Escrime - Championnats du monde : Lefort sacré !

Escrime - Championnats du monde : Lefort sacré !©Media365

Aurélie SACCHELLI, publié le samedi 20 juillet 2019 à 20h25

Vingt-neuf ans après le sacre de Philippe Omnès à Lyon, le dernier titre mondial pour un fleurettiste français, Enzo Lefort a été sacré champion du Monde, ce samedi lors des Mondiaux de Budapest après sa nette victoire en finale face au Britannique Marcus Mepstead. Le Guadeloupéen offre ainsi à l'équipe de France sa première médaille d'or depuis le coup d'envoi de l'épreuve.



Cet Enzo Lefort (27 ans), c'est de l'or ! Bourreau du Britannique Marcus Mepstead, samedi soir à Budapest (Hongrie), en finale du fleuret (15-6), le Guadeloupéen a décroché un sacre mondial que la France de l'escrime attendait depuis 29 ans et le titre de Philippe Omnès à Lyon en 1990. Depuis, plus rien jusqu'à ce que Lefort, qui avait déjà goûté à l'or mondial en 2014 à Kazan (Russie) mais par équipes, décide de monter cette fois seul sur le toit du Monde pour mettre fin du même coup à la si longue disette des Bleus. Avant de terrasser Mepstead en finale, le médaillé de bronze aux derniers championnats d'Europe avait donné le ton dès le début de la journée, en lançant son tournoi sur une victoire sur le score de 15-11 face au Chinois Mengkai Huang, tandis que son compatriote Maxime Pauty (26 ans), lui aussi en lice, l'emportait de justesse (15-14) au détriment du Britannique James-Andrew Davis, champion d'Europe 2014, après avoir été mené 13-9, et que Julien Mertine (31 ans) tombait face au Canadien Eli Schenkel (15-12) et qu'Erwann Le Pechoux (37 ans), le vice-champion d'Europe 2016, ne pouvait rien faire face à un autre Canadien, Maximilien Van Haaster (15-10). Vainqueur 15-12 du Danois Thomas Lerche Berg au deuxième tour, quand Maxime Pauty butait, lui, contre l'Italien de 35 ans Andrea Cassara, médaillé de bronze aux JO d'Athènes en 2004, le futur champion du Monde a eu droit à un coup de pouce du destin en huitièmes de finale, avec l'abandon de son adversaire, le Sud-Coréen Dongsu Kim, blessé durant l'assaut. Les feux étaient alors au vert pour Lefort, qui disposait d'abord de Choi en quarts de finale (15-10) avant de prendre le dessus en demi-finales sur Zherebchenko. Assuré de repartir au moins de Hongrie avec l'argent, le fleurettiste de 27 ans n'avait que l'or en tête malgré tout. Son adversaire pour le titre, mené 5-2 d'entrée puis rapidement 7-2, a fait les frais en finale du Français, qui succède ainsi à Omnès. Vingt-neuf ans après !

Berder s'arrête en quarts, Brunet déçoit

Tout a plutôt bien commencé pour les sabreuses, avec la qualification pour le deuxième tour de trois Françaises sur quatre. Manon Brunet (23 ans), toute récente vice-championne d'Europe, s'est imposée 15-12 contre la Turque Deniz Selin Unludag, championne d'Europe juniors 2018. Cécilia Berder (29 ans), double médaillée individuelle aux Mondiaux, s'est quant à elle défaite de l'Espagnole Celia Perez Cuenca (15-10). Pour Charlotte Lembach (31 ans), ce fut encore plus facile, avec une victoire 15-8 sur l'Allemande Julika Funke. Déception en revanche du côté de Caroline Quéroli (21 ans), tombée d'entrée face à la Russe Olga Nikitina (15-13). Première tricolore à entrer en lice au deuxième tour, Cécilia Berder s'est imposée sur le fil (15-14) contre l'Allemande Anna Limbach et la voici donc en huitièmes de finale. Tout comme Manon Brunet, qui a dominé sans trop trembler la Hongroise Renata Katona (15-10). En revanche, Charlotte Lembach s'est arrêtée au deuxième tour, battue 15-10 par la médaillée de bronze des Mondiaux 2018, l'Américaine Anne-Elizabeth Stone. La grosse déception est venue en huitièmes de finale, où Manon Brunet n'a pas existé face à la Grecque Theodora Gkountoura, pourtant pas une cador, et a été battue 15-6. En revanche, Cécilia Berder a poursuivi son sans-faute avec une victoire 15-11 sur l'Azérie Anna Bashta. Elle a eu ensuite l'occasion de venger Manon Brunet, puisqu'elle s'est retrouvée face à la Grecque Gkountoura pour une place dans le dernier carré. Malheureusement pour la sabreuse française, son parcours n'est pas allé plus loin que les quarts, avec une défaite 15-13 contre Gkontoura, véritable bête noire des tricolores.

La France tombe en huitièmes du sabre...

Revenue sans médaille de l'épreuve individuelle, l'équipe de France masculine de sabre tentait d'en décrocher une à plusieurs, et c'était bien parti, avec une victoire 45-30 contre Singapour en seizièmes de finale. Vincent Anstett, Tom Seitz et Bolade Apithy n'ont jamais tremblé et ont remporté sept de leurs neuf assauts (Apithy et Anstett ont perdu les deux derniers, mais cela ne les a pas empêchés de s'imposer). Mais en huitièmes de finale, face à la Géorgie, les Bleus n'ont rien pu faire et se sont inclinés 45-42, la faute à un dernier relais complètement manqué par Anstett, qui s'est incliné 9-2 alors que la France menait de quatre touches. Les sabreurs bleus rentrent donc bredouilles en France, même s'ils ont battu l'Ukraine (45-40) puis la Chine (45-39) et les Etats-Unis (45-38) pour terminer à la neuvième place.

... et en huitièmes à l'épée

Tout avait bien commencé pour l'équipe de France féminine d'épée, avec la qualification pour les huitièmes de finale après une victoire 45-37 contre la République tchèque. Auriane Mallo, Coraline Vitalis, Marie-Florence Candassamy et Joséphine Jacques André Coquin se sont fait peur, car elles ont été menées 30-26 avant les trois derniers assauts, mais Jacques André Coquin, Candassamy et Mallo ont réussi un formidable dernier relais, infligeant un 19-7 à leurs adversaires pour s'imposer. Les Bleues affrontaient l'Ukraine pour une place en quarts de finale, et elles se sont inclinées 45-44. Comme chez les hommes, le dernier assaut, signé Marie-Florence Candassamy a été fatal, puisqu'elle s'est inclinée 8-5 alors que la France menait 39-37. Et comme chez les hommes, les Bleues se sont bien reprises en allant chercher la neuvième place après des victoires sur la Suisse (45-40), le Japon (45-23) et la Roumanie (45-32).

(Avec A.C.)

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