Tour : Moser, un éclair de jeunesse

Tour : Moser, un éclair de jeunesse©Media365
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Thomas Siniecki : publié le mercredi 05 août 2020 à 18h25

En 1975, Francesco Moser a sacrément animé le Tour de France pour la seule participation de sa carrière sur les routes de l'Hexagone. Maillot blanc au final, il a mené la course une semaine et remporté deux étapes.



Francesco Moser et le Tour de France, c'est une parenthèse très courte mais intense. En effet, l'Italien a participé à seulement une édition, mais il n'a pas fait le voyage pour rien. En 1975, il devient ainsi le premier maillot blanc de l'histoire (ce maillot qui récompense le meilleur jeune du classement général). A 24 ans, il termine septième du Tour en empochant le prologue à Charleroi, puis la dixième étape à Angoulême, ce qui lui vaut également de porter le maillot jaune durant une semaine. Le coureur Filotex a donc activement participé à cette édition historique, la première à voir la défaite d'Eddy Merckx - face à Bernard Thévenet.

Francesco Moser, très bon au sprint, était surtout un redoutable rouleur. Son principal fait d'armes tient ainsi dans sonrecord de l'heure, qu'il a chipé à Eddy Merckx contre toute attente en 1984. A Mexico, au mois de janvier, il le bat même deux fois en cinq jours. Ses qualités lui ont aussi permis de remporter une flopée de grandes classiques, dont trois Paris-Roubaix consécutifs de 1978 à 1980, mais aussi deux Tours de Lombardie (1975, 1978), Milan-San Remo (1984), la Flèche Wallonne (1977) ou Gand-Wevelgem (1979). Francesco Moser, champion du monde en 1977, a surtout - et sans surprise - concentré sa domination sur son Tour d'Italie local. En gagnant le Giro, déjà, en 1984, dans des circonstances polémiques face à un Laurent Fignon fortement pénalisé au classement.

Hinault : "Est-ce du dopage ? Peut-être pas"

Et puis, Francesco Moser a remporté au total pas moins de 23 étapes sur le Tour d'Italie, empochant le classement par points à quatre reprises (1976, 1977, 1978, 1982). En 2002, l'UCI l'a placé dans son Hall of Fame, soit dans les 44 meilleurs coureurs de l'histoire à ce moment-là. Après sa carrière, ce sont ses positions sur le dopage qui l'ont souvent remis sur le devant de la scène. Avouant des autotransfusions sanguines lorsqu'il était coureur, il a aussi proposé de... légaliser la triche. "Ce serait peut-être mieux, assumait-il en 2006. Il faudrait trouver un moyen de mettre tous les sportifs sur le même plan. Si on ne réussit pas à garantir un principe d'équité entre tous les sports, alors la solution pourrait être la suivante : libéralisons le dopage."

Bernard Hinault n'en voulait pas exagérément à Francesco Moser : "Il a joué avec son propre sang, mais est-ce vraiment du dopage ? Peut-être pas." Défenseur malgré tout d'une exclusion définitive du cyclisme dès le premier contrôle positif, il représentait aussi une autre ère, contée par le physiologiste Aldo Sassi, qui avait préparé le coureur pour son record de l'heure : "Selon les codes et les procédures de l'époque, ce n'était pas du dopage, mais ça modifiait le fair-play et pouvait avoir un risque pour la santé. Nous savions que c'était un raccourci. A l'époque, l'autotransfusion était considérée comme une application de la science dans le sport." Francesco Moser poursuit essentiellement sa vie en Italie autour de son activité de vigneron, son autre passion.

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