N'Dam : "Refaire un Championnat du monde !"

N'Dam : "Refaire un Championnat du monde !"©Media365
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Aurélien CANOT, Media365, publié le jeudi 08 juillet 2021 à 19h04

Vainqueur le week-end dernier à Calvi du Hongrois Gorbics pour son retour sur le ring deux ans après sa défaite contre Chudinov, Hassan N'Dam (37 ans), pas du tout retraité contrairement à ce que beaucoup pensent ni reconverti totalement dans le MMA encore, rêve de disputer un dernier Championnat du monde contre l'Américain Jermell Charlo pour pouvoir sortir par la grande porte. En attendant, il reste un boxeur affamé et qui décidera seul du moment où il raccrochera les gants.


Hassan N'Dam, on vous attendait dans une cage de MMA. Finalement, vous avez pris tout le monde à contre-pied en rejaillissant sur un ring de boxe. Racontez-nous...
Je devais aller en MMA bien entendu après ma carrière, mais la crise sanitaire ne m'a pas donné le choix. J'ai reçu une rupture de contrat à cause de la crise sanitaire. Et quand j'ai reçu un coup de fil pour m'apprendre qu'un combat de boxe allait être organisé, je me suis remis à fond dans la boxe pour préparer ce combat et revenir au top.

Contrairement à ce que l'on a pu lire, ce n'est donc pas vous qui êtes revenu sur votre décision concernant le MMA ?
Non, pas du tout. Je suis toujours dans le MMA, je travaille actuellement avec un organisme à Nice et on va peut-être prendre d'autres chemins, sûrement à Abu Dhabi, ou bien en Arabie Saoudite ou aux Émirats Arabes Unis. Nous sommes en train de voir sur quelle piste me lancer, mais la boxe a pris les devants, et c'est pour ça que l'on me voit aujourd'hui sur un ring de boxe, plus vite que sur une cage de MMA, mais je n'avais pas non plus arrêté la boxe à cent pour cent.

Doit-on s'attendre à vous revoir souvent sur un ring ou n'étais-ce qu'un one shot ?
On devait toujours me retrouver sur un ring de boxe. Je n'avais pas arrêté la boxe. Mais comme je n'avais pas eu l'opportunité pendant le Covid de pouvoir boxer, je m'étais lancé rapidement dans le MMA, mais on pourrait me revoir toujours sur le ring ou dans une cage dans les jours qui arrivent, selon les opportunités. Comme j'ai fait mon combat de rentrée, je sens qu'il y'a des choses qui bougent du côté de la boxe. On croyait que j'avais arrêté la boxe complètement, c'est pour ça que je n'avais pas eu de proposition de venir boxer, ni en Angleterre ni aux Etats-Unis, mais désormais, il y a des choses qui se proposent aux États-Unis, donc je vais bien entendu remonter sur le ring et pourquoi pas faire plus vite que possible mon dernier Championnat du monde.

Est-ce de nouveau votre objectif suprême, vous qui avez montré lors de votre dernier combat contre Gabor Gorbics que vous pouviez encore aspirer à de belles choses et étiez tout sauf en pré-retraite ?
Exactement. Je l'ai toujours dit : on m'a toujours enterré, mais c'est moi qui décide quand j'arrêterai la boxe et c'est moi qui décide de mes plans sur ce que je vais faire dans ma carrière et dans ma fin de carrière. Ce ne sont pas les gens qui vont me demander d'arrêter parce que j'ai 37 ans, je veux encore prouver qu'à 37 ans, je peux encore faire des choses comme quand j'avais 20 ans.

N'Dam : "Montrer aux gens que je suis encore là"

Peut-on rêver que vous disputiez ce dernier championnat du monde face à l'un des meilleurs boxeurs de la planète ? Ou estèce que cela risque d'être compliqué en termes de logistique, d'organisation et de temps ?
Pour l'instant, Ambitious Monaco, mon promoteur, a mis en place un concept, Chill Out, qui est complètement différent d'une promotion de boxe que l'on voit d'habitude aux États-Unis ou en Angleterre. Chill Out, c'est une organisation comme dans les grands pays comme Dubaï, ou comme à Calvi au bord de la plage (où s'est déroulé son combat contre Gorbics), c'est vraiment un "Chill", c'est à dire une certaine façon de prendre plaisir et de changer l'image de la boxe. Mais aujourd'hui, je ne compte pas sur Ambitious pour m'amener ou m'organiser des Championnats du monde. Je compte plutôt sur mon manager de me trouver les opportunités pour pouvoir boxer aux États-Unis et pouvoir me reclasser pour disputer un Championnat du monde.

Qu'est-ce que cela fait de boxer comme vous l'avez fait le week-end dernier dans le cadre de ce concept innovateur, en extérieur en bord de plage et dans une ambiance différente ?
Ça ne change pas grand chose, et ce parce que j'avais cette envie depuis un an et demi de remonter sur le ring. Au contraire, ça m'a plus aidé que ça soit nous qui organisions ce gala. Cela nous a permis de choisir l'adversité, qui n'était pas tellement compliquée mais qui était quand même une adversité d'expