Tour de France 2019 / Alaphilippe : " Mon maillot ne tient qu'à un fil "

Tour de France 2019 / Alaphilippe : " Mon maillot ne tient qu'à un fil "©Media365
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Rédaction Sport365, publié le lundi 22 juillet 2019 à 17h30

Lors de la deuxième journée de repos de ce Tour de France 2019, le Français Julian Alaphilippe, porteur du Maillot Jaune, était en conférence de presse. Le coureur de la formation Deceuninck-Quick Step est notamment revenu sur cette fin de Grande Boucle qui s'annonce redoutable, et sur ses capacités à conserver sa tunique.



Julian Alaphilippe, vous portez ce Maillot Jaune depuis maintenant dix jours. Paris se rapproche de plus en plus...

Je n'y pense pas à ça, en fait. Je pense à prendre les jours comme ils viennent, les uns après les autres. Je suis très content de ce que j'ai fait jusqu'à maintenant. Très heureux de porter encore le maillot. Je l'ai défendu au maximum, du mieux que je pouvais hier (dimanche). Ce n'est que du bonus depuis un petit moment, mais j'ai envie que ça continue donc je donnerai tout jusqu'à la fin.

Mais vous pensez pouvoir le ramener sur les Champs-Élysées ?

Plus on se rapproche de Paris, plus c'est un sentiment différent et spécial. Je suis réaliste sur le fait qu'il n'y a que des étapes difficiles qui arrivent maintenant. Je le savais déjà avant. Je n'ai pas arrêté de le répéter : que le plus dur restait à venir. Cela a commencé au Tourmalet où je me suis vraiment surpris. Hier, on a vu que c'était une étape aussi très difficile. Il y a vraiment du solide qui nous attend jusqu'à la fin. Je ne veux pas rêver mais par contre, je vais faire le maximum, c'est sûr.

Pour vous, quels sont vos plus sérieux concurrents ? N'êtes-vous pas inquiet de n'avoir plus qu'une minute trente-cinq d'avance sur votre premier poursuivant ?

On les connaît. Les cinq coureurs qui sont dans le classement. Après, une minute trente d'avance, c'est bien. C'est mieux qu'une minute trente de retard. Mais avec les étapes qui arrivent, une minute trente c'est beaucoup et rien du tout en même temps. Il suffit d'avoir une défaillance dans un col de 15-20 (kilomètres). Ou même plus, parce que l'étape de Val Thorens, c'est une montée terrible jusqu'au sommet. Quand tu regardes le profil des prochaines étapes, une minute trente ce n'est presque rien. Donc oui, mon maillot ne tient qu'à un fil. Par contre, je suis très fier et heureux de l'avoir sur les épaules, donc je ne pense pas à tout cela. Et aux concurrents qui veulent le prendre, ils savent ce qu'ils ont à faire.

Est-ce qu'il y en a qui ont fait plus forte impression ? Ou d'autres qui semblent un petit peu en retrait ?

Pas spécialement. Thibaut Pinot, forcément, a démontré ces derniers jours qu'il était dans une forme exceptionnelle, en montagne. Et qu'il peut compter sur une équipe très forte autour de lui. Je pense qu'il va continuer d'attaquer et de courir d'une manière offensive, pour bousculer un petit peu le cours des choses et il a tout intérêt à le faire.

Pensiez-vous pouvoir vivre le Tour que vous êtes en train de vivre, avant d'en prendre le départ ?

Je suis venu avec l'idée de faire quelque chose d'important sur le Tour, comme l'année passée, comme chaque course où je prends le départ. Je suis motivé. Le Tour de France, c'est la plus grande course du monde, donc forcément j'ai fait le maximum pour être dans de bonnes conditions, avec beaucoup de reconnaissances d'étapes, un stage en altitude. J'ai fait un Dauphiné correct où je me suis fait plaisir pour progresser, pour améliorer ma condition, parce que je pensais au Tour de France, mais je ne pensais pas à porter le Maillot Jaune. Je ne pensais pas le garder dix jours, je ne pensais pas gagner deux étapes et un chrono comme ça, comme j'ai fait. Non ça je n'ai jamais imaginé. C'est un peu comme l'année dernière où si on m'avait dit avant le départ du Tour que j'allais être meilleur grimpeur aux Champs-Élysées, je n'aurais pas imaginé cela.

A l'avenir, avec le Tour de France que vous êtes en train de réaliser, iriez-vous sur la Grande Boucle avec comme ambition le classement général ? Dès l'année prochaine par exemple ?

Oui peut-être, mais je ne suis pas encore au stade de penser au Tour de France de l'année prochaine. Je suis très concentré sur le fait de finir celui-là d'abord, et de la meilleure manière possible. Il y a la fin de saison aussi après qui arrivera. Et puis, j'ai mes objectifs pour l'année prochaine, mais ce que je suis en train de faire là sur le Tour, cela ne va pas forcément changer tout ce que j'ai envie de faire dans le futur. Il ne faut pas oublier que c'est un Tour de France qui était vraiment bien pour moi, avec une belle première semaine, un beau chrono. Et on n'a encore pas fait le plus difficile normalement, donc il ne faut pas s'enflammer et rester tranquille.

Cette dernière semaine, avec notamment les Alpes, s'annonce très dur. Est-ce qu'une étape vous fait particulièrement peur ?

Il n'y a pas une étape en particulier qui me fait peur. Tout le monde connaît le programme. Tout le monde sait que cela va être difficile. Les Alpes vont être cruciales, elles vont vraiment déterminer le vainqueur du Tour, donc voilà, j'ai fait les reconnaissances, je sais à quoi m'attendre. Je ne vais pas m'étendre là-dessus. Je suis concentré sur ce qui arrive et très heureux d'avoir ma journée de repos aujourd'hui (lundi). Je vais pouvoir souffler un peu, voir un peu ma famille et ne pas toucher le vélo.

Arrivez-vous à gérer toutes les sollicitations médiatiques que vous vivez depuis que vous portez le Maillot Jaune ?

Après, je pense que ça fait partie de la course. Ça fait partie du Maillot Jaune. Je suis content de le faire aussi. Tout le monde fait son travail. Moi, mon travail aujourd'hui c'est de récupérer puis de répondre aux sollicitations. Mais je suis concentré sur la course et je reste moi-même, par contre. Si vous voulez me poser d'autres questions, vous pouvez y aller. Parce que je réponds depuis dix jours la même chose, alors (sourire)...

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