Tour de France : " Le vélo, on s'en fout dans ces cas-là "

Tour de France : " Le vélo, on s'en fout dans ces cas-là "©Media365

Nicolas Kohlhuber : publié le mercredi 18 mars 2020 à 18h01

Bernard Hinault a accordé une longue interview au Parisien pour évoquer le Tour de France en temps de pandémie. Le quintuple vainqueur de la Grande Boucle n'a pas hésité à préconiser une annulation si la situation ne s'améliore pas de manière significative.



Alors que Roland-Garros a été déplacé au mois de septembre, le Tour de France pourra-t-il se dérouler normalement entre juin et juillet ? Rien n'est moins sûr. A l'heure où la France est placée en confinement, la Grande Boucle pourrait être menacée. De nombreuses épreuves cyclistes ont été annulées et plusieurs symboles sont tombés avec les reports de Paris-Roubaix et du Giro. Si le Tour de France est toujours censé partir de Nice le 27 juin prochain, la situation pourrait évoluer rapidement. L'annulation d'une course qui n'a été remise en cause que par les deux guerres mondiales marquerait une première dans l'histoire de la France en temps de paix. Une de plus. Et selon Bernard Hinault, les autorités ne doivent pas avoir peur de recourir à cette solution extrême. Ce mercredi, le Blaireau s'est longuement confié au Parisien pour évoquer son point de vue. Et pour celui qui a ramené le maillot jaune à cinq reprises sur les Champs-Elysées, renoncer à y rouler en 2020 serait la meilleure solution s'il faut la prendre pour préserver des vies.

« S'il faut annuler le Tour, n'hésitons pas »

« Mais il ne faut pas s'interdire une annulation du Tour de France ! Sincèrement, il y a une maladie de dingue qui se propage et, s'il s'avère que ça va durer des mois, il ne faudra pas hésiter à l'annuler. Mais c'est bien trop tôt pour ça. Franchement, on ne peut pas se permettre de dire : « Il faut maintenir le Tour coûte que coûte. » Mais déjà ce n'est pas à moi de décider et, ensuite, il reste du temps. Mais il faudra bien se demander si c'est raisonnable de laisser les gens aller sur la route s'il y a encore des risques. Le Tour, ce sont des dizaines de milliers de spectateurs par jour. » a-t-il précisé dans les colonnes du quotidien. Le soixantenaire est même aller plus loin en précisant que la vie était bien supérieure au cyclisme et au sport en général. « Le sport, c'est fabuleux. Le Tour de France, c'est une fête fantastique. Mais c'est en dessous de la vie. On parle de risque de mort. Le vélo, franchement, on s'en fout dans ces cas-là. » Il a conclu son interview en évoquant son point de vue en tant qu'amoureux de la Grande Boucle. Et il ne dévie pas de ses déclarations initiales. « L'amoureux du Tour, il veut surtout voir des gens en bonne santé. S'il faut annuler le Tour, n'hésitons pas. En face, il y a une putain de maladie. C'est beaucoup plus grave ! »

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