Mathieu Armand, Media365 : publié le mardi 11 août 2026 à 16h24
À la télévision allemande, Jan Ullrich est revenu sur sa carrière. Le vainqueur du Tour de France en 1997 a avoué s'être dopé. Et expliqué pourquoi il a longtemps gardé le silence. Il considère que le dopage n'était pas seulement présent dans le cyclisme.
Il avait toujours nié avoir eu recours au dopage pendant sa carrière, mais comme beaucoup d'autres, la vérité a fini par le rattraper. Jan Ullrich a finalement avoué avoir été dopé durant sa carrière en 2023. Lors de l'émission « Inas Nacht », diffusée le week-end dernier par la chaîne allemande ARD, le vainqueur du Tour de France 1997 est revenu sur son passé au sein du peloton. Il a tenté de s'expliquer sur les raisons de son silence. « J'aimais trop ce sport. Je ne voulais pas faire tomber quelqu'un d'autre. J'aurais pu faire s'effondrer tout le cyclisme à ce moment-là », assure le champion olympique de Sydney en 2000 dans des propos rapportés par Le Soir.
Mis à la retraite en 2006 à cause de l'affaire Puerto, il a volontairement choisi de ne pas se confier sur ce « sujet délicat ». Il explique ce choix par son amour pour le cyclisme dont l'image aurait pu être ruinée par ces révélations. Grâce à son discours, il remet en cause un système de dopage qui était généralisé et donc pas vraiment optionnel.
« Le dopage était monnaie courante dans tous les sports »
« Nous nous sommes adaptés à ce que faisaient déjà les autres », assure Ullrich. « À mon époque, le dopage était monnaie courante dans tous les sports. Et pas seulement en cyclisme », estime le seul Allemand vainqueur de la Grande Boucle. Pourtant il pense que la compétition était tout de même égalitaire malgré le dopage : « Si tout le monde le faisait, tout dépendait du talent et des capacités ».
Ullrich a couru lors de la période la plus sombre du cyclisme. Il a notamment été trois fois dauphin de Lance Armstrong (septuple vainqueur du Tour de France depuis déchu de ses titres) en 2000, 2001 et 2003. L'Américain de l'US Postal est resté très proche de son rival une fois leurs carrières terminées. Lorsque l'Allemand est tombé dans une addiction à l'alcool et aux médicaments, il l'a épaulé. « C'était une période pourrie. Ça m'a déchiré. Le dopage m'a pris dix ans », concède-t-il.
« Un cyclisme propre »
Aujourd'hui le cyclisme est toujours rattrapé par son image d'antan. Pogacar est au centre des débats sur le dopage après ses performances exceptionnelles. Pourtant Ullrich balaye ces suspicions d'un revers de la main. « Ce que nous avons gâché à l'époque a au moins conduit à un cyclisme propre aujourd'hui », déclare celui qui veut « croire que tout est propre ». L'Allemand tente de se repentir et fait même une drôle de comparaison : « Trois semaines en altitude ont à peu près le même effet que le dopage à l'EPO à l'époque », estime le vainqueur de la Vuelta en 1999. Cela permet peut-être de mieux comprendre l'engouement de Vingegaard, Seixas, Pogacar et de tous les meilleurs cyclistes du monde pour la Sierra Nevada. Elle serait donc un produit dopant naturel.















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