Cyclisme - Tour de France : Les réactions à l'issue de la 15eme étape

Cyclisme - Tour de France : Les réactions à l'issue de la 15eme étape©Media365

Rédaction Sport365, publié le dimanche 21 juillet 2019 à 20h18

Retrouvez les réactions des principaux acteurs de la 14eme étape du Tour de France 2019.

Simon Yates (BRI/Mitchelton-Scott) - Vainqueur de l'étape

« Je suis très fier. C'était une étape rapide du début jusque la fin. Mais j'ai couru comme j'en ai l'habitude, comme j'aime le faire. Je suis vraiment ravi de ce que j'ai fait. Je n'ai pas pour objectif le maillot à pois. Je suis venu ici pour suivre la course, j'ai réussi mon objectif en gagnant deux étapes. Mais j'ai fait un gros effort, je suis très fatigué. J'ai peut-être attaqué de loin mais je savais que les favoris pour le général pouvaient revenir. Je craignais le retour de Thibaut Pinot, c'est la raison pour laquelle je suis parti si tôt. Je ne connaissais pas la montée, je ne savais pas à quel point c'était dur, surtout à la fin. »

Julian Alaphilippe (FRA/Deceuninck-Quick Step) - Maillot jaune

« Je m'attendais à un final difficile. Je ne suis pas déçu, je suis juste complètement épuisé. Ce n'est pas une surprise pour moi de craquer comme ça face aux meilleurs grimpeurs en fin de deuxième semaine. Surtout après tout ce que j'ai donné, ce que j'ai fait hier (samedi) où j'ai vraiment puisé dans mes réserves. Aujourd'hui (dimanche), il n'y avait pas grand chose à faire de plus. Je suis cramé là. L'étape a fait beaucoup de dégâts à tout le monde. La haute montagne ne fait que commencer. Dans les Alpes, ça va être un gros chantier. Mais j'ai fait le maximum, j'ai donné tout ce qu'avais dans les jambes. »

Thibaut Pinot (FRA/Groupama-FDJ) - 2eme de l'étape

« Aujourd'hui, c'est ma météo, il fallait que j'en profite, j'avais de bonnes sensations. Je savais que la fin était moins raide, que je ne me mettais pas dans le rouge. Je n'ai eu aucun d'écart, je sais juste que j'ai repris du temps à tout le monde. Il faut continuer, on est parti pour remonter au classement général. Si j'ai de la bonne jambe, je continuerai à prendre du temps. Le plan mis en place ce matin a marché nickel, j'avais David (Gaudu) avec moi, il a encore fait du gros travail. On est passé à l'offensive, c'est très bien quand ça marche. Jusqu'où on ira ? Je ne sais pas, on verra. »

Bardet: « Je vouais essayer de reprendre un peu de vie »

Mikel Landa (ESP/Movistar) - Combatif et 3eme de l'étape

« On avait quelques équipiers à l'avant. On a essayé de lutter pour la victoire d'étape, d'abord avec Nairo (Quintana) puis moi. Mais on a vu que Simon était très fort devant et que les favoris allaient se battre pour le général. D'ailleurs, Thibaut Pinot a été très fort. Mais la course est encore longue et le podium reste possible. Gagner le général ce sera difficile car j'ai perdu plus de deux minutes dans ma chute. A ce stade, je pense que c'est moi qui suis le mieux placé dans l'équipe parmi nous trois (Landa, Quintana et Valverde). Mais on va continuer à profiter d'avoir cet avantage. Je trouve que Julian (Alaphilippe) est vraiment très fort. Personne ne pensait qu'il allait garder son maillot jusqu'ici mais il y est toujours. Il reste le favori. Mais nous verrons dans les Alpes. »

