Vaugrenard : "A notre tour de penser aux autres"

Vaugrenard : "A notre tour de penser aux autres"©Media365

Thomas Siniecki, Media365 : publié le samedi 10 juillet 2021 à 21h21

Première partie de notre entretien avec l'ancien coureur Benoît Vaugrenard. Retraité depuis 2019, il conduit cette année sur le Tour de France les invités de la caravane E.Leclerc. Il raconte cette nouvelle expérience enrichissante.



Benoît, deux ans après votre retraite de coureur, comment en êtes-vous arrivé à devenir pilote pour les invités E.Leclerc sur la caravane du Tour ?
Arnaud Gérard, un ami ancien pro, l'avait aussi fait en 2019 et en gardait un bon souvenir. Je voulais également découvrir le Tour de l'extérieur, c'est une opportunité avec un partenaire majeur de la course, je suis breton et je fais mes courses chez Leclerc, donc c'est un beau symbole (sourire). C'est ma première année, on voit que c'est une grosse machine. On ne peut pas faire n'importe quoi, l'organisation et la logistique sont assez impressionnantes. On sort d'une période assez compliquée avec le Covid, les gens sont heureux d'être sur le bord des routes avec la glacière.

Après sept Tours de France en tant que coureur, quelles différences percevez-vous ?
Coureur, on est dans notre bulle. Là, on peut apprécier et profiter plus. On sent qu'il y a beaucoup de monde quand on est sur le vélo, mais on est tellement concentrés sur notre effort et sur le fait de porter attention au public...

"Quand on est coureur, on ne pense qu'à soi"

Quelle est votre journée type ?
On va chercher les invités au village le matin, puis on prend la route en avant-course. On a la glacière pour pique-niquer, on discute dans la voiture, on parle de mon parcours, comment gérer une journée de coureur... Dès qu'on voit un petit coin sympa, on s'arrête pique-niquer, petit apéro pour les invités... On surveille bien Radio Tour pour le timing. Puis on dépose les invités pour un petit tour d'hélicoptère, ils regardent le peloton passer et on les récupère 30 kilomètres plus loin. Et enfin, on rejoint l'arrivée.

Et comment vous sentez-vous dans ce rôle ?
Ce sont des journées assez intenses, je ne pensais pas à ce point : les horaires, ne pas se laisser distraire, on peut payer cash le moindre écart. C'est un peu comme un coureur (sourire). Il faut être vigilant sur la route, il y a les gens et la caravane, un gamin peut traverser à tout moment... Il ne faut pas perdre les invités, certains ne se rendent pas compte qu'il faut rester ensemble et être assez rigoureux. Le soir, on est bien fatigués, surtout avec la route ! Quand on est coureur, on ne pense qu'à soi, on nous fait tout, et là c'est à notre tour de penser aux autres. C'est une vraie aventure, on part un mois et ça remet dans la vraie vie. Une carrière est courte, mais la vie est longue !


On imagine qu'il y a différents profils d'invités, plus ou moins fans de vélo...
Certains sont axés sur la course, d'autres non. Il faut savoir s'adapter à ses invités, c'est important. Certains sont vraiment passionnés et d'autres ne connaissent rien... Quand il fait mauvais, il n'y a pas l'hélicoptère, il faut expliquer pourquoi. Par exemple la semaine dernière, dans les Alpes, c'était un peu dommage pour eux, car il y avait du brouillard...

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