Tour de France : Roglic affiche ses ambitions pour l'édition 2020, Bernal se méfie du Slovène

Tour de France : Roglic affiche ses ambitions pour l'édition 2020, Bernal se méfie du Slovène©Media365
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Aurélien CANOT, publié le mardi 11 février 2020 à 12h10

Primoz Roglic retrouvera le Tour de France cette année avec l'ambition d'inscrire son nom au palmarès dès cette édition 2020.

Grand absent de la formation Jumbo-Visma lors du dernier Tour de France, Primoz Roglic (30 ans) fera son grand retour l'été prochain sur les routes de l'Hexagone. Et le Slovène passé du saut à skis au cyclisme à la suite d'une chute en 2011 sur le mythique tremplin slovène de Planica s'alignera au départ le 27 juin prochain à Nice avec de grosses ambitions dans ses bagages. Sa quatrième place en 2018, au pied d'un podium composé de Geraint Thomas, Tom Dumoulin et Christopher Froome, semble en effet avoir donné très faim à Roglic. Et pour son retour sur la Grand Boucle et troisième participation à l'épreuve, c'est la victoire à laquelle il aspire. Et rien d'autre. « Si je m'impose tous ces sacrifices, c'est pour gagner le Tour. J'y pense depuis que j'ai commencé. Alors pourquoi pas cette année ? », se prend à rêver dans L'Equipe celui qui a remporté la dernière Vuelta et avait terminé troisième du Giro lors de cette même année 2019 après avoir passé cinq jours en rose et remporté deux victoires d'étape. L'ancien champion du monde juniors par équipe de saut à skis compte également deux victoires d'étape sur le Tour, dont la plus belle, il y a deux ans, entre Lourdes et Laruns lors d'une journée ayant réservé quatre cols aux coureurs (il s'était également imposé au sommet de Serre Chevalier en 2017, au bout de près de 180 km d'échappée). Cette fois, le grimpeur slovène ne semble pas prêt à se contenter d'être l'un des acteurs uniquement, ni d'une place d'honneur au classement final. L'intéressé veut terminer sur la plus haute marche, non sans fermer les yeux sur la concurrence qui s'annonce terrible, y compris au sein de sa propre équipe. Avec Tom Dumoulin, débarqué l'été dernier de chez Sunweb et dauphin de Thomas en 2018, et Steven Kruisjwijk, troisième l'année dernière, même si des trois hommes, il est le seul à ne toujours pas avoir gagné de Grand Tour. « On partira à égalité, sans leader désigné. Ensuite, la route se chargera d'établir une hiérarchie entre nous », explique Roglic, conscient que ce triptyque de luxe qu'il constitue désormais avec les deux Néerlandais a tout pour concurrencer le trio vedette de l'équipe Ineos (Thomas-Froome-Bernal).

Bernal : « Roglic sera le rival le plus fort »

Le Slovène ne nie pas. « Je n'aurai pas la présomption de penser que nous y parviendrons, ce serait ridicule. Ils ont gagné sept Tours. Mais chez Jumbo-Visma, tout a été pensé pour ça. Ce sera notre challenge. » Pour le natif de Trbovlje, son propre destin dans cette Grande Boucle 2020 passera par la manière dont il négociera son duel avec Egan Bernal. Sans se focaliser pour autant sur le vainqueur sortant colombien, qu'il avait laissé dans son rétroviseur il y a deux ans dans la haute-montagne du Tour de Romandie. « Si Bernal était mon seul problème, ce serait simple. En 21 jours, dans un Grand Tour, tout peut se produire, même l'inattendu. » Le Colombien masque en revanche beaucoup moins bien sa crainte. Et si Roglic ne l'avoue qu'à demi-mot, Bernal, lui, reconnaît que son principal sera Primoz Roglic en personne. « Roglic est un coureur qui a gagné le respect de tout le monde dans le peloton. Il a été numéro un mondial l'année dernière, il a remporté le Tour d'Espagne, il a fini sur podium du Giro. Il est excellent sur le contre-la-montre, il grimpe très bien et il est très constant. Pour moi, il sera le rival le plus fort », analyse le héros de la dernière édition dans les colonnes d'El Tiempo. Pour Bernal, qui assure être resté le même en dépit de ce succès qui en a fait un Dieu vivant sur ses terres (« Je ne suis ni Lionel Messi ni LeBron James. Ce qui change, c'est la manière dont me voient les gens. »), ce Tour 2020 sera beaucoup plus compliqué à gagner que le dernier. Précisément en raison de la Jumbo-Vima et de Roglic. Pour l'intérêt de la course, il n'y a pas mieux néanmoins aux yeux de « l'Aigle de Zipaquira ». « Ce sera cool à voir, intéressant. Jumbo-Visma est une bonne équipe. Ce sera un Tour beaucoup plus disputé. Attendons de voir comment Primoz Roglic et Tom Dumoulin vont arriver sur la course, mais c'est encore mieux pour la compétition. » Avec au menu une première répétition grandeur nature de ce qu'il nous attend sur le Tour, du 8 au 15 mars prochain sur Paris-Nice. Roglic y fera sa rentrée.

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