Tour de France : Les réactions après la 21eme et dernière étape

Tour de France : Les réactions après la 21eme et dernière étape©Media365
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Alexis Petit, publié le dimanche 28 juillet 2019 à 23h22

Retrouvez les réactions des principaux acteurs de la 21eme et dernière étape du Tour de France 2019 entre Rambouillet et Paris remportée par Caleb Ewan.

Egan Bernal (COL/Ineos) - Vainqueur du Tour de France

« Je ne peux pas y croire. C'est absolument incroyable, je n'ai pas les mots. Je suis heureux, je veux remercier tout le monde. Je ne comprends toujours pas ce qui m'arrive, c'est la plus belle course du monde. C'est la première fois qu'un Colombien remporte le Tour de France et nous devons être fiers de ça. Il y a tellement de coureurs colombiens qui ont essayé, nous avons une telle histoire avec ce sport, nous avons gagné le Giro et la Vuelta, mais il ne nous manquait que le Tour. »

Caleb Ewan (AUS/Lotto-Soudal) - Vainqueur de l'étape

« Je pense que parmi toutes les étapes qu'un sprinteur souhaite gagner sur le Tour, c'est celle-ci, c'est l'étape-reine. C'est ma première participation, je suis comblé. Je ne voulais pas trop me précipiter sur le sprint, je voulais arriver de derrière car je savais qu'il y avait un vent de face. Et je m'en suis bien sorti. »

Geraint Thomas (GBR/Ineos) - 2eme du général

« Egan est jeune mais très talentueux, on le reverra à l'avenir. C'est comme un passage de témoin. Le cyclisme colombien marche très bien et j'espère qu'Ineos sera aussi fort. Pour moi, l'année dernière, ça s'est bien passé, j'ai enchaîné. Cette année, c'était un peu le contraire. J'ai fait de mon mieux et je peux être fier. Être deuxième derrière son coéquipier, c'est très bien. Bien sûr, j'aurais préféré gagner. Mais c'est un coéquipier qui a gagné. Si c'était Kruijswijk sur la plus haute marche, il y aurait eu de la frustration. »

Julian Alaphilippe (FRA/Deceuninck-Quick Step) - 5eme du général et Super Combatif

« Le Tour, il faut le prendre comme il vient. Je suis quelqu'un qui prend du recul et je me rends bien compte de l'effet maillot jaune et de la popularité qu'il apporte. Je profite du moment, je suis conscient du soutien du public mais je reste le même. Ce qui m'a permis de vraiment profiter de ce maillot, c'est d'arriver à me détacher. Toute la pression et ce que les gens s'imaginaient, je le ressentais. Mais je savais ce que je devais faire, où étaient mes limites. Je savais que la dernière semaine allait être très difficile pour moi. Je pouvais me surprendre mais il ne fallait pas trop rêver. J'ai donné du bonheur aux gens et ça me fait plaisir. J'espère que la France a passé un beau mois de juillet en regardant le Tour de France. Se préparer pour gagner le Tour, ça prend des mois, des années... Ma cinquième place au classement général, elle était inespérée avant de prendre le départ. Être élu Super Combatif, ça veut aussi dire quelque chose aux yeux du grand public sur ma façon de courir. L'année prochaine, j'ai le projet de participer au Tour des Flandres et pas du tout jouer le classement général du Tour. L'abandon de Thibaut (Pinot), c'était une déception, j'avais beaucoup de tristesse pour lui et toute son équipe. Quand on sait tout l'investissement que ça demande, la préparation et les sacrifices... C'était un adversaire mais j'aurais vraiment été content qu'il gagne, il était capable de le faire. Il faut qu'il reste fort. Des pépins physiques, ça arrive et la roue, un jour, elle tourne et je suis sûr qu'il gagnera le Tour de France à l'avenir. »

Romain Bardet (FRA/AG2R-La Mondiale) - Maillot à pois

« Il y a eu beaucoup de rebondissements, pour mon équipe et pour moi. On a su se remobiliser quand c'était difficile et aller chercher ce maillot à pois, c'est une belle consolation. La remise en question va avoir lieu. Ce maillot à pois a beaucoup d'estime à mes yeux mais je cherchais autre chose. Cette année, ça n'a pas fonctionné comme je le voulais. Pour l'instant je veux juste savourer car c'est un podium sur les Champs. Il faut que je réfléchisse au programme de l'année prochaine. Je viens sur le Tour depuis sept ans, il y a beaucoup de bonheur et de plaisir. Mais il y a quelque chose qui n'a pas fonctionné cette année et je dois savoir pourquoi. »

