Qui est Pantano, contrôlé positif à l'EPO ?

Qui est Pantano, contrôlé positif à l'EPO ?©Media365
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Joseph RUIZ, publié le mardi 16 avril 2019 à 17h23

Révélé aux yeux du monde le 17 juillet 2016 à Culoz en remportant une étape du Tour de France, Jarlinson Pantano a porté sur ses épaules la réputation d'un grand espoir en Colombie. Incapable de confirmer, il a coulé et a fini par tricher en recourant à l'EPO. Il voulait être « un modèle » pour les enfants de sa fondation, il sera un mauvais exemple.

Il était élégant, longiligne, tourné vers l'offensive, symbole d'une Colombie excitante. Il sera dopé, oublié, traître. Jarlinson Pantano a mis une gifle monumentale au cyclisme, à ses observateurs, à ses pratiquants. Le coureur de 30 ans vient d'être suspendu par l'Union Cycliste Internationale et son équipe Trak-Segafredo pour avoir eu recours à l'EPO. Au moment même où ces trois lettres semblaient enfin disparaître, il les a réécrites au marqueur en plein milieu de toutes les affiches de courses.

A Culoz, un talent était né

Le choc est puissant. Sourire collé aux lèvres, dents toujours en évidence, Jarlison Pantano était le gendre idéal. Comme Nairo Quintana, il fait partie d'une génération nouvelle venant de Colombie après 2010. Avec cette vague est né l'espoir d'un cyclisme nouveau, propre, pas nécessairement ennuyeux. L'homme de Cali quitte la Colombia - Coldeportes, pour rejoindre IAM. Sous le maillot de l'équipe suisse désormais dissoute, il triomphe à Culoz après un numéro génial. C'était la naissance d'un nouveau talent. Grimpeur né, rouleur passable, l'avenir lui tend les bras à 25 ans. Avec sa notoriété, il fonde la Fondation Jarlinson Pantano, venant en aide aux enfants de Cali, d'où il vient, à concrétiser leurs aspirations dans le cyclisme.


Pantano touche le fond

Trek-Segrafredo l'attire, une aventure commence pour lui comme équipier d'Alberto Contador et Bauke Mollema. En 2017, il n'est jamais avare d'efforts pour ses leaders, jamais non plus totalement utile. Quand Alberto Contador se retire, Bauke Mollema montre des signes de faiblesse comme leader, mais Jarlinson Pantano ne semble pas avoir les épaules ni les jambes pour autant de responsabilités. Le costume est trop grand, il se noie. Sur le Tour de Pologne en août dernier, le Colombien abandonne, vide. C'est l'incompréhension. "Je ne sais pas ce qui se passe, confesse-t-il. Je m'entraîne de la même manière que toujours en hauteur. Les résultats ne sont plus les mêmes qu'avant. Il n'y a pas d'explication. Mon quart d'heure de gloire était peut-être terminé".

Le dopage comme dernier recours

Le temps passe, l'été 2018 lui amène une lueur d'espoir, une explication à ses maux. Dans la presse, il assure avoir été atteint d'une bactérie, la toxoplasmose. Alors il l'annonce : « Je reviendrai plus fort ». Il le fera pour son fils de huit ans et pour son bébé né en novembre. Malgré des résultats loin des attentes, son équipe lui offre une prolongation de contrat jusqu'en 2020. L'impatience le pousse vers l'EPO. L'antidopage l'attrape. Il ne verra ni le Tour d'Italie, ni le Tour de France. Lui qui voulait tant montrer la voix aux enfants de sa fondation, laisse un gout amer dans la gorge de fans qu'il avait fait rêver à Culoz. Cette victoire est désormais un fade souvenir.

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