Romain Bardet (FRA/AG2R La Mondiale) - Membre de l'échappée

« Je voulais essayer de reprendre un peu de vie, être un peu acteur avant le repos c'est important. Je voulais absolument prendre l'échappée, j'y ai laissé beaucoup d'énergie. J'étais content de me retrouver à l'avant même s'il m'en a manqué un peu au final. Je fais une erreur tactique dans le Mur de Péguères. Mais il y avait un Simon Yates très fort, ça aurait été trop dur de lui contester la victoire d'étape, même si j'aurais bien aimé arriver avec lui dans la dernière difficulté, pour me tester. Surtout, j'ai pu compter sur mes coéquipiers qui se sont complètement dévoués, c'est une belle marque. C'est un pas en avant pour les Alpes. De toute façon ça ne pouvait pas être pire, j'essaye de rester concentré car le Tour passe très vite. Il y a encore trois étapes qui me correspondent et j'essayerai d'être à l'avant. J'ai eu beaucoup d'encouragements, il y avait beaucoup d'amour sur le bord des routes et ça fait chaud au cœur. Il y a eu des moments difficiles mais c'est en me portant à l'avant que je retrouverai le chemin de la réussite. C'est un Tour éprouvant, il va se passer encore plein de choses en troisième semaine mais les attaquants pourraient être récompensés. Je vais penser à bien récupérer et je vais avoir des ambitions sur des routes que je connais bien. Je vais donner tout ce que j'ai même si je n'ai pas grand chose sur ce Tour de France mais je veux partir la tête haute. Et pouvoir enfin m'exprimer. »

Geraint Thomas (BRI/Team Ineos) - 2eme du général

« J'ai juste essayé d'aller à mon rythme quand ça a attaqué et après je me suis retrouvé coincé avec Alaphilippe. C'était difficile tactiquement parce que j'avais les jambes pour y aller mais je ne voulais pas ramener les autres sur Egan (Bernal), j'étais coincé. Au moins, les jambes répondaient un peu mieux aujourd'hui. Tout le monde est bon, mais tout le monde est fatigué. »

Bernal : « On peut rêver, mais en gardant les pieds sur terre »

Egan Bernal (COL/Team Ineos) - 5eme du général

« C'était une étape à la fois très belle et très dure. Hier (samedi), il m'en a manqué un peu, mais aujourd'hui (dimanche), je peux être content. J'ai beaucoup souffert pour essayer de rester avec Pinot, mais c'est le Tour : quand je me suis fait lâcher, je méritais d'être là où j'étais et je m'en suis satisfait. J'ai 22 ans et c'est déjà un rêve de me retrouver parmi les meilleurs. À partir d'aujourd'hui, on peut rêver, oui, mais en gardant les pieds sur terre. Il y a encore cinq ou six cyclistes qui peuvent gagner le Tour de France.... Et ce sera très difficile. Tout indique que je peux gagner le maillot blanc si je ne connais pas de gros problèmes. Mais le plus important, c'est d'aller chercher le maillot jaune. Si à n'importe quel moment je dois me sacrifier pour que Geraint Thomas gagne le Tour, je le ferai avec plaisir. »

Steven Kruijswijk (PBS/Jumbo-Visma)

« Cela a encore été très rapide. Je me suis calé dans la roue de Geraint Thomas, qui a ensuite accéléré. Je ne pouvais pas y aller avec Thibaut Pinot, ça allait un peu trop vite pour moi. Ensuite, j'ai dû reprendre mon souffle. Pinot est parti seul. Il n'y avait pas moyen de le suivre. Egan Bernal allait bien aussi, Alaphilippe aussi et Emanuel Buchmann était également assis devant moi. Nous avons fait ce que nous pouvions derrière pour revenir. A la fin, nous avons également repris Julian Alaphilippe dans les derniers kilomètres. Je n'étais pas mauvais. J'ai essayé de limiter les dégâts. Nous verrons ce que cela donnera le jour de repos. »

Warren Barguil (FRA/Arkéa-Samsic) - 12eme du général

« C'était une belle journée. Je n'ai pas voulu m'exploser les pattes au pied. Romain (Bardet) m'a pris un relais d'ailleurs, je le remercie. Je suis rentré sur Fuglsang et ça m'a été bien bénéfique parce qu'après il y avait pas mal de vent. Au final je fais comme hier, je finis avec (Jakob) Fuglsang, je pense qu'on est à peu près du même niveau. Je n'aime pas trop les ascensions courtes comme celle-là, je préfère les longs trucs. Mais bon, c'est correct, je ne vais pas me plaindre, je suis content. Le niveau est très relevé et heureusement moi aussi j'ai relevé mon niveau par rapport à l'an passé. Ce n'est pas trop mal, j'attends les Alpes maintenant après une journée de repos bien méritée. »

Gaudu : « Depuis cet hiver, c'est tout pour Thibaut et le Tour »