Peter Sagan (SLQ/Bora-Hansgrohe) - Maillot vert

« Je me réjouis de ramener un septième maillot vert. Peut-être que la prochaine fois, j'arriverai à huit, qui sait ? Je suis content d'avoir passé la ligne d'arrivée ici sur les Champs-Elysées. J'ai envie de me détendre un peu maintenant mais si je suis en forme il se pourrait que je revienne. »

Stéphane Rossetto (FRA/Cofidis) - 820 km d'échappée

« Je retiens tout. Je prends tous les petits souvenirs et j'en fais un grand. Le Tour, ce n'est pas un seul souvenir en particulier. Je me souviens du départ à Bruxelles, c'est énorme et on m'avait dit que les Champs c'était un truc de fou... Le monde sur le bord la route. Je vois ce podium final, c'est un privilège d'être aussi près. Je ne monterai pas dessus mais ce sont des moments à photographier avec ses yeux. C'est pas encore les vacances, la saison continue mais on va lever un peu le pied. »

Amaël Moinard (FRA/Arkea-Samsic) - Dernier Tour de France

« On croit toujours que c'est un défilé mais c'est une étape toujours difficile. Ça secoue, ça va vite. Mais c'est toujours agréable de finir dans un décor comme ça. C'est évidemment une grande page qui se tourne. Et puis un pincement au cœur ce soir. Warren (Barguil, son coéquipier) se remet dans le coup pour le général. Je suis persuadé que Warren peut jouer une place dans les cinq premiers, voire le podium. Je suis persuadé que ça va bien fonctionner dans le futur pour cette équipe Arkéa-Samsic. »

Matthieu Ladagnous (FRA/Groupama-FDJ) - Équipier de Thibaut Pinot

«Thibaut était triste de nous laisser. Il aura du mal à s'en remettre, mais c'est un champion. Un grand sportif. Il a prouvé qu'il était capable de gagner. Il va essayer de revenir plus fort avec une équipe faite autour de lui. »

Yoann Offredo (FRA/Wanty-Gobert) - Avant-dernier du classement général

« Je connais bien les Champs-Elysées, j'habite pas très loin mais il y a un sentiment particulier quand t'y arrives. D'autant plus en ayant galérer pendant les dix derniers jours et vécu des moments très difficiles. Je ne pensais jamais être là, je prenais kilomètre après kilomètre, étape après étape, et nous y voilà. Je me suis relevé à deux bornes de l'arrivée mais ce n'était pas du tout pour la lanterne rouge (dernière place du général) mais plutôt pour apprécier le moment. J'ai profité des gens, des derniers instants, il y avait un côté nostalgique dans ces derniers kilomètres. »

Patrick Lefevere (Deceuninck-Quick Step) - Manager

« On avait espéré gagner à Bruxelles, prendre le maillot jaune chez nous. Mais après trois jours, Julian (Alaphilippe) a mis les points sur les « i ». On a gagné trois étapes, on a le cinquième du général avec quatorze jours en jaune. Il y avait une possibilité que Julian gagne le Tour, s'il avait neigé au pied de l'Iseran et si la tempête avait continué (rires). J'ai félicité son père. Je souhaiterais à tout le monde d'avoir un fils ou un gendre comme Julian. »

Nicolas Portal (Team Ineos) - Directeur sportif

« Ça fait du bien, on relâche. Il faut passer la ligne d'arrivée. C'est chouette, premier et deuxième au général. Vous êtes plusieurs fois venus nous voir en disant qu'on était moins bons. On n'avait pas ce sentiment, on était en confiance. Il y a des êtres humains derrière les maillots. On savait que les Alpes, ça allait être dur. On avait vu une petite défaillance de Julian (Alaphilippe), Egan (Bernal) était costaud. Il y a eu des moments où on se disait que ça allait être plus compliqué que la normale. Julian ne montrait aucune faiblesse, Thibaut (Pinot) avait l'air super fort. Il fallait fatiguer Julian pour qu'il décroche. Et en même temps roulait de manière défensive avec Thibaut Pinot. Il fallait être patient, ne pas se jeter trop tôt dans la bataille. C'est l'expérience qui fait qu'on a gagné. On espère qu'Egan est là pour longtemps. Ce qui est incroyable, c'est de se dire qu'il n'a que 22 ans. Il est encore un gamin et il a une maturité incroyable. Il me débriefait ce matin dans le bus, il me disait ce qu'il aimerait changer l'an prochain. J'avais envie de lui dire 'on verra plus tard pour l'année prochaine. C'est juste incroyable. »

