Jeux Olympiques 1992 : La Dream Team dans la légende

Jeux Olympiques 1992 : La Dream Team dans la légende©Panoramic, Media365

Emmanuel LANGELLIER : publié le jeudi 23 avril 2020 à 14h41

Emmenée par Michael Jordan, Magic Johnson et les stars de la NBA, l'équipe américaine de basket-ball avait marqué les esprits en raflant la médaille d'or aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992. Plus belle formation de l'histoire, la Dream Team avait fait le show et écrasé tous ses adversaires.



Michael Jordan, Magic Johnson, Larry Bird, Patrick Ewing, David Robinson, Karl Malone, Charles Barkley. Mais aussi Scottie Pippen, Clyde Drexler, John Stockton, Chris Mullin et Christian Laettner. Que du lourd. Du très très lourd. Le meilleur du meilleur. Et tout ça dans la même équipe ! Voici de quoi était composée l'équipe américaine de basket-ball aux Jeux Olympiques de 1992. La crème de la crème de la NBA, la fameuse Dream Team, l'équipe de rêve, qui avait enchanté la cité catalane et le monde entier jusqu'à, évidemment, rafler la médaille d'or.

La plus grande équipe de tous les temps. On n'avait jamais vu ça, autant de stars avec de tels pedigrees, compilées dans la même formation. Hormis Isiah Thomas et Shaquille O'Neal, toutes les étoiles US de NBA étaient sélectionnées pour représenter les Etats-Unis. Une grande première autorisée en avril 1989 par le Comité international olympique et la FIBA (Fédération internationale de basket-ball) alors que les Etats-Unis étaient auparavant représentés par des joueurs universitaires ou des éléments évoluant en Europe. L'Amérique voulait tant effacer l'affront de Séoul (3eme place).

Tout le monde voulait voir ça

Cet été 92, sur le papier, c'est du très grand luxe. Royal au bar. Dirigée par Chuck Daly, coach des Detroit Pistons, la sélection pèse 10 titres NBA (1980, 81, 82, 84, 85, 86, 87, 88, 91, 92). Jordan, Ewing et Mullin ont déjà été sacrés à Los Angeles en 1984. Robinson a été Champion du monde en 1986. Sur les 12 membres du groupe, 10 seront retenus parmi les 50 meilleurs joueurs de l'histoire, quatre ans plus tard en 1996, à l'occasion des 50 ans de la Ligue. Rien que ça...

Sur les parquets, les Etats-Unis ont rayonné à Barcelone et fait respecter leur rang. Devenue l'attraction numéro 1, la bande à Jordan et Magic a tout écrabouillé sur son passage, régalant les mirettes en mondovision. Alors que la mode basket arrive en Europe, tout le monde voulait voir ça. Assister à une production de la Dream Team représentait le graal pour les athlètes - petits ou grands, renommés ou pas - présents au village olympique qu'avait déserté l'équipe américaine, logée dans un hôtel en raison de menaces de mort. Le Palais des Sports de Badalona a vibré de plaisir à chaque sortie des vedettes.

Un écart moyen de 43,75 points

Durant cet été 1992, les Etats-Unis ont remporté leurs huit rencontres haut la main. Leur supériorité a été telle qu'ils se sont imposés avec un écart moyen de... 43,75 points ! Un poil moins bien que durant le tournoi pré-olympique (51,3). L'écart minimum ? 32 unités. Le max ? 68 contre l'Angola durant l'entrée en lice lors du tour préliminaire (116-48). Auparavant, le 21 juillet, dans un petit gymnase de Monaco, l'équipe de France avait défié les stars lors de leur unique rencontre de préparation. Les Bleus s'en sont souvenu comme si c'était hier.

« On avait tous la bouche ouverte, c'était irréel », se remémorait en 2019 Didier Gadou, alors ailier de Pau. Les représentants de la bannière étoilée s'étaient entraînés dans le gymnase Gaston -Médecin à l'abri des regards. La sélection US avait imposé un huis clos à renfort de bâches. « Ils étaient dans la simplicité : passe, double-pas, planche et panier. Des choses basiques que je faisais en cadets. Pas de shoot, pas de smash. C'était les virtuoses qui répétaient leurs gammes. Par contre, ces enchaînements étaient exécutés très rapidement, les deux heures d'entraînement étaient intenses. J'arbitrais des séquences de jeu à 3 ou à 4, de l'attaque-défense sur demi-terrain, et ils terminaient par un scrimmage (match d'entraînement) les vingt dernières minutes. Là, ça prenait feu, les chocs étaient rudes », se souvenait l'arbitre français Philippe Manassero dans L'Equipe.

Barkley meilleur marqueur devant Jordan

Jordan avait marqué l'un de ces petits matchs. Alors que son équipe était nettement menée par celle de Magic, la star des Chicago Bulls s'était employée pour l'emporter. Tout y était passé : jump shot, fade away, tirs dans tous les sens, dunks... Le meilleur joueur de tous les temps, et peut-être le plus grand sportif de l'histoire, venait de disputer sa partie la plus féroce de l'été. « His Airness » va ensuite mener les Etats-Unis à la médaille d'or, numéro 9 dans le dos. Aux JO, après l'Angola, la Croatie (103-70), l'Allemagne (111-68), le Brésil (127-83) et l'Espagne (122-81) subissent les foudres des pros de la balle orange.

Le festival se poursuit dans les matchs à élimination directe. Les meilleurs talents de NBA écrasent Porto Rico (115-77) en quarts puis la Lituanie (127-76) en demi-finales. C'est un pur régal à chaque rencontre. Les joueurs s'en donnent à cœur joie. Ils font le show et se font plaisir. Proposée à nouveau en finale, la Croatie va faire un petit peu mieux qu'au début de la compétition : -32 contre -33... Le plus « petit » écart dénombré (117-85) sur les succès de la Dream Team. Jordan finit meilleur marqueur sur les deux dernières rencontres (21 et 22 points), mais Barkley rafle la mise sur l'ensemble du tournoi (18 unités en moyenne par match devant « Sa Majesté » Jordan, 14,9). Chuck Daly n'aura demandé aucun temps mort, les artistes de l'Oncle Sam étant tellement au-dessus du lot...

Jordan : « Un rêve devenu réalité »

« 1992, c'est un fabuleux souvenir, racontera Jordan, qui s'était volontairement mis en retrait en Espagne, Magic Johnson - qui avait annoncé sa séropositivité l'automne précédent - et Larry Bird étant co-capitaines. J'ai adoré le principe de cette équipe. Les meilleurs joueurs se fondaient dans un collectif avec un seul objectif : rapporter la médaille d'or. C'était un rêve de faire partie d'une telle aventure, un rêve devenu réalité. En plus, c'était la dernière compétition de deux géants : Magic et Bird. Inoubliable ! La clé de nos succès fut d'être capables, tous ensemble, de jouer en équipe. » Ah, la Dream Team... Il n'y a jamais eu mieux depuis, pas même chez les Américains lors des différentes compétitions, Mondiaux ou JO confondus.

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