Madiot : "Si on commence à changer les mecs en cours de route, c'est mort"

Madiot : "Si on commence à changer les mecs en cours de route, c'est mort" ©Icon Sport, Media365
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Thomas Siniecki, Media365 : publié le mardi 06 février 2024 à 17h56

Le patron de Groupama - FDJ n'est pas du tout favorable aux remplacements durant les grands Tours, en cas d'abandon.

Eusebio Unzué, le manager de l'équipe Movistar, s'est exprimé en faveur de potentiels remplacements durant les grands Tours : "Sur le Tour de France l'an dernier, on a perdu notre leader Enric Mas dès le premier jour sur une chute. Pourquoi ne pourrait-on pas le remplacer, au moins pendant la première semaine, et ainsi continuer avec huit coureurs ? Les règles doivent être plus humaines et moins brutales, il faut mieux protéger la santé des joueurs." Le dirigeant espagnol s'appuie sur l'histoire du football, où aucun remplacement n'était possible pendant longtemps, le règlement n'ayant évolué qu'en 1967 pour un changement autorisé, puis en 1976 pour un deuxième et en 1995 pour un troisième (et désormais cinq depuis 2022) - les exemples d'iniquité sont nombreux, comme cette demi-finale du Mondial 1958 où les Bleus ont dû jouer quasiment tout le match à dix face au Brésil, après la grave et rapide blessure de leur capitaine Roger Marche (jambe cassée) dès la demi-heure de jeu, il y avait alors 1-1 et l'équipe de France s'était finalement inclinée 5-2 après un triplé de Pelé.

"On n'est pas le football, on est le vélo. Quand on est fatigués, on se repose"

Marc Madiot est vent debout contre cette idée, lui répondant très vite par l'intermédiaire de nos confrères de Ouest-France : "Je le connais un peu, il a envie de polémiquer mais je ne suis pas certain qu'il le pense vraiment. On n'est pas le football, on est le vélo. Quand on est fatigués, on se repose. On est tous sur une même ligne de départ, et ceux qui survivent sont sur la ligne d'arrivée. Si on commence à changer les mecs en cours de route, c'est mort, ce n'est plus l'ADN de la course. Notre sport a ses particularités et s'est construit pendant un siècle, on ne touche pas à l'ADN !"

Son homologue de Movistar réclamerait au moins la possibilité de ne pas abandonner le jour même en cas de blessure trop importante : "Le coureur doit souffrir parfois comme une bête pour rallier l'arrivée et avoir le droit de repartir le lendemain. Pourquoi ne pas lui permettre de monter dans une voiture ou une ambulance pour se faire examiner, et repartir le lendemain s'il n'a rien de cassé ?" Là encore, c'est effectivement l'ADN du cyclisme qui serait chamboulé.

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