Championnats d'Europe : Cavagna, l'amoureux de la solitude et grande chance française

Championnats d'Europe : Cavagna, l'amoureux de la solitude et grande chance française©Panoramic, Media365

Emmanuel LANGELLIER, Media365 : publié le jeudi 09 septembre 2021 à 12h46

Le Français Rémi Cavagna est l'un des principaux favoris du contre-la-montre individuel aux Championnats d'Europe de Trente.



Après la quatrième place sur le contre-la-montre par équipes mixtes, la France espère un sacre tricolore jeudi sur les Championnats d'Europe. A Trente, le contre-la-montre individuel masculin se déroulera dans l'après-midi sur 22,4 kilomètres après l'épreuve féminine en matinée. Sur ses terres, l'Italien Filippo Ganna sera favori. Tadej Pogacar, le double lauréat en titre du Tour de France, sera aussi l'un des postulants à la victoire comme le Belge Remco Evenepoel et un Français : Rémi Cavagna.

A 26 ans, il est champion de France de la discipline en 2020 et depuis sa troisième place au dernier contre-la-montre du Tour d'Espagne en 2019, Cavagna est en pleine ascension. En 2021, le Français c'est deux victoires et trois deuxièmes places. Ses progrès pourraient le conduire à la consécration en Italie après les déceptions traversées aux Championnats de France (il avait fini 23eme) et aux Jeux Olympiques (17eme).

Cavagna : « S'il fallait faire 50 bornes seul devant, je les faisais »

Cavagna est devenu le meilleur coureur français sur le contre-la-montre. « Avant de débuter le cyclisme, à 15 ans, j'avais fait beaucoup de course à pied, un peu de VTT, et je ne savais pas trop rouler en peloton. Au pôle Espoirs de Riom (en seconde), on devait se placer à deux de front à l'entraînement mais moi, j'étais toujours derrière, ou alors je partais devant. Je n'avais pas cette notion de protection, se mettre à l'abri du vent. On était aussi un peu foufous. C'était à celui qui roulait le plus vite et comme c'était ma force, je sortais, les copains essayaient de me rattraper et j'accélérais. Mes premières courses, c'était "un, deux, trois, partez !" et je partais littéralement. S'il fallait faire 50 bornes seul devant, je les faisais. Cela ne marchait pas souvent mais cela a forgé ma façon de courir », raconte dans L'Equipe le Français pour expliquer d'où vient sa force.

« Quand je suis à l'offensive, je préfère être tout seul pour doser mon effort comme je veux »

Le cycliste tricolore apprécie donc la solitude. « Oui, cela me correspond plutôt, acquiesce-t-il. Je m'entraîne très souvent seul et le chrono, c'est ça, c'est être seul, sans abri, contre le temps. Je crois que je me sens mieux tout seul devant car j'arrive facilement à trouver un rythme alors que dans un peloton, il y a beaucoup de coups de frein, d'accélérations. Sortir de là, cela permet de lisser son effort, de garder son allure. Quand je suis à l'offensive, c'est vrai, je préfère être tout seul pour doser mon effort comme je veux. »

Jeudi, il visera la victoire lors d'un parcours qu'il a reconnu trois fois en compagnie du sélectionneur Thomas Voeckler. « C'est lui qui sera dans la voiture derrière moi, comme l'an dernier. J'avais terminé deuxième ! », lâché Cavagna qui reconnait un souci de « gestion de l'attente, du temps qui me sépare de l'épreuve » aux Championnats de France et aux JO. « C'est dingue parce que, quand je suis sur une course par étapes, je ne pense pas au chrono à venir, j'enchaîne les journées, mes pensées sont occupées et il n'y a pas de moment où je reste planté à ressasser tout ça. Alors que les Championnats sont plus difficiles à aborder : dans les jours qui précèdent l'objectif, je me laisse un peu engloutir par mon cerveau... Il y a cet aspect mental mais aussi une problématique physique », avance le Français.

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