UCI : Face au coronavirus, David Lappartient prévient qu'aucune course ne se fera sans risques

UCI : Face au coronavirus, David Lappartient prévient qu'aucune course ne se fera sans risques©Media365

Mathieu WARNIER, publié le jeudi 30 juillet 2020 à 16h00

A quelques jours de la reprise de l'UCI World Tour lors des Strade Bianche, David Lappartient a lancé un message de prudence face au coronavirus et justifié un calendrier où il n'y avait que peu de marge de manœuvre.

Si le Tour de Burgos a relancé la saison, le grand moment sera ce samedi avec les Strade Bianche. La course sur les chemins de terre blanche autour de Sienne donnera le coup d'envoi pour l'UCI World Tour et, pour le président de l'Union Cycliste Internationale David Lappartient, ça sera un moment fort. « Notre sport est toujours en vie, assure ce dernier dans un entretien accordé a quotidien italien La Gazzetta dello Sport. D'autres sports ont dû tout annuler mais nous avons un calendrier de courses. » Un redémarrage de l'élite du cyclisme professionnel masculin que le patron de l'UCI veut placer comme un symbole pour le reste du monde dans la lutte contre le coronavirus, qui a mis le sport mondial à l'arrêt pendant de longs mois. « L'Italie mérite d'avoir les Strade Bianche comme première course du World Tour car ça a été le premier pays touché par le virus et il en a beaucoup souffert. L'Italie est maintenant en meilleure santé par rapport à d'autres pays et peut envoyer un message positif, ajoute David Lappartient. La course organisée à Sienne peut envoyer un message d'espoir pour le cyclisme et tous les autres sports. Nous sommes de retour et nous voulons donner à tout le monde une raison de sourire. Les temps sont durs mais le cyclisme est fort. »

Lappartient : « Chaque course est à risque, même le Tour de France »

Un redémarrage de l'UCI World Tour qui intervient alors que l'instance mondiale a décidé de serrer la vis concernant son protocole sanitaire, avec des sanctions qui ont été alourdies. Une décision que David Lappartient soutient et justifie. « Ce sont des règles, pas des recommandations. Le cyclisme n'est pas comme la Formule 1 qui n'a que 20 pilotes, tonne le patron de l'UCI. Nous avons 2000 femmes et hommes partout dans le monde donc nous devons prendre des décisions fortes. Il n'y a pas d'autre choix, elles doivent être respectées. » Alors que le Tour de France est la première course a avoir vu ses dates confirmées, l'UCI a insisté pour que les championnats du Monde à Aigle et Martigny ne bougent pas de la fenêtre allant du 20 au 27 septembre prochain. Mais s'il a été un temps question de les délocaliser, c'est désormais hors de propos malgré les risques liés au coronavirus. Un risque qui ne sera jamais à prendre à la légère, même sur le Tour de France. « Les championnats du monde sont confirmés mais il n'y a pas de plan B si la situation se détériore en Suisse, confirme le patron du cyclisme mondial. Nous savons que ces risques existent. Chaque course est à risque, même le Tour de France. »

Lappartient : « Si quelqu'un a une meilleure solution, j'aimerais bien la voir »

Cette relance de la saison voit un calendrier habituellement organisé sur huit mois être resserré sur seulement quatre mois avec, parfois, plusieurs courses qui se chevaucheront. Une solution d'urgence qui, selon David Lappartient, était la seule possible au vu des desiderata des parties prenantes, notamment les diffuseurs TV. « Si quelqu'un a une meilleure solution, j'aimerais bien la voir. Je prends la responsabilité des décisions qui ont été prises et il était impossible de faire autrement. Les diffuseurs ont été clairs, ils ne voulaient pas de classiques pendant le Tour de France en raison de sa diffusion mondiale. C'était la clé de tout. » En conséquence, le dimanche 25 octobre a déjà été baptisé « Super Sunday » (le super dimanche) car, dans la même journée, il y aura Paris-Roubaix pour les hommes et, pour la première fois, les femmes, une étape de montagne sur la Vuelta mais également la dernière étape du Giro. Selon le président de l'UCI, cet enchevêtrement était inévitable pour boucler le calendrier. « Est-ce que vous pensez que ça sera un jour triste ? Je peux comprendre mais nous ne pouvions rien faire d'autre, assure David Lappartient. Nous avons demandé au Giro de démarrer un vendredi afin de terminer un samedi mais ce n'était pas possible. Heureusement, il y aura des horaires différents pour les trois courses donc elles ne vont pas se chevaucher à la télévision. » Il est vrai que, pour les passionnés de cyclisme, de longues heures de course sont à prévoir.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.