Affaire Froome : Le patron de l'UCI doute d'une issue rapide

Affaire Froome : Le patron de l'UCI doute d'une issue rapide©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le samedi 02 juin 2018 à 09h14

Face aux longueurs dans le traitement de « l'affaire Froome », le président de l'UCI a tenté d'expliquer la situation dans une interview au Parisien, tout en regrettant de voir le Britannique continuer à courir.

C'est une épine dans le pied dont l'UCI se passerait volontiers. En fin d'année 2017, le contrôle « anormal » au salbutamol de Chris Froome sur la dernière Vuelta, dont le Britannique a été le vainqueur, a relancé la chronique sur le dopage dans le cyclisme professionnel. Un cas dont le traitement traîne en longueur, ce qui a permis au coureur de la formation Sky de courir comme si de rien n'était et, en prime, d'aller remporter le Tour d'Italie au prix d'une chevauchée fantastique de 80km dans les Alpes Italiennes. Neuf mois après, le président de l'UCI David Lappartient s'est longuement exprimé dans un entretien accordé au quotidien Le Parisien et n'élude pas le sujet. « Tout le monde a du mal à comprendre comment au bout de neuf mois ça n'a toujours pas avancé, assure celui qui est également maire de Sarzeau, qui accueillera le Tour de France en juillet prochain. Mais ce dossier est d'une complexité inouïe, comme sans doute jamais on a eu dans le monde du cyclisme. »

Lappartient : « Ce n'est pas un laxisme de l'UCI »


Alors que des voix s'élèvent pour critiquer la lenteur de la procédure à l'encontre de Chris Froome, David Lappartient a endossé le costume du pédagogue pour tenter d'expliquer le pourquoi du comment. « Son cas est beaucoup plus complexe que d'autres, assure le patron du cyclisme mondial. Et il a peut-être plus de moyens pour démontrer cette complexité justement, là où d'autres auraient peut-être abdiqué faute de pouvoir mener des procédures plus lourdes. » En tout cas, l'ancien président de la Fédération Française de cyclisme défend l'institution dont il est en charge depuis quelques mois après avoir succédé à Brian Cookson. « Ce n'est pas un laxisme de l'UCI. C'est simplement qu'il y a de la procédure, que ce dossier nécessite des experts, assure-t-il. Quand vous avez 1 500 pages de rapport scientifique il faut bien les analyser, ça nécessite des réponses. Et on doit respecter la procédure, les droits de Chris Froome comme les nôtres. Et ça prend naturellement plus de temps que prévu. » Mais, quant à savoir s'il était sage de laisser Chris Froome courir pendant la procédure, David Lappartient est plus réservé : « Mon point de vue a toujours été de dire que le mieux serait qu'il ne prenne pas part aux compétitions. Ça calmerait les choses et il pourrait se concentrer sur sa défense. Il a choisi de courir. On respecte son droit. »

Lappartient : « Je vois mal une décision pendant le Tour de France »


Reste que cela devrait permettre à Chris Froome de prendre part comme si de rien n'était au prochain Tour de France, sauf si ASO décide de mettre les bâtons dans les roues du Britannique, ce que le règlement permet. Une situation qui n'est pas confortable pour l'UCI et son président, qui ne croit pas à une solution trouvée avant le Grand Départ de l'Ile de Noirmoutier le 7 juillet prochain, ni même pendant l'épreuve. « Mon souhait a toujours été que ce soit jugé avant le Tour d'Italie, ça n'a pas pu l'être. Maintenant j'aimerais que ce soit réglé avant le Tour de France. Bon, il faut être réaliste : je crois que ce ne sera pas le cas, assure David Lappartient. Si demain l'affaire devait être renvoyée devant le tribunal antidopage de l'UCI, je vois mal le tribunal tenir sa séance, où le coureur a quand même le droit d'être entendu, pendant le Tour. Auquel cas, on pourrait quand même estimer qu'on le prive de sa capacité à se défendre. Donc je vois mal une décision pendant le Tour de France. » Et même si c'était le cas, rien n'indique que ce serait la fin de l'affaire, ce que le président de l'UCI confirme. « Il est possible qu'en fonction de la réponse, les uns ou les autres se tournent vers le Tribunal Arbitral du Sport en appel, ajoute David Lappartient. Donc effectivement on n'est pas sorti de l'auberge. » Tout un programme !

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