Matthews : " C'est à peu près l'histoire de ma carrière "

Matthews : " C'est à peu près l'histoire de ma carrière "©Panoramic, Media365
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Mathieu WARNIER, Media365, publié le samedi 16 juillet 2022 à 19h55

Au four et au moulin, Michael Matthews n'a laissé à personne la victoire d'étape à l'occasion d'une 14eme étape marquée par les tentatives de Tadej Pogacar pour piéger en vain Jonas Vingegaard. Découvrez les réactions des principaux acteurs de la course.


Michael Matthews (AUS/BikeExchange-Jayco) - Vainqueur de l'étape et combatif du jour

« C'est à peu près l'histoire de ma carrière, faite de montagnes russes. Combien de fois je me suis retrouvé à terre et j'ai dû me relever ? Durant toutes ces épreuves, ma femme et ma fille ont toujours cru en moi. Hier (vendredi), j'ai raté une grosse occasion et j'ai eu une longue discussion avec elles, ce (samedi) matin également. Elle m'a dit que si je voulais gagner, il fallait que je me comporte en vrai joueur. Elle avait raison. Aujourd'hui (samedi), c'est la récompense de tous les sacrifices que j'ai consentis pendant toutes ces années. Dans l'équipe, nous voulions tenter quelque chose dans cette deuxième semaine. Hier (vendredi), ça a été raté, et dans le final nous avons roulé pour essayer de faire sprinter Dylan Groenewegen, mais il était trop tard. Aujourd'hui (samedi), c'était ma dernière chance. J'ai été deuxième derrière Tadej Pogacar et Wout Van Aert à Longwy et Lausanne. Et une fois dans l'échappée, je savais qu'il fallait en partir tôt, parce que plusieurs coureurs avaient des équipiers avec eux. Alors pour moi, il valait mieux être chassé que chasseur. Le terrain vallonné me convenait parfaitement, et avec trois autres coureurs qui m'accompagnaient, c'était parfait. Et dans le final face à Alberto Bettiol, je me suis arraché comme jamais jusqu'à ce qu'il ralentisse... et j'ai accéléré à nouveau. J'ai montré que je n'étais pas seulement un sprinteur, je peux aussi courir comme ça. »

Alberto Bettiol (ITA/EF Education-Easypost) - 2eme

« Je pense que Michael Matthews mérite cette victoire. J'ai promis à tout le monde y compris le staff que je me battrais pour apporter une nouvelle victoire à l'équipe. Mais le Tour n'est pas terminé et je vais encore essayer. Michael Matthews a fait exactement ce que j'ai fait il y a quelques jours et il a réussi. Je suis revenu à deux kilomètres de l'arrivée sur lui. Je ne pensais pas qu'il avait les jambes pour me contrer. Mais je suis tombé sur un Michael Matthews très fort. Il mérite sa victoire. »

Thibaut Pinot (FRA/Groupama-FDJ) - 3eme et 1er Français

« Je suis très déçu, c'était vraiment compliqué aujourd'hui (samedi). J'étais dans l'échappée la plus costaud du Tour. Ils m'ont bien cramé sur le plateau là-haut à 50 bornes. Après je n'ai pas grand chose à regretter. Je n'avais pas de grandes jambes. Je fais avec les moyens que j'ai. Par rapport à mes données de puissance, je sais que je ne suis pas au top. Au pied je n'étais pas top, je n'aurais pas pu monter plus vite. Un effort plus long me correspond mieux. Pour gagner sur le Tour, il faut un peu de réussite, un peu de chance, un peu de jambes, un peu de tout. Il faut avoir les bons éléments avec soi. J'attends les Pyrénées, ça ira peut-être mieux. Après les échappées sont difficiles à prendre, elles sont toutes sur le plat, donc c'est compliqué pour un grimpeur. Mais on va tenter, on va réessayer. »

Simon Geschke (ALL/Cofidis) - 9eme et maillot à pois

« J'ai davantage pris l'échappée pour essayer de gagner l'étape que pour défendre le maillot à pois. Ça a été difficile toute la journée, la bataille pour prendre l'échappée a été tellement dure que nous étions déjà tous fatigués. Par ailleurs, c'est quand même bien d'avoir pris trois points supplémentaires au classement de la montagne. La chaleur a joué un rôle important aujourd'hui (samedi). Heureusement, je m'en sors mieux dans la chaleur qu'avec le froid et la pluie. »

Tadej Pogacar (SLO/UAE Team Emirates) - 23eme et maillot blanc

« Notre stratégie, c'est de stresser Jonas Vingegaard et la Jumbo-Visma tant que nous le pouvons, et ça marche. Je sais par ma propre expérience que porter le maillot jaune, c'est beaucoup de pression sur les épaules, parce qu'il faut courir défensivement plutôt que d'attaquer. Pendant qu'ils emmenaient le peloton, nous économisions des forces afin de pouvoir planifier nos attaques. Je ne sais pas si les Jumbo-Visma ont peur de moi, mais ils étaient dans ma roue tout le temps et, bien sûr, ils ne me laissaient pas partir. En début d'étape, j'ai vu que Wout Van Aert essayait de boucher le trou avec le groupe de tête alors je l'ai suivi et de cette façon, l'ensemble de son équipe a dû produire un effort pour revenir. Mais bien sûr, je sais qu'ils ont une équipe forte et que ce n'était pas possible de prendre l'échappée. Pareil pour l'attaque finale, j'ai juste durci la course comme j'ai pu pendant l'ascension. »

Jonas Vingegaard (DAN/Jumbo-Visma) - 24eme et maillot jaune

« Je savais très bien que Tadej Pogacar allait m'attaquer aujourd'hui (samedi). Il va le faire à chaque fois qu'il en aura l'occasion et je ferais pareil si j'étais à sa place. Je serais surpris s'il faisait autre chose, il va peut-être même m'attaquer pendant la journée de repos ! Mon travail, c'est de rester bien concentré et de ne pas me laisser surprendre. En tout cas, j'ai pu rester avec lui quand il est passé à l'offensive, et ça me va bien. Aujourd'hui (samedi), la dernière côte était difficile même si elle était plutôt courte. Mais nous avons fait une belle montée et j'ai passé une bonne journée en jaune. C'est encore une nouvelle expérience pour moi et j'y prends plaisir sur chaque étape. »

David Gaudu (FRA/Groupama-FDJ) - 25eme

« Je peux vraiment être satisfait de cette étape, il n'y a que les deux plus forts, Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, qui sont devant moi. C'est une montée qui me correspond, trois bornes à 10%, c'est peut-être le genre de terrain où j'excelle le plus. En plus, j'étais revanchard de l'Alpe d'Huez car je n'y avais pas tout donné. Là, j'ai lâché les chevaux, et quand je vois ce que ça fait, ça me donne envie et confiance, et j'ai hâte d'être dans les Pyrénées. J'ai rarement eu des jambes comme ça sur deux semaines, je n'ai pas eu encore de journée sans. Peut-être que ça arrivera en troisième semaine, mais peut-être que ça n'arrivera pas non plus. En tout cas, on va rester sur la lignée de ce qu'on fait, on va essayer d'aller chercher des étapes avec Thibaut Pinot, avec Stefan Küng. Si la confiance est revenue ? Je pense qu'elle va revenir, oui. Aujourd'hui (samedi), je me suis dit que je n'avais rien à perdre et j'ai tout donné. Parfois, dans la tête, il y a des verrous qui sautent, donc j'espère que le verrou a sauté et que je serai tout feu tout flamme dans les Pyrénées. »

Wout Van Aert (BEL/Jumbo-Visma) - 48eme et maillot vert

« C'est assez normal que Tadej Pogacar arrive à isoler Jonas Vingegaard de notre équipe quand il attaque. Après tout, nous avons mené le peloton toute la journée. C'est un des coureurs les plus forts du peloton et il nous force à être au top toute la journée. Au début des attaques, il y avait environ quarante coureurs à l'avant, dans différents groupes, et j'ai essayé d'y aller. Mais j'avais Tadej Pogacar dans ma roue, alors j'ai dû ralentir. C'était un départ difficile, parce qu'il y avait aussi des acteurs du classement général dans le coup. Je me sens très bien sur ce Tour de France, je suis chaque année un meilleur grimpeur. Nous montrons que nous sommes capables de batailler pour le maillot jaune et le vert. Je n'ai pas besoin de beaucoup d'aide pour chasser les points, seulement Christophe Laporte. »

Sources : site officiel du Tour de France, AFP, Wielerflits, Cyclism'Actu

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