Souleymane Cissokho : " L'objectif, c'est d'affronter des boxeurs qui tiennent la route "

Souleymane Cissokho : " L'objectif, c'est d'affronter des boxeurs qui tiennent la route "©Media365

Guillaume MARION, publié le mardi 07 août 2018 à 15h25

Présent à L'Atelier Renault, sur les Champs-Elysées, lors de la soirée de présentation des nouveaux maillots de Clermont (Top 14) organisée par Under Armour, son équipementier, Souleymane Cissokho a évoqué son début de carrière prometteur, ses prochaines échéances et la suspension de Tony Yoka.

Depuis les Jeux Olympiques en 2016, vous vous êtes imposés comme un des espoirs de la boxe, c'est une fierté ?

Je suis très content de ça, parce que ça montre que tôt ou tard le travail finit par payer. Aujourd'hui, il y a de plus en plus de monde qui vient me voir. J'ai un très gros soutien du public, et notamment du grand public. Ça me fait super plaisir car ça ne s'arrête pas qu'à la boxe, ça s'ouvre à tous les milieux et tous les âges.

Comment jugez-vous votre début de carrière chez les professionnels ?

Pour une première année, faire sept combats et grimper dans les classements, je suis très content de ça. Lors de mon dernier combat, je bats un ancien champion du monde, c'est une très belle performance. Ce genre de boxeur, d'ordinaire, tu les prends à plus d'une vingtaine de combats. Je n'ai pas encore dix combats que je prends déjà des mecs comme ça. Ça montre que je suis prêt, que je suis "bon'' sur le ring. Maintenant, il faut continuer à progresser et à grimper. Il faut que je continue dans cette lancée.

Certains disent que vous faites parties des dix meilleurs de votre catégorie, c'est ce que vous ressentez ?

Je me dis qu'il y a toujours des choses à travailler, je ne me dis pas que je fais partie des dix premiers. Si le grand public, et notamment mon promoteur, dit ça... Il connait bien la boxe, c'est lui qui a fait Floyd Mayweather, il connait énormément de champions. Donc, ça me rassure et ça montre que je ne suis pas loin des meilleurs de ma catégorie. Personnellement, je ne me dis pas ça et je veux continuer à progresser pour être vraiment le meilleur de ma catégorie.

"Viser un titre européen pour la fin de l'année"


Quels sont vos prochains objectifs cette année ?

Je vais essayer de faire le Championnat de France, c'est toujours bien. Derrière, on essaye de viser un titre européen pour la fin de l'année, ou quelque chose qui tourne autour de ça. On aimerait bien monter au moins au niveau européen.

Dans votre catégorie, quels adversaires vous rêvez d'affronter désormais ?

Pour être champion, je dois affronter tous les meilleurs. Les trois qui sont champions du monde, à savoir Jarrett Hurd (WBA), Jaime Munguia (WBO) et Jermell Charlo (WBC). C'est les trois meilleurs, c'est eux qu'on veut affronter. Pour être le meilleur, faut les battre !

Certains bruits évoqués de futurs combats aux Etats-Unis, c'est toujours le cas ?

J'ai déjà un combat prévu le 6 octobre à Paris, il y en aura qui seront prévus aux Etats-Unis. Pour le moment, j'attends de voir car il y a la suspension de Tony (Yoka). Beaucoup de choses se remettent sur place. Du coup, j'attends un peu mais ça va continuer et c'est le début pour moi d'une grande aventure.

"Tony va essayer de se défendre jusqu'au bout"


Justement, la suspension de Tony Yoka, ça change des choses dans votre carrière ?

Ça m'embête quand même. On a l'habitude de s'entraîner ensemble, de se tirer vers le haut ensemble, ou de galérer ensemble. C'est quelqu'un qui ne va pas lâcher l'entraînement. Maintenant, moi, ça ne change rien à ma carrière. J'ai toujours le même objectif et ça continuera pareil.

Vous allez quand même sortir de son ombre...

Ce n'est pas forcément ce que je recherche. A chaque combat que je finis, les journalistes viennent me dire "Souleymane, de plus en plus, vous sortez de l'ombre de Tony Yoka, on voit que le public vient vous voir, etc.'' Moi, je pense que Tony (Yoka) a une histoire, il a quelque chose à écrire. Moi aussi, j'ai mon histoire, j'ai quelque chose à écrire. Chacun écrira son histoire et le but étant le même : être champion du monde. Aujourd'hui, être mis en avant ou pas, ça ne change pas grand chose pour moi.

Pour autant, tu vas devenir la figure de proue de la boxe française, ça sera un poids supplémentaire ?

Je le vis bien et rien est fait encore, Tony (Yoka) va essayer de se défendre jusqu'au bout. Si ça devait arriver, ça ne changerait rien à ma personne. Je vais continuer de m'entraîner. Au contraire, faudra toujours continuer à tout donner et faire du beau spectacle.

"Réussir sportivement et dans les études"


Il y a eu des critiques sur les adversaires de Yoka. Vous, vous avez voulu frapper fort d'entrée ?

Quand je pars en camp d'entraînement, c'est super dur. Ce n'est pas évident. Notre corps à force d'encaisser autant, on y laisse des traces. Moi, je me dis que je m'entraîne super dur, t'es loin de chez toi aux Etats-Unis... Alors, pourquoi prendre des mecs avec qui tu ne vas pas forcément progresser ? Pour gagner au premier round et te faire un palmarès de 20 combats, 20 KO ? Non, l'objectif, c'est d'affronter des boxeurs qui tiennent la route et qui vont surtout me faire progresser. Ce qui est dommage avec beaucoup de boxeurs, c'est que certains se protègent et quand ils arrivent à un Championnat du monde, on se rend compte qu'ils n'ont pas forcément le niveau. Derrière, il y a un fossé qui se crée entre leur niveau et le niveau mondial.

A côté de ça, vous êtes en Master 2 en droit du sport à la Sorbonne. C'est pour déjà penser à l'après carrière ?

C'est en cours en effet. J'ai tout de suite été attiré par ce master. Après les Jeux Olympiques, j'ai eu énormément de propositions. Tu peux faire confiance à des avocats ou autres, mais je voulais être acteur de ma propre carrière. Je voulais connaitre les contrats, bien visualiser les choses. Ce master va m'aider à ça. J'essaye d'ouvrir mon académie de sport donc il me faut ça pour avoir des notions de droit, ou autres. Puis, on dit qu'un bon boxeur, c'est un boxeur intelligent... Ça montre aussi qu'on peut réussir sportivement et dans les études. C'est ce que j'essaye de véhiculer autour de moi et aux plus jeunes.

Il y a également votre partenariat avec Under Armour, c'est important pour vous ?

C'est une aventure humaine, c'est une marque jeune et innovante. J'ai débuté avec eux, j'étais rien du tout. J'étais juste champion de France en boxe amateur, je n'étais même pas encore qualifié pour les Jeux Olympiques. Ils ont cru en moi et ça a super bien marché. Forcément, ça aide dans une carrière de sportif. Surtout qu'il n'y a pas beaucoup de boxeurs qui sont sponsorisés.

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