Alaphilippe subit un harcèlement "extrêmement violent" selon le syndicat des coureurs

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Thomas Siniecki, Media365 : publié le mercredi 21 février 2024 à 18h48

Pascal Chanteur, le patron de l'UNPC (Union nationale des cyclistes professionnels), tente de rappeler Patrick Lefevere à l'ordre.

L'affaire Julian Alaphilippe, puisqu'il convient désormais de l'appeler ainsi, prend de plus en plus d'ampleur. La saillie de son patron Patrick Lefevere (Soudal - Quick Step), une de plus, a fait réagir sa compagne Marion Rousse citée comme source de déconcentration par le dirigeant belge. Et Pascal Chanteur, le président du syndicat des coureurs français (UNPC, l'Union nationale des cyclistes professionnels), évoque directement un "harcèlement" (pour L'Equipe) : "C'est déplorable qu'un employeur puisse avoir de tels propos à l'encontre d'un de ses salariés. Ce genre de choses se passerait dans une entreprise lambda, le salarié serait en droit d'aller déposer plainte. S'il venait à nous missionner, il est clair qu'on mettra tout en œuvre pour faire valoir les droits de l'athlète."

Chanteur  : "Lorsque Lefevere parle de la fête et de l'alcool, c'est tendancieux"

Pour l'ancien coureur, les propos et l'attitude de Patrick Lefevere sont totalement déplacés, d'autant qu'ils relèvent des domaines privé et familial. "Ensuite, il y a l'aspect médical. Lorsqu'il parle de la fête et de l'alcool, c'est tendancieux, ça peut être lié à un problème d'ordre médical. Et ça, une seule personne peut en parler, c'est l'intéressé lui-même. Pas le médecin de l'équipe, pas son employeur. Si M. Lefevere avait mis en exergue un tel problème avec le médecin de l'équipe, il aurait dû mettre en place un process autour de Julian Alaphilippe avec la médecine du travail. Donc je déplore totalement tout ça, cette mise en cause par médias interposés de l'attitude d'un de ses employés, que ce soit Julian Alaphilippe ou un mécanicien ou n'importe qui."

Pascal Chanteur appelle Patrick Lefevere à mettre en place des blâmes officiels au sein de son équipe, comme dans n'importe quelle entreprise, s'il estime réellement qu'il y a faute. Il appelle à une véritable discussion entre les deux parties et souligne aussi que le sport n'est pas une science exacte. L'attitude du manager est donc potentiellement très grave, car les résultats sont par définition aléatoires. Selon lui, la dépression peut vite guetter et il espère que Julian Alaphilippe va être solide, car c'est "extrêmement violent" : "M. Lefevere était bien content quand il a prolongé son contrat, bien content quand il a accepté de diminuer son salaire durant le Covid alors qu'il était en droit de ne pas le faire. Mais tout ça, on l'oublie."

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