Sky : Froome voit une étude aller dans son sens

Sky : Froome voit une étude aller dans son sens©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le lundi 07 mai 2018 à 16h15

Visé par l'UCI suite à un contrôle « anormal » au salbutamol, Chris Froome a vu un laboratoire néerlandais ayant publié son étude dans une publication britannique apporter de l'eau à son moulin.

Actuellement présent sur les routes du Tour d'Italie avec sa formation Sky, Chris Froome reste sous le coup d'une procédure à l'UCI suite à un contrôle considéré comme « anormal » au salbutamol au cours du dernier Tour d'Espagne qu'il a remporté. S'il risque jusqu'à deux ans de suspension, le quadruple vainqueur du Tour de France a reçu un soutien de poids dans sa lutte pour convaincre les autorités du cyclisme qu'il n'a pas utilisé sa ventoline de manière excessive en août dernier. Une étude a, en effet, été publiée la semaine passée dans le revue British Journal of Clinical Pharmacology dont le titre est très clair : « La futilité des contrôles antidopage urinaire actuels concernant le salbutamol ». Lors de la Vuelta 2017, Chris Froome a été contrôle avec un niveau de salbutamol dans les urines de 2 000 ng/ml, soit le double de la mesure tolérée par l'Agence Mondiale Antidopage.

La limite actuelle remise en cause

Cette étude a été réalisée par le Centre pour la Recherche sur les médicaments, basé au Pays-Bas, et menée par Jules Heuberger, qui a récemment étudié le cas de l'EPO et avancé que cette substance controversée n'avait pas d'influence notable sur les performances. En utilisant la quantité de salbutamol autorisée par l'Agence Mondiale Antidopage, cette étude assure de 15,4% des simulations ont montré une concentration de salbutamol dans les urines supérieure à la norme de l'AMA qui est de 1 000 ng/ml, un cas similaire à celui de Chris Froome dont les échantillons prélevés sur la Vuelta montraient une concentration revue et corrigée suite à la prise en compte du facteur de déshydratation, un élément ajouté récemment au protocole de l'AMA, à 1 429 ng/ml. Les conclusions de cette étude vont dans le sens de la défense de Chris Froome, qui ne cesse de clamer qu'il n'a jamais dépassé les doses maximales autorisées par les règlements quant à l'utilisation de ventoline pour soigner les crises d'asthme dont il est victime depuis l'enfance.

L'AMA ne compte pas revenir en arrière

Cette étude a été mise en avant de lundi par le quotidien britannique The Times dans le cadre d'une enquête durant laquelle les spécialistes de l'Agence Mondiale Antidopage ont pu donner leur point de vue sur les conclusions de cette étude. « J'ai lu l'article auquel vous faites référence et, non, cela ne m'inquiête pas du tout, directeur scientifique de l'AMA. Il n'y a rien de nouveau là-dedans car leur modèle est basé sur trois études renommées. » L'AMA, par la voix de ce dernier, prend bien en compte les résultats de cette étude mais ne compte pas revenir en arrière concernant la définition de la limite liée au salbutamol. « L'Agence Mondiale Antidopage a mené diverses études et continue de le faire. Nous sommes convaincus que la limite actuelle est solide quand on prend en compte tout ce qui a pu être publié concernant le salbutamol au cours des 20 dernières années, assure le directeur scientifique de l'AMA. En nous basant sur les informations publiées ou non que nous avons en notre possession, nous ne voyons aucune raison de modifier la limite actuellement fixée concernant le salbutamol. » Si Chris Froome compte se baser sur cette étude pour solidifier sa défense, ça pourrait ne pas suffire à convaincre l'UCI de sa bonne foi.

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