La seule fois où une étape du Tour a été interrompue après une chute

La seule fois où une étape du Tour a été interrompue après une chute©Media365

Thomas Siniecki : publié le mardi 18 août 2020 à 19h29

Le Tour de France n'a été arrêté qu'une fois pour une raison purement dictée par le déroulé de la course : c'était en 2015, durant environ dix minutes, à la suite d'une chute collective qui avait mobilisé l'ensemble des médecins.



Le 6 juillet 2015, le Tour de France affiche des atours de Flèche Wallonne pour sa troisième étape en Belgique, qui relie Anvers au fameux mur de Huy. Sauf qu'à 50 kilomètres de l'arrivée, une chute massive contraint les organisateurs à stopper littéralement la course durant une dizaine de minutes. C'est un fait très rare, qui n'est arrivé qu'à cinq reprises de cette manière dans l'histoire du Tour : en 1978 pour une grève des coureurs, en 1982 pour une manifestation d'ouvriers, en 1998 au coeur de l'affaire Festina, et enfin en 2018 pour une nouvelle manifestation - cette fois d'agriculteurs. Il est donc très rare, voire quasiment impossible, qu'un fait de course somme toute assez banal provoque une telle interruption. C'était donc même, et ça reste, l'unique exemple de ce type précis.

A chaud, Stephen Roche se faisait le relais de l'opinion d'un certain nombre de coureurs et autres suiveurs du Tour (pour Cyclismactu.net) : "C'est un incident de course. Il y a des blessés, mais ça fait partie de la course. Il ne fallait pas arrêter, on voit après l'arrivée... C'est un peu méchant de dire ça, mais c'est un phénomène de course. Il fallait continuer."

Prudhomme : "Il n'y avait plus aucune ambulance"

C'est finalement une conjonction de plusieurs facteurs, assez rare donc, qui a conduit à une telle décision : sportivement, le peloton était en train de revenir de manière plutôt classique sur les échappés et aucun favori n'était encore sorti du bois, surtout en ce tout début de Tour ; et puis cette chute, relativement inhabituelle et provoquée par William Bonnet - qui abandonnera, comme Tom Dumoulin ou Simon Gerrans - à pleine vitesse dans une ligne droite, a concerné un grand nombre de coureurs.

C'est là qu'intervient l'ultime argument, et il concerne la santé de ces derniers, comme l'exprimait le directeur Christian Prudhomme après l'arrivée (pour L'Equipe) : "La chute était très spectaculaire. Certains coureurs ont fini contre un réverbère. A ce moment-là, personne ne savait quelle serait l'ampleur des blessures : on a eu des fractures de la clavicule, des traumatismes crâniens. Quelques instants après, plusieurs autres dizaines de coureurs sont tombés, soit une quarantaine au total. Les quatre ambulances et les deux véhicules de médecins étaient bloqués pour les soigner. Il n'y avait plus aucune ambulance pour s'occuper des 120 coureurs jusqu'à la fin de la course." C'est donc officiellement pour cette raison et ce scénario à l'instant T que l'étape a été momentanément stoppée.

Ça n'a duré qu'une dizaine de minutes, alors que les Sky commençaient à accélérer le rythme afin d'essayer d'en profiter. Problème de morale ou pas, on en revient toujours à débattre s'il s'agissait d'un simple fait de course ou non... Toujours est-il que Christopher Froome, deuxième de l'étape, s'emparera tout de même (déjà) du maillot jaune.

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