Dopage : Les aveux de Marion Sicot

Dopage : Les aveux de Marion Sicot©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le dimanche 08 mars 2020 à 09h29

Dans un entretien accordé à l'émission Stade 2, la cycliste française Marion Sicot a avoué avoir consommé de l'EPO, elle qui a été contrôlée positive lors des derniers championnats de France.



Marion Sicot a décidé de ne plus se cacher. Alors que sa carrière de cycliste professionnelle a été mise entre parenthèses depuis son contrôle positif à l'EPO à la suite du contre-la-montre des championnats de France sur route disputés en juin dernier, l'Orléanaise a décidé de passer aux aveux. Elle qui a jusqu'ici nié tout recours à des produits dopants a fait un virage à 180 degrés et, à l'occasion d'un long entretien accordé à l'émission Stade 2, a avoué avoir consommé de l'EPO commandée sur internet via un site chinois afin d'améliorer ses performances. « J'ai dérapé », a confessé celle qui assure « avoir beaucoup hésité » à se « salir ». « J'ai essayé de me protéger en mentant, ajoute Marion Sicot. Mais une fois que tu dis la vérité, tu vas beaucoup mieux, tu arrives à mieux dormir et à te lever le matin en étant un peu plus fière de ce que tu as fait. »

Sicot : « Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? «

Une décision lourde de conséquences dont elle a également expliqué le contexte. Marion Sicot a, en effet, confié des difficultés relationnelles avec son directeur sportif au sein de la formation belge Doltcini-Van Eyck Sport. Elle a également affirmé que, afin de renouveler son contrat pour la saison 2019, ses dirigeants lui avait demandé de vendre deux vélos d'une valeur de 1 250 euros chacun. « Si j'arrive à obtenir une performance, mon directeur sportif m'accordera autant d'importance que les autres filles et me laissera tranquille avec cet acharnement », a assuré la native d'Orléans qui a mis en avant les dérives du comportement de son directeur sportif. « Je ne marche pas, il est déçu de m'avoir gardée dans l'équipe, je vais avoir les roues les plus merdiques, je vais faire l'assistante pour aller chercher les filles au train, confie Marion Sicot qui a ajouté avoir été critiquée pour son poids. Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? » Des dérives qui ont poussé la cycliste à améliorer ses performances par tous les moyens, même illicites.


Sicot : « Ce n'était pas la vraie Marion qui a fait ça »

Un entretien qui a également permis de mettre en lumière le traitement infligé à Marion Sicot à la fin de l'année 2018 au sein de son équipe belge. Dans le but de contrôler son poids, la Française a dû se prendre en photo en sous-vêtements tous les lundis matin et transmettre ces clichés à son directeur sportif. « Il me dit qu'il les efface après, mais, ça, je ne peux pas le savoir », a confié la Française qui a admis s'être plié à ce rituel « pour pouvoir participer aux courses ». Un traitement qui, elle l'assure, lui a fait perdre « la passion du vélo » et qui l'a « dégoûtée du haut niveau ». Toutefois, elle espère que ces explications lui permettront d'avoir une peine allégée, elle qui risque deux ans de suspension. « Je mérite d'avoir une sanction mais j'aimerais avoir une peine allégée en raison des circonstances avec mon directeur sportif, ajoute Marion Sicot. Ce n'était pas la vraie Marion qui a fait ça. » Un dossier qui est dans les mains des autorités sportives mais cet écart de conduite pourrait marquer au fer rouge la carrière de la Française.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.