Tour de France 2019 : Pour Bernal, le plus fort c'était Pinot

Tour de France 2019 : Pour Bernal, le plus fort c'était Pinot©Media365

Aurélien CANOT, publié le vendredi 09 août 2019 à 13h24

Longuement revenu au micro de France 24 sur son sacre dans le dernier Tour de France, Egan Bernal a reconnu que le meilleur grimpeur de cette Grande Boucle 2019, ce n'était pas lui mais Thibaut Pinot. Le Colombien estime que le Franc-Comtois contraint à l'abandon à deux jours de l'arrivée a fait une course « incroyable ».

Le plus fort sur le Tour de France, c'était Thibaut Pinot. Ce n'est pas Marc Madiot ou les fans du leader de la Groupama-FDJ qui le disent, mais Egan Bernal en personne. Revenu il y a quelques heures pour France 24 sur cette Grande Boucle 2019 qui lui a permis d'inscrire pour la première fois son nom au palmarès, le Colombien ne cache pas que le meilleur en montagne était Pinot, et personne d'autre. « Il était le grimpeur le plus fort », avoue le jeune champion de 22 ans, qui n'a pas oublié le douloureux passage du terrible Prat d'Albis, dans lequel Pinot l'avait laissé sur place. Le héros français de ce Tour avec Julian Alaphilippe est d'ailleurs le seul à pouvoir se vanter encore aujourd'hui d'avoir cloué le futur vainqueur. Ce dernier ne le nie pas, d'ailleurs. « J'étais derrière lui et je n'arrivais pas à le suivre (...) Dans les Pyrénées, je n'arrivais pas à le rattraper. Il était en très bonne forme et il a donné beaucoup d'émotion aux gens. » Sans évoquer la probable possibilité que le protégé de Madiot le devance au classement à Paris s'il n'avait pas été contraint d'abandonner à deux jours de l'arrivée sur blessure, Bernal consent toutefois à dire que le grand malheureux de cette fin de Tour de France était davantage que le meilleur grimpeur uniquement.


Bernal : « Il fallait que je sois décisif dans les Alpes »

« Il a fait un Tour incroyable. Il a attaqué dès la première semaine. Il a sans arrêt cherché des opportunités jusqu'au moment où il s'est blessé », se remémore le successeur au palmarès de son coéquipier chez Ineos Geraint Thomas, presque soulagé que Pinot ait dû interrompre brutalement et définitivement sa lutte pour la victoire finale avec lui. Un constat qui donnera encore davantage de regrets au dernier vainqueur du Tour de Lombardie et à ses coéquipiers, mais qui n'enlève rien pour autant à la performance exceptionnelle de Bernal, certes débarrassé de son plus sérieux concurrent. L'enfant de Zipaquira savait après avoir lâché du lest dans les Pyrénées que son sacre passerait impérativement par un sursaut dans les Alpes. « Dans les Pyrénées, je n'ai pas eu les meilleures sensations, alors j'ai perdu du temps (...) On pensait passer les Pyrénées en dépensant juste le nécessaire. Et à chaque étape dans les Alpes, il fallait que ce soit décisif. C'est ce qu'on a fait et ça a marché », savoure aujourd'hui celui qui a été accueilli en Dieu vivant sur ses terres en début de semaine. En attendant de pouvoir se mesurer jusqu'au dernier jour cette fois à Thibaut Pinot. « Il a démontré qu'il était un coureur qui pouvait être toujours présent, dans la lutte pour la victoire finale. » Le jour où le natif de Mélisey (Haute-Saône) mettra en application les louanges du Colombien, ce dernier aura probablement beaucoup de souci à se faire. Mais il le sait.

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