Tronché : "Qui ira éteindre les incendies que Yoka incite à allumer ?"

Tronché : "Qui ira éteindre les incendies que Yoka incite à allumer ?"©Media365
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Thomas Siniecki : publié le mercredi 03 juin 2020 à 17h03

Tony Yoka a fait une correction au sujet de son tweet particulièrement violent, en réaction au décès de George Floyd et à la situation aux Etats-Unis. Raphaël Tronché a littéralement démonté son collègue, sans prendre de pincettes.



Tony Yoka a posté un message « Brûlez tout, niquez tout » en réaction au décès de George Floyd, avant de le retirer puis de publier une explication : « J'ai eu la rage, la haine. Je ne veux pas que cette situation se reproduise avec mes fils, sachant que je vis à 70% dans ce pays. Je me suis rendu compte que ma voix portait (...) Nous progressons, alors je prônerai désormais l'amour plutôt que la haine. La culture plutôt que l'ignorance, et l'unité plutôt que la division. Jamais je n'ai pointé du doigt la police (...) Je regrette seulement qu'au lieu de rassembler, mon message a divisé, alors que tout ce que je prône, c'est l'unité. »

« Il cite tout le temps Ali, mais il n'en a retenu que la couche superficielle »

L'ancien boxeur Raphaël Tronché n'avait pas supporté la première sortie et s'en est ému pour L'Equipe : « Qui ira éteindre les incendies que Yoka incite à allumer ? C'est lui qui ira réparer les arrêts de bus fracassés ? Lui qui ira calmer les jeunes des quartiers ? Ce sont tous ces valeureux gens de terrain qui iront réparer les pots cassés du fait du tweet de Yoka. (...) Il balance des trucs incendiaires du haut de sa médiatisation. Nous, on est dans les caves et on doit crier pour se faire entendre. Je fais un travail bénévole. J'essaie de faire passer des messages forts auprès des jeunes. (...) Son tweet va trouver écho chez des petits jeunes en train de se chercher. Ils sont pleins de colère car ils se sentent dans l'oubli et c'est la réalité, ils sont abandonnés. »


L'ex-champion de France des lourds insiste : « Yoka, il ira voir leurs mères pour leur annoncer qu'ils sont en détention, voire pire ? Il ira les voir au parloir ? Il paiera leurs frais d'avocat ? Moi j'ai mis en place un concept 'Boxe avec les mots', des dictées dans les quartiers. Les vainqueurs gagnent de l'argent. On se bat pour faire entrer l'instruction et la réflexion dans les cités. Et derrière, voilà un imbécile qui leur dit de 'tout niquer' (...) Yoka cite tout le temps Mohamed Ali, mais il n'en n'a retenu que la couche superficielle (...) Il guide des âmes en souffrance vers encore plus de souffrances. Dans ce cas, rejoins-les ! Va en première ligne ! Sois le premier à être menotté et incarcéré. Ma mère a passé sa vie dans les parloirs de prison. Là-bas, il n'y a pas de Yoka. » A priori, le message est passé.

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