Tour de France : Ineos en difficulté, Jumbo-Visma en position de force

Tour de France : Ineos en difficulté, Jumbo-Visma en position de force©Panoramic, Media365
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Mathieu WARNIER, publié le dimanche 21 juillet 2019 à 11h30

La montée du Tourmalet, en plus de montrer l'état de forme des Français, a permis de voir que l'équipe Ineos n'est pas aussi souveraine que par le passé alors que la formation Jumbo-Visma a dévoilé ses ambitions.


Comme souvent, le Col du Tourmalet a joué le rôle du révélateur. Si certains favoris ou outsiders de ce Tour de France 2019 ont explosé avant les pentes terribles du géant des Pyrénées, tel Romain Bardet ou encore Adam Yates, l'écrémage que les 19km à 7,4% de moyenne a permis restera un tournant dans cette édition de la Grande Boucle. Car, plus encore que la démonstration des Français avec Thibaut Pinot lancé par David Gaudu et Julian Alaphilippe qui a fait mieux que s'accrocher, cette deuxième arrivée au sommet au programme de ce Tour de France a permis d'établir une nouvelle hiérarchie dans les équipes en vue du classement général et, notamment, l'émergence d'une formation Jumbo-Visma apte à emmener Steven Kruijswijk vers le podium... voire mieux !

Jumbo-Visma brille en montagne après avoir dominé les sprints



La formation néerlandaise a dévoilé sur le Tourmalet un autre visage. Après avoir brillé dans l'exercice du sprint avec Mike Teunissen, Dylan Groenewegen et Wout van Aert, mais également dominé nettement le contre-la-montre par équipes de Bruxelles, c'est dans la pente que son collectif a démontré ses qualités. Flanqué de George Bennett et Laurens de Plus, Steven Kruijswijk a pu manœuvrer au mieux ses adversaires et finir troisième derrière Thibaut Pinot et Julian Alaphilippe. « C'est ce que j'espérais, surtout après l'étape d'hier (vendredi) où j'ai fait un contre-la-montre plutôt bon. Mes coéquipiers ont été très forts, ils ont toujours été à mes côtés et il est vrai que je leur ai demandé de réduire l'allure et de garder des forces, a déclaré à l'issue de l'étape Steven Krujiswijk. A un moment, je n'ai pas été en mesure de les contenir. J'ai dû leur dire de ralentir car je voulais m'économiser pour le dernier kilomètre et en garder sous la pédale mais ils ont roulé fort et mis tout le monde sous pression. » Une accélération qui a mis à mal la formation Ineos durant cette étape où la formation britannique a mis genou à terre. Si, du temps où elle s'appelait Sky, l'équipe dirigée par Dave Brailsford avait pour habitude d'assommer la concurrence en dictant un rythme très soutenu en montagne, elle a cette fois subi le jeu de la Jumbo-Visma.

Ineos, pas en ordre de bataille pour viser le maillot jaune



Son train jadis inarrêtable s'est étiolé avec Michal Kwiatkowski, Jonathan Castroviejo ou encore Wout Poels qui n'ont pas été à la hauteur de la tâche. Mais, si Egan Bernal a pu suivre dans le final, ce n'est pas le cas de son leader et tenant du titre Geraint Thomas qui, il ne s'en est pas caché, n'avait pas les ressources pour répondre. « Je me suis senti un peu faible aujourd'hui (samedi). Je n'ai pas vraiment essayé de les suivre quand ils ont accéléré. J'ai simplement ressenti qu'il était mieux pour moi de monter à mon rythme pour essayer de limiter les dégâts au lieu de rester avec eux et d'exploser dans le final, plus pentu, a confié à la presse le Gallois après l'arrivée. Il y a des jours comme ça. C'était une journée difficile et c'est décevant. Nous verrons bien si c'est un problème physique. Dès le départ, je ne me suis pas senti bien. J'ai espéré que ça passerait. Je savais qu'ils attaqueraient dans le final et j'ai juste essayé de tenir mon rythme et ne pas aller avec eux au risque de perdre plus de temps encore. » Mais la faillite, encore toute relative, de l'équipe Ineos commence à inquiéter ses dirigeants comme Nicolas Portal qui l'assure : « On commence à avoir un sérieux souci ». En effet, s'ils continuent à regarder devant vers Julian Alaphilippe, il va leur falloir penser à regarder derrière car Steven Kruijswjik n'est plus qu'à douze secondes de Geraint Thomas avant la conclusion des Pyrénées et, surtout, avant les Alpes.

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