Miguel Martinez reprend sa carrière !

Miguel Martinez reprend sa carrière !©Media365
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Aurélien CANOT, publié le samedi 13 juin 2020 à 22h32

Douze ans après s'être retiré du peloton, Miguel Martinez a décidé de reprendre sa carrière professionnelle à 44 ans. Un sacré pari pour le champion olympique de VTT en 2000.

Revoilà Miguel Martinez ! A 44 ans, le champion olympique de VTT en 2000 aux Jeux de Sidney va tenter le pari très osé de reprendre sa carrière sur route, douze ans après avoir raccroché. Le Bourguignon a expliqué les raisons qui l'ont poussé à relever ce challenge assez dingue à nos confrères de cyclismactu. Et sans surprise, Martinez avoue que le confinement n'y est pas étranger. « Je prenais mon vélo pour apporter de la nourriture aux personnes âgées, je cumulais les kilomètres, j'en faisais presque cent par jour. L'idée m'est donc revenue de faire de la route, dans un premier temps en amateur. Mais après, je me suis dit que je pouvais appeler l'équipe Amore & Vita, sachant que c'était la seule qui pouvait me prendre, le reste ce n'était pas la peine vu mon âge. » Un retour en arrière au sens propre comme au figuré donc pour l'ancien vététiste et cyclocrossman, qui va retrouver l'une de ses anciennes formations : Amore & Vita. « Je vais repasser pro dans une équipe continentale, au sein du Team Amore & Vita, qui est basé en Italie mais qui est sous licence lituanienne. J'étais déjà avec eux en 2008 où j'avais remporté une étape sur le Tour de Beauce. »

Martinez : « On m'a dit que j'avais trente ans »

L'un des rares coups d'éclat sur route de celui qui s'est essentiellement fait un nom en VTT et dans la boue, le vélo de cyclo-cross sur l'épaule. Martinez a bien participé au Tour de France l'année de son passage chez Mapei, en 2002. Son unique participation. Il avait terminé 44eme. Quarante-quatre, comme l'âge auquel le natif de Fourchambault (Nièvre) a donc décidé de relever cet incroyable pari de reprendre du service. Conscient qu'il a plus de chances de se rater que de réussir un come-back gagnant, mais cela ne lui fait pas peur, d'autant qu'il est certain d'avoir encore les jambes. Davide Rebellin l'a bien fait à 48 ans, lui, rappelle sans cesse Martinez... « Mentalement, ça fait déjà plusieurs années que je suis en attente de faire du haut niveau, donc je suis prêt et je suis frais, assure le revenant pour cyclismactu.net. Physiquement aussi, j'ai fait des tests et on m'a dit que j'avais 30 ans (sic) (...) J'avais un goût d'inachevé, et là, au moins, j'ai une dernière chance. Le coronavirus m'a fait relativiser encore plus la vie, et je me suis dit que si j'avais une opportunité... (...) Je suis sûr que je vais prendre beaucoup de plaisir, ça va être génial. » Avec toutefois pas mal de points d'interrogation, notamment en ce qui concerne son endurance et sa capacité à répéter les efforts à un âge où beaucoup de ses confrères ont déjà entamé leur reconversion.

Le Tour du Portugal, la Chine et le Championnat de France...

« C'est un sacré challenge, je m'entraîne hyper dur depuis deux mois, j'enchaîne les kilomètres, les intensités, et pour l'instant les sensations reviennent. Après, est-ce que je suis capable de tenir sur plusieurs jours, je n'en ai aucune idée, mais je me lance ce défi. Et je me dis que je n'ai plus rien à perdre, on me donne ma chance, donc je vais essayer. » Et puis si cela ne fonctionne pas, ce coureur de poche (1,64 m) mais à la détermination sans faille pourra toujours enfiler le costume de manager. Le plus tard sera le mieux, évidemment. En tout cas, il a tout prévu déjà. « Pendant le confinement, j'ai apporté un projet : dans un premier temps revenir à haut niveau, et dans un deuxième temps, si les choses ne vont pas, si je n'arrive pas à aider mon leader, parce que je ne serai pas leader, ce serait passer directeur sportif. Quoiqu'il arrive, j'ai besoin de rouvrir cette porte pour voir un petit peu le mode de fonctionnement chez les pros, pour rester dans le milieu, parce que c'est toute ma vie, c'est une passion. » Et en vrai passionné, il a déjà tout son programme en tête : « D'abord le Tour du Portugal en juillet, puis une course en Chine si j'ai du temps, et aussi le Championnat de France à Plumelec, s'il a lieu bien sûr. » En revanche, le médaillé d'or du cross-country de Sidney n'envisage plus de jouer carte aux Jeux. « Je n'ai pas du tout d'objectif olympique, je laisse ça aux jeunes. »

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