Deceuninck - Quick Step/Alaphilippe : " Le rêve continue "

Deceuninck - Quick Step/Alaphilippe : " Le rêve continue "©Media365

Alexis Petit, publié le mardi 16 juillet 2019 à 18h01

Invité à s'exprimer lors de la conférence de presse mardi à Albi, Julian Alaphilippe a de nouveau rappelé la symbolique autour du maillot jaune et sa cote grandissante auprès du public français. Le coureur de Deceuninck - Quick Step poursuit son rêve éveillé, dans une dimension bien plus grande que l'année dernière. Les pieds sur terre, il compte bien défendre sa précieuse tunique le plus longtemps possible.



Julian Alaphilippe et son beau maillot jaune attirent la foule, les regards, suscitent l'admiration du public et le respect du peloton. Alors logiquement, sur la plus grande course du monde, les sollicitations ne manquent pas : "Je ne me sens pas comme une rock star, plutôt comme une bête en cage. Ça va avec le maillot jaune du Tour, je le découvre, je suis content de le défendre. C'est un moment spécial dans ma carrière." Son odyssée dorée, il la doit à lui-même et personne d'autre. Le Français a été l'acteur principal de ces dix premiers jours de course, ajoutant la victoire à son panache habituel. Après tant d'efforts depuis le départ du Tour, la journée de repos mardi à Albi arrive comme une bouffée d'oxygène : "Elle va faire du bien. Elle est bienvenue après un gros début de Tour. Je suis content d'en profiter avec le maillot jaune, même si je ne vais pas le porter aujourd'hui, c'est un sentiment formidable. Le programme ? Je vais aller rouler un peu pour faire tourner les jambes, l'après-midi sera relax avec des massages et j'aurai peut-être le temps de regarder enfin un film." Un précieux moment de détente avant les batailles en haute altitude qui attendent le coureur de 27 ans dans les prochains jours. Une minute d'avance sur ses plus sérieux poursuivants au général, Geraint Thomas et Egan Bernal, ne sera pas de trop au moment d'entrer sur les terrains de chasse du duo infernal de la Team Ineos : "Après, il y aura les Pyrénées, le contre-la-montre, j'espère le garder le plus longtemps possible, le rêve continue. Le plus dur reste à venir."

Alaphilippe comme Voeckler ?

Avant d'envisager la lutte avec les meilleurs grimpeurs du peloton, Julian Alaphilippe prend les obstacles les uns après les autres : "Aujourd'hui (mardi), je suis content de me reposer, demain (mercredi, 11eme étape Albi-Toulouse) avec un probable sprint, cela pourrait faire une journée en plus, je prends les choses comme ça." Mais peu importe le scénario qu'il écrira dans les prochains jours, le Français a déjà réussi son Tour de France : "Ce que j'ai réalisé est au-delà de ce que j'avais imaginé. C'est incroyable. Le Tour est plus que réussi." En 2011, Thomas Voeckler s'était sublimé maillot jaune sur les épaules, regardant les meilleurs grimpeurs du peloton dans les yeux, pour finalement prendre une quatrième place au général. Mais Julian Alaphilippe n'envisage pour l'instant rien d'autre que de coller aux basques des gros bras le plus longtemps possible : "Il ne faut pas comparer porter le maillot jaune et le porter sur les Champs-Elysées. J'ai déjà dépensé beaucoup d'énergie pour aller récupérer le maillot. Il n'y a pas beaucoup de leaders ou de vainqueurs potentiels qui ont été aussi actifs. Le coureur qui va gagner le Tour aura commencé fort et aura beaucoup de fraîcheur. Je me sens assez frais mais le plus dur reste à venir (...) Tout est possible, on ne sait jamais."

Alaphilippe : "Quand tu es maillot jaune, en France, tout ton pays vit et rêve"

Le coureur français est en tout cas entré de plain-pied dans un nouveau monde, un an après ses échappées insouciantes dans la fièvre de juillet (deux victoires d'étape et le maillot à pois) qui l'avaient fait connaître du grand public : "Le maillot à pois a été un moment spécial que je ne vais pas oublier. Sur le vélo, dans les ascensions ou sur les Champs-Elysées, avec le regard du public, c'était spécial. Mais les gens le prenaient plus comme un spectacle, me voyaient me battre pour prendre des points ou les échappées." Depuis qu'il a enfilé le maillot jaune, la cote d'amour de Julian Alaphilippe est montée de plusieurs étages : "Le maillot jaune, c'est autre chose. Quand tu es maillot jaune, en France, tout ton pays vit et rêve, je le ressens beaucoup. On peut rêver avec le maillot jaune sur les épaules. Quand je regarde le maillot jaune dans ma chambre, je me rends compte que c'est moi qui le porte. Mais le porter à Paris, c'est très loin..."

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