Marc Madiot (Groupama-FDJ) - Manager

« Ce qui compte pour moi, ce sont les projections vers 2020, 2021 ou 2022. Il n'y a pas d'année ou jamais. Quand on a mis le pied dans la porte et qu'on ne la laisse pas se refermer, tout est possible. A partir de l'année prochaine, on va rentrer dans un nouveau match. Oui, Ineos est fort et a de gros moyens. Oui, ils ont de grands coureurs. Mais ils n'ont pas la même façon d'aborder le sujet Tour de France que nous. Eux l'abordent avec un certain machiavélisme, des certitudes robotisées. Nous, on arrive avec de l'enthousiasme, une âme, de l'espérance, un destin. Et on se met à y croire. Et quand on croit à quelque chose, c'est parfois plus fort que ce que peuvent déterminer les ordinateurs. Parce que le mental, on s'en rend compte, peut jouer un rôle déterminant. Aujourd'hui, on a compris qu'ils n'étaient peut-être pas plus forts que nous. Le seul qui a largué Bernal à la pédale, c'est Pinot. Il faut que cela rentre bien dans le crâne de Bernal pendant une année. Et on sera sur la ligne de départ l'année prochaine. »

Vincent Lavenu (AG2R La Mondiale) - Manager

« Ce Tour se termine bien après un début laborieux. On n'a jamais douté malgré des passages compliqués qui ont été très bien gérés par Romain (Bardet), par l'équipe et par le staff. Monter sur le podium avec le maillot à pois, c'est une belle récompense, c'est un maillot que nous n'avions jamais gagné jusque-là. Même s'il n'y a pas de victoire d'étape ni de podium final, on termine sur une note très positive. Il y aura tout de même une remise en question. Un gros boulot avait été effectué mais ça n'a pas marché comme on voulait donc il faut remettre les choses à plat, sereinement, après le Tour de France. Il n'est pas question de tout remettre en cause, dans le passé notre travail avait déjà porté ses fruits. Il n'y a pas tout à bouleverser et dans le parcours d'un champion, il y a forcément des hauts et des bas. Il faudra simplement analyser tout ça et parler sereinement de l'avenir. D'ailleurs, le lendemain du Tour c'est toujours compliqué. Tu n'as pas un syndrome dépressif mais un gros retour à la réalité. Je donne car je reçois beaucoup. Sans public, ce ne serait pas pareil. »

Jean-René Bernaudeau (Total-Direct Energie) - Manager

« C'était un Tour exigeant, on le savait au départ. On a une équipe qui a été pour la première depuis 20 ans à la chasse aux points pour la hiérarchie mondiale, c'est vrai qu'on est peut-être arrivés un peu émoussés, c'est un début d'explication. Malgré tout, l'équipe est première en deuxième division, c'est un bon résultat, et ce Tour nous laisse un peu sur notre faim. Il n'y avait pas de place pour les gens qui n'avaient pas 100% de fraîcheur. C'est bon pour vélo, on a eu un grand Alaphilippe, un grand Pinot, un Bardet qui va chercher le maillot à pois. Globalement les Français sont heureux de ce Tour de France, et si les gens sont heureux, nous ça nous rend aussi heureux parce que c'est un sport qui va mieux. Total Direct Energie en World Tour l'an prochain ? C'est l'UCI qui doit nous répondre. Il est évident que si l'équipe Katusha confirmait son arrêt, nous nous retrouvons 18eme. Mais aujourd'hui, je ne peux pas donner de réponse. Le programme international s'étoffe et nous avons l'obligation d'y penser rapidement.»

Cédric Vasseur (Cofidis) - Manager

« On peut dire qu'Egan Bernal est un vainqueur logique, parce que lorsque l'on regarde son parcours on s'aperçoit qu'il progresse régulièrement. Cette année déjà sur Paris-Nice il avait montré toute l'ampleur de son talent. L'année dernière, on n'avait pas vraiment pu cerner ses capacités parce qu'il s'était mis au service de ses leaders, Geraint Thomas et Chris Froome. Je crois que cette année l'opportunité pour lui s'est présentée d'aller chercher le maillot jaune. Il n'a pas faibli, il avait une grosse pancarte dans le dos au départ du Tour de France, c'était le grand favori. Il s'affirme à 22 ans comme un futur grand du Tour de France parce que lorsque l'on gagne son premier Tour de France à 22 ans cela présage beaucoup de victoires derrière. »

Flor Gomez - Mère d'Egan Bernal

« C'est le plus beau jour de ma vie, une journée incroyable et inoubliable. J'ai toujours eu confiance en lui. Il s'est toujours montré volontaire, Egan obtient toujours ce qu'il veut. Il n'y a pas de mots pour décrire mes sentiments. Si on ne l'a pas vécu, on ne peut pas l'imaginer. »

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