean-Marc Michel, président d'honneur de l'UJSF (Union des journalistes de sport en France).

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