Thomas Siniecki, Media365 : publié le mardi 13 janvier 2026 à 11h17
Les watts, les datas, les parcours sur Strava... Un grand nombre de coureurs et fans de vélo connaissent ça par coeur, mais Julian Alaphilippe implore de ne pas oublier l'essence de leur passion.
Julian Alaphilippe regrette que le cyclisme, comme tous les sports, soit de plus en plus soumis aux statistiques, en l'occurrence aux données personnelles issues des capteurs et des différents programmes d'entraînement et de préparation. Il s'en est ému dans le podcast Sigma Sports Unplugged with Matt Stephens : "Parfois, je trouve ça un peu triste, parce que quand je parle avec certains coureurs, ils ne rêvent plus de gagner des courses. Ils sont juste contents d'avoir fait un bon test de cinq minutes, d'avoir de bons chiffres."
"Si vous restez assis à regarder les chiffres, sans même voir les arbres et le ciel, même gris, vous n'y prêtez plus attention"
S'il lui est de plus en plus difficile de gagner, l'âge avançant, le double champion du monde (2020 et 2021) n'en conserve pas moins un appétit à l'ancienne qui lui a encore permis de s'imposer à Québec au mois de septembre : "Je sais que j'ai encore un long chemin à parcourir avant d'être le meilleur. Je ne suis pas une machine. Mais je sais aussi que lorsque je suis en pleine forme et que je me sens bien, que je peux jouer avec mes jambes et mon instinct, je peux être dans la course."
A l'inverse, il insiste : il voit certains coureurs incapables de faire du vélo sans tous ces appareils électroniques. "Si vous restez assis à regarder les chiffres, le programme et l'ordinateur, sans même voir les arbres autour de vous et le ciel, même gris, vous n'y prêtez plus attention. Vous êtes absorbé par votre capteur de puissance. C'est un peu triste, et vous perdez le simple plaisir d'être cycliste." Une fraîcheur mentale qui devrait même intéresser au premier plan ces jeunes (ou moins jeunes) coureurs, puisque selon Julian Alaphilippe elle reste la base de la performance : "C'est dans la tête qu'on fait la différence, quand on rêve vraiment fort de quelque chose."














