Canoë-kayak : Klauss et Péché raccrochent

Canoë-kayak : Klauss et Péché raccrochent©Media365

Aurélien CANOT, publié le mercredi 26 septembre 2018 à 11h43

Une (belle) page du sport français se tourne. Alors qu'ont débuté ce mercredi matin au Brésil les Championnats du Monde de canoë-kayak, Gauthier Klauss et Matthieu Péché (tous deux 30 ans) ont décidé de mettre fin à l'histoire de leur (fantasque) tandem, un peu contraint et forcé après que le C2 a été exclu du programme olympique et aussi du circuit international.

Le duo, jamais en panne d'inspiration, a tenu à marquer l'événement, tout d'abord en découpant son canoë biplace à la... tronçonneuse, comme le veut la tradition, puis en publiant une vidéo d'un peu moins de six minutes trente sur Youtube. Une séquence flash-back intitulée « Klapé de fin » chargée en nostalgie et en humour (leur marque de fabrique) dans laquelle les deux champions du monde vosgiens, dans la peau de loueurs de pédalos pour l'occasion, reviennent sur cette incroyable carrière qui les a vus monter sur le podium aux Jeux de Rio en 2016 (médaille de bronze) puis sur le toit du monde à Pau l'année suivante. « On est allé la chercher tout seuls celle-là parce qu'on nous a bien éteint la lumière et le son », expliquent les deux Spinaliens à propos de ce sacre obtenu sur leurs terres dans une ambiance mémorable. Au Brésil, Klaus et Péché avaient vécu un autre moment inoubliable, dont ils n'étaient pas uniquement rentrés avec des souvenirs purement sportifs dans leurs valises. « C'était un vrai parc d'attractions pour adultes, avec tous les sportifs que tu vois à la télé qui sont là en vrai : Karabatic, Usain Bolt... J'ai encore mal au casque avec la caïpirinha », se marre le barbu sans filtre Péché, tandis que son compère joue la carte de la sobriété. « Plus sérieusement, ça a été une belle quête pendant quatre ans pour obtenir une belle médaille de bronze à la fin, mais elle s'est fait attendre. »

« Solides comme le sapin, forts comme la mirabelle »


Le binôme aurait déjà pu terminer troisième des Jeux de Londres, mais il y a eu « cette porte 17 » sans laquelle cette finale aurait été « excellente » jusqu'au bout. Mais c'était « la folie », rappelle malgré tout Péché, sans jamais oublier de rappeler le slogan des deux hommes, tellement attachés à leur région et à ses spécialités : « Solides comme le sapin, forts comme la mirabelle ». Une devise qui les suit depuis leurs plus jeunes années. A l'époque, personne ne croyait alors en ceux qui allaient également auréoler leur passage de trois années au sommet du classement mondial (2015, 2016 et 2017), autant de titres de champions de France et deux sacres européens. « On a commencé à sept ans à Epinal : on dépassait à peine des kayaks. On nous appelait les crevettes mais on leur a vite mis la pâtée dans les premières compètes en C2. On s'en est bien sorti. » De sortie justement, il n'en était pas question pour tout de suite, mais les nouveaux règlements ont changé la donne, et obligé Matthieu Péché et Gauthier Klauss à prendre leur retraite anticipée, à seulement 30 ans, « des souvenirs plein la tête, des amis pour la vie, des rencontres incroyables ». « De l'eau a coulé sous les ponts, on va essayer de mener une vie paisible au bord des lacs vosgiens », annoncent ces deux grands sportifs français, ayant eu le mérite de faire parler de leur discipline, pourtant loin d'être la plus médiatisée. Pour tout, chapeau Messieurs !

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