Israel-Premier Tech : La réforme de l'UCI World Tour rejetée par Sylvan Adams, qui se dit prêt au combat

Israel-Premier Tech : La réforme de l'UCI World Tour rejetée par Sylvan Adams, qui se dit prêt au combat©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, Media365, publié le lundi 12 septembre 2022 à 20h00

Son équipe Israel-Premier Tech étant sous la menace d'une relégation en fin de saison, Sylvan Adams a dit tout le mal qu'il pensait de ce système et n'hésite pas à agiter des menaces contre l'UCI et le Tour de France.



Le cyclisme professionnel est proche d'une révolution. A l'issue de la saison 2022, l'UCI World Tour sera réduit aux 18 meilleures équipes sur les trois dernières années et plusieurs formations sont menacées de relégation. L'une d'entre-elles est l'équipe Israel-Premier Tech, qui a intégré le plus haut niveau à la suite du rachat de la licence précédemment détenue par la formation russe Katusha. Son propriétaire, l'homme d'affaire israélo-canadien Sylvan Adams n'a pas caché son aversion pour le système de promotion et de relégation mis en place par l'UCI dans un entretien accordé au site spécialisé britannique Cyclingnews en amont du Grand Prix de Montréal, disputé ce dimanche et remporté par Tadej Pogacar. « J'appelle ça un système bâtard qui ne fonctionne pas. C'est un système bâtard qui détruit les équipes, qui détruit le sport, a-t-il affirmé. Comme l'a dit Jonathan Vaughters, une relégation est synonyme de mort. Qu'importe les équipes qui finissent reléguées, ce sera un désastre car c'est un problème existentiel. Pourquoi détruire au lieu de construire ? » Confiant ne pas voir « ce qu'on a à gagner avec ce système », Sylvan Adams appelle à un changement de dernière minute.

Adams : « Un système bâtard qui ne fonctionne pas »

Alors que l'UCI a récemment démenti la rumeur d'un élargissement du World Tour à 20 équipes en 2023, Sylvan Adams a repris à son compte cette idée et appelle même à mettre en place un système sans aucune menace de relégation. « Pourquoi ne pas mettre en place une structure génératrice de valeur ? Combien peut valoir une licence World Tour si elle n'est valable que trois ans et est sujette à relégation ? Je le sais mieux que quiconque, a déclaré l'hommes d'affaires. Ça vaut absolument rien car j'ai payé un dollar à Igor Makarov pour la licence World Tour de son équipe. » Il propose ainsi de mettre en place un « cercle vertueux » avec des licences perpétuelles génératrices de valeurs. Toutefois, l'opposition de l'UCI mais également... de l'organisateur du Tour de France pourrait bloquer tout changement. « Je suis conscient que l'UCI et ASO affirment que cela ne respecte pas le modèle européen concernant le sport mais ils sont dans l'erreur, ajoute Sylvan Adams. Le cyclisme professionnel ne peut pas être comparé au football ou à un autre sport. C'est pour cela que mettre en place un système similaire en fait un système bâtard qui ne fonctionne pas. »

Adams : « Je lancerai un Tour de France parallèle »

S'il s'y refuse pour le moment, l'homme d'affaires israélo-canadien brandit la menace d'un retrait du cyclisme si sa formation devait quitter l'élite. « Si j'affirme que je ne continue pas, je reviendrai jamais, c'est certain », a-t-il affirmé. Clamant haut et fort que « personne sur cette planète investit plus d'argent dans le cyclisme » que lui, Sylvan Adams met en avant ses projets mais également sa volonté d'inclure une équipe World Tour féminine à sa structure dès 2023. « On construit le sport ici et eux, qu'est-ce qu'ils font ? Ils le détruisent », ajoute-t-il. Mais, au-delà de la menace d'un retrait, Sylvan Adams est prêt à contester la potentielle relégation de son équipe. « Si je perds et que l'équipe est reléguée, je vais les attaquer en justice et aller jusqu'au TAS », a-t-il affirmé avant de s'en prendre à Amaury Sport Organisation, dont l'UCI aurait « peur ». « Qu'ils disent une fois qu'on ne peut pas participer à leur course et je lancerai un Tour de France parallèle, lance-t-il. J'aurai toutes les équipes World Tour qui y participeront et je ferai un profit de 100 millions d'euros par an. » Sylvan Adams assure toutefois qu'« on peut avoir 20 équipes dans le World Tour et 23 équipes sur le Tour de France sans aucun problème » et appelle l'UCI à réagir pour construire au lieu de détruire.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.