David Gaudu (FRA/Groupama-FDJ) - équipier de Thibaut Pinot

« Paradoxalement, aujourd'hui je n'étais pas dans une journée exceptionnelle. J'ai dû géré le Mur de Péguères pour revenir ensuite dans la descente car je n'avais pas de bonnes sensations de toute la journée, j'étais vraiment dans le dur. Puis le mental a surpassé les sensations physiques dans le final pour tout donner pour Thibaut (Pinot). On savait que c'était assez roulant dans le final, donc il fallait mettre en route au pied. Depuis cet hiver, tout est clair : c'est tout pour Thibaut et le Tour. Il n'y a pas d'ambiguïté pour le maillot blanc, je ne suis pas là pour ça, je suis là pour apprendre. Tout le monde dans l'équipe a envie de donner toujours plus, on va être sur-motivé jusque la fin. »

Rudy Molard (FRA/Groupama-FDJ) - équipier de Thibaut Pinot

« La stratégie au départ, c'était d'observer nos adversaires, voir s'ils allaient mettre des équipiers à l'avant. On a vraiment couru juste. Thibaut a encore montré qu'il était très fort, on ne lâche rien. Notre gros collectif permet à Thibaut de reprendre du temps. J'ai bataillé pour prendre la bonne échappée, ça a payé. Ce n'est pas terminé, on ne va pas s'emballer non plus ».

Peter Sagan (SVQ/Bora-Hansgrohe) - Maillot vert

« Aujourd'hui, c'était une bonne journée car le délai était assez important. la fin de l'étape était assez calme, il suffisait juste de contrôler. Pourquoi arriver 20 minutes après le vainqueur alors que je peux pousser jusque 35 minutes ? Il faut se préserver. J'espère garder ce maillot jusque Paris. Le problème c'est d'arriver jusque là-bas car les trois dernières étapes sont vraiment très dures. Il faut vraiment être attentif jusque la fin. »

Mauduit : « Cette troisième semaine va être terrible ! »

Philippe Mauduit (Groupama-FDJ) - Directeur sportif

« On est toujours sur le fil du rasoir. Quand ça marche, c'est beau. On essaie de se faire plaisir. Le plaisir passe par l'étape. Il faut continuer à tenter. Pour l'instant, ça se passe bien. On va rester prudents et conquérants, il reste une semaine. On peut encore s'attendre à des défaillances dans les Alpes. On est dans la bataille. Ça donne la chair de poule quand on entend le prénom de Thibaut et de ses copains dans les montées. On n'a pas fixé d'objectif. On a vu que Bernal et Thomas étaient dans la gestion. Mais attention, la troisième semaine va être terrible et peut-être qu'ils (les Ineos) ont tout misé sur cette troisième semaine. »

Julien Pinot (Groupama-FDJ) - Frère et entraîneur de Thibaut Pinot

« Le but hier, c'était de gagner l'étape. Aujourd'hui, avec le numéro de (Simon) Yates devant, c'était moins jouable. Thibaut (Pinot) a des jambes exceptionnelles donc il se devait de reprendre du temps sur ses adversaires. Le but cet hiver, c'était de retrouver ses jambes de la fin de saison dernière. Il a travaillé pour ça et maintenant, il exprime pleinement son potentiel sur le Tour. Toute l'équipe a fait un gros boulot, comme hier. Tous les coureurs donnent le maximum, on est sur une super dynamique. David (Gaudu) a encore fait un gros travail dans le final pour durcir avant que Thibaut n'attaque. »

Vincent Lavenu (AG2R La Mondiale) - Directeur sportif

« Romain (Bardet) avait des ouvertures car hier, il a perdu beaucoup de temps. Il pouvait se permettre de partir dans une échappée au long cours, il y a d'ailleurs eu une belle bataille au début. Il a quand même pesé sur la course aujourd'hui. Il manquait un peu d'essence dans le final mais ça va plutôt dans le bon sens. C'est de nature à le rassurer pour les Alpes où il y aura de belles choses à faire. Hier, c'était physique, puis le mental a joué aussi, sinon il n'aurait pris que sept ou huit minutes. Aujourd'hui, on est parti sur un autre schéma, il n'a pas baissé les bras et l'équipe non plus. Bravo aux Français, Thibaut (Pinot) est extraordinaire, il se dévoile comme le favori du Tour. Notamment grâce à sa force collective. Et Julian (Alaphilippe) s'est encore battu comme un beau lion et je lui souhaite le meilleur. »

Propos recueillis sur France Télévisions, RMC Sport et Cyclism'Actu.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.