Les cinq faits marquants de la première semaine du Tour

Les cinq faits marquants de la première semaine du Tour©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER : publié le lundi 07 septembre 2020 à 16h20

Alors que le peloton du Tour de France fait relâche ce lundi en Charente-Maritime, la première semaine de course a été riche en faits marquants, du maillot jaune de Julian Alaphilippe à la prise de pouvoir de Primoz Roglic.

Primoz Roglic, taille patron

Dès la montée vers Orcières-Merlette, l'équipe Jumbo-Visma a donné le ton. La formation néerlandaise n'est pas venue sur le Tour pour rigoler mais afin de tout faire pour permettre à Primoz Roglic d'ajouter la Grande Boucle à son palmarès, lui qui a déjà remporté le Tour d'Espagne en 2019. Même sans avoir le maillot jaune en son sein, elle a pris les commandes du peloton et imposé un train d'enfer que seules quelques formations, souvent restées dans la mémoire collective pour des affaires de dopage, ont pu imposer par le passé. Tant vers Orcières-Merlette que dans les Pyrénées, l'équipe Jumbo-Visma a asphyxié la concurrence, faisant ainsi place nette pour son leader qui, en plus d'une victoire d'étape lors de la première arrivée au sommet, s'est enfin affirmé comme le patron du Tour de France à Laruns, arrachant le maillot jaune des épaules d'Adam Yates. Reste que, désormais, la formation néerlandaise ne pourra plus se cacher et devra assumer les responsabilités qui vont avec la première place au classement général.


Pinot, la fin des illusions

Restant sur la déception de l'édition 2019 et l'impression d'être passé à côté d'un énorme coup, Thibaut Pinot n'avait pas caché ses ambitions avant le Tour de France. Mais, dès la première étape, c'est une douche froide que le Franc-Comtois a subie. Pris dans la chute collective à l'arrivée de la première étape, le leader de l'équipe Groupama-FDJ a pu cacher son état durant les six étapes suivantes. Mais, entre Cazères et Loudenvielle ce samedi, les pentes du Port de Balès, premier col Hors Catégorie sur le parcours de cette édition 2020, a été un triste révélateur. Le dos douloureux, stigmate de cette malheureuse chute sur la Promenade des Anglais, qui l'a empêché de donner sa pleine mesure et de rivaliser avec Primoz Roglic, Egan Bernal ou Tadej Pogacar pour le podium sur les Champs-Elysées. On a même vu un Thibaut Pinot plus fataliste que jamais à l'arrivée de cette 8eme étape. « Ça fait beaucoup d'échecs pour tout le monde, pour l'équipe, pour moi. Aujourd'hui, c'est peut-être un tournant dans ma carrière, a ainsi déclaré celui qui avait terminé troisième du Tour en 2014. C'est trop d'échecs pour moi. J'ai toujours dit que le vélo, c'était se battre, prendre du plaisir, gagner des courses. Il y a trop d'échecs pour moi en ce moment. » De là à remettre en cause la poursuite de sa carrière...


Pogacar, le détonateur du Tour de France

Si Primoz Roglic n'a pas montré d'impatience à l'idée de passer à l'attaque et à « tuer » le Tour de France, son compatriote Tadej Pogacar ne semble pas du tout sur la même longueur d'onde. Piégé par l'équipe Ineos Grenadiers sur la route de Lavaur, le seul leader de l'équipe UAE Team Emirates depuis l'abandon de Fabio Aru s'est montré revanchard et n'a pas hésité à dynamiter le peloton à de nombreuses reprises. A 22 ans, le champion de Slovénie du contre-la-montre n'a pas hésité à passer à l'attaque dans les pentes du Col de Peyresourde ce samedi pour reprendre la moitié du temps perdu à la sortie de Castres la veille. Insatiable, celui qui a fini troisième sur la Vuelta en 2019 a remis ça à de nombreuses reprises dans le terrible Col de Marie-Blanque pour placer de nouveaux démarrages qui ont éparpillé façon puzzle la concurrence, seuls Primoz Roglic, Egan Bernal et Mikel Landa parvenant à suivre son rythme échevelé. Des performances qui, à l'arrivée de la 9eme étape, ont fait dire à Primoz Roglic que son jeune compatriote était « peut-être le plus fort actuellement ». Nul doute que le Slovène sera dans le collimateur de tous les candidats au podium... mais pourront-ils tous le suivre dans le Massif Central et les Alpes, la question a le mérite de se poser.


Une première semaine toutefois pauvre en offensives

En octobre dernier, quand les organisateurs du Tour de France ont présenté le parcours de cette 107eme édition, ils ont mis en avant une première semaine à nul autre pareille. En effet, si la tradition veut que le début de la Grande Boucle soit ouvert aux sprinteurs, la donne a été bien différente avec deux arrivées au sommet et des cols de Première Catégorie dès la deuxième étape avec le mythique Col du Turini. Mais... si on excepte le panache de Julian Alaphilippe lors de la 2eme étape et la combativité de Tadej Pogacar lors des deux passages dans les Pyrénées, les candidats annoncés pour le maillot jaune avant le départ de l'épreuve ont fait preuve d'une certaine timidité, avec comme principal conséquence des écarts loin d'être définitifs dans le Top 10 du classement général. Il faut dire que la première étape et son lot de chutes est resté dans les mémoires. Les arrivées à Orcières-Merlette et au Mont Aigoual n'ont pas titillé les cadors du peloton. Un manque d'initiative dont l'étape entre Gap et Priva a été l'exemple criant. Pas d'échappée et un rythme piano pour un peloton qui s'est offert à cette occasion une journée de repos avant l'heure. Comme toujours, ce sont les coureurs qui dictent le scenario de la course et non pas le tracé.


Sagan et Bennett se rendent coup pour coup

S'il n'y a pas encore de lutte pour le maillot jaune, ce n'est pas le cas pour le maillot vert ! En effet, Sam Bennett et Peter Sagan sont lancés dans une lutte de tous les instants pour terminer premier du classement par points à Paris. En effet, l'ancien triple champion du monde n'est clairement pas le plus fort dans l'exercice du sprint. Le coureur de la formation Bora-Hansgrohe a, en effet, vu Wout van Aert s'offrir deux victoires d'étape contre une à Caleb Ewan et Alexander Kristoff. Pire, Peter Sagan est systématiquement devancé par Sam Bennett dans les sprints intermédiaires, ce qui permet à l'Irlandais de ne compter que sept points de retard lors de la première journée de repos. Le Slovaque a alors décidé de passer au plan B, c'est à dire essayer de prendre autant que possible les échappées pour grappiller des points et, si possible, utiliser la force de frappe de son équipe. C'est comme ça qu'il a pu se débarrasser de l'essentiel de ses rivaux au début de la 7eme étape avec un coup de force et de bordure qui a secoué comme rarement le peloton et permis à Peter Sagan de reprendre le maillot vert. Mais pourra-t-il le conserver tout au long des deux dernières semaines de course, rien n'est certain.

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