Quick Step-Alpha Vinyl : Alaphilippe revient pour la première fois sur sa chute

Quick Step-Alpha Vinyl : Alaphilippe revient pour la première fois sur sa chute©Panoramic, Media365
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Aurélien CANOT, Media365, publié le mardi 28 juin 2022 à 08h27

Pas retenu pour le Tour de France par l'équipe Quick Step-Alpha Vinyl, Julian Alaphilippe ne cache pas son amertume, ce mardi matin dans les colonnes de L'Equipe, où le double champion du monde revient pour la première fois sur sa terrible chute survenue dans Liège-Bastogne-Liège.


Il fallait s'y attendre. Vingt-quatre heures après avoir appris qu'il ne participerait pas au Tour de France en dépit de son retour à la compétition, dimanche à Cholet lors du Championnat de France, Julian Alaphilippe a le blues. Amer, le double champion du monde comprend que l'équipe Quick Step-Alpha Vinyl n'ait pas voulu prendre le risque de le retenir pour cette 109eme édition de la Grande Boucle qui s'élancera vendredi depuis Copenhague (Danemark). Cela n'empêche pas le puncheur français de très mal digérer la décision. "J'ai besoin d'un peu de temps, mais oui, je comprends. C'est difficile à encaisser car j'ai travaillé dur pour ça. Je suis parti en stage en Sierra Nevada à peine plus de trois semaines après ma chute. Si je n'avais pas pensé pouvoir faire le Tour, jamais je n'aurais repris l'entraînement aussi tôt. Mais je le redis : je comprends le choix de mon équipe", confie dans L'Equipe le natif de Saint-Amand-Montrond, qui se dit "déçu et triste", mais avoue le premier qu'il aurait peut-être très vite coincé dans ce Tour si jamais il avait été appelé à le disputer. "Je me sens fatigué, diminué. Je ne sais pas si j'aurais pu être compétitif sur trois semaines. Faire le Tour sans être à cent pour cent, ce n'est pas un cadeau." Alaphilippe assure que s'il ne manquera rien de la Grande Boucle devant sa télé, il va maintenant couper ("J'ai besoin de me ressourcer") et enfin tourner la triste page ouverte le 24 avril dernier lors de sa terrible chute survenue au cours de Liège-Bastogne-Liège. Pour la première fois depuis qu'il s'était retrouvé dans le ravin liégeois, le triple vainqueur de la Flèche Wallonne revient d'ailleurs dans L'Equipe sur cette chute qui lui coûte aujourd'hui le Tour de France.

Alaphilippe : "Tu te vois presque partir..."

"De quoi je me rappelle ? De la vitesse (plus de 70 km/h), de l'impact et surtout du bruit de l'impact. Ce qui m'a le plus marqué, c'est le fait d'être en détresse respiratoire, de ressentir ce truc qui t'envahit... (Il s'arrête) Tu ne peux rien faire, tu ne contrôles plus rien. Tu te vois presque partir...", se remémore "Alafpolak", conscient que sans l'intervention de Romain Bardet, il ne serait peut-être plus en vie. "Personne ne m'avait vu dans le fossé, à part Romain (Bardet), qui a essayé de me secourir en voyant mon état. Je lui serai éternellement reconnaissant du geste qu'il a eu à mon égard." Le cinquième du Tour 2018 reconnaît d'ailleurs que l'énorme frayeur qu'il s'est fait ce jour-là en fait aujourd'hui un autre coureur. "Je ne faisais que penser au fait que ça aurait pu être plus grave, que cette chute aurait pu arrêter ma carrière. C'est un moment que je redoutais, d'avoir un très gros pépin de santé comme ça. Et il est clair que ça change l'approche des choses. Du vélo bien sûr mais aussi du quotidien. C'est un sentiment nouveau." "C'est de loin la plus grosse (chute) de ma carrière, poursuit encore sous le choc ou presque et en tout cas marqué celui qui sera assurément le grand absent de ce Tour de France elle a changé beaucoup de choses. Elle fait partie de moi, elle est la raison pour laquelle je suis comme ça désormais. J'ai changé, je prends les choses différemment." De quoi peut-être encaisser mieux le coup de sa non-sélection qu'il ne l'aurait fait par le passé.

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