Tour : C'est quoi, une bordure ?

Tour : C'est quoi, une bordure ?©Media365
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Thomas Siniecki : publié le mercredi 12 août 2020 à 20h19

Petit manuel de la bordure, à l'aide de schémas en vidéo. L'an dernier, ce phénomène dû au vent - et orchestré par les équipes les unes contre les autres - avait coûté beaucoup de temps à Thibaut Pinot (entre autres).


L'aspiration

L'aspiration constitue un élément important dans la stratégie de course, que ce soit dans le peloton ou dans l'échappée. Elle remplit une fonction essentielle : permettre aux coureurs d'économiser leur énergie. Ceux-ci peuvent coopérer afin de profiter tour à tour de l'aspiration, en se relayant en tête du groupe. Généralement, la coopération apparaît en tête de course, dans l'échappée, lorsque les coureurs ambitionnent de distancer le peloton.

La stratégie peut varier en fonction du vent et donner lieu à différentes formations : en double file, le meneur se déporte sur le côté en s'éloignant du vent, le suivant prend un cours relais face au vent avant de s'écarter à son tour, et ainsi de suite. Ce qui a pour effet de créer une file en rotation constante.

Les bordures

Quand la file indienne rencontre un vent de travers, une bordure se crée. La double file se place dans un angle permettant aux coureurs de trouver un abri naturel. Mais la bordure ne se forme pas toujours de manière coopérative : elle peut être une tactique de déstabilisation, quand une ou plusieurs équipes décident de tirer profit de ces vents de travers puissants pour lâcher les coureurs peu attentifs. Lorsque ces vents de travers surviennent, il suffit de quelques coureurs prêts à prendre des relais réguliers et puissants en tête de peloton pour accélérer le rythme.

Après quelques minutes, le reste du peloton s'étire en file indienne. Les coureurs ne sont donc plus protégés du vent et sont obligés de fournir de gros efforts pour rester dans la roue devant eux. Tôt ou tard, un coureur lâchera cette roue devant, ce qui créera la bordure. Il est rare de voir un groupe lâché réussir à s'organiser suffisamment pour organiser la poursuite, ce qui peut permettre au groupe de tête de continuer à vive allure vers la ligne d'arrivée pour jouer la victoire d'étape.

L'an passé, Thibaut Pinot avait notamment été victime de ce phénomène lors de la 10eme étape, entre Saint-Flour et Albi, ainsi que Rigoberto Uran ou Jakob Fuglsang. Ce sont les équipes Deceuninck - Quick Step et Education First qui en avaient été à l'origine, et le Français avait perdu plus de 1'30" au général, s'imaginant alors condamné en vue d'une éventuelle victoire finale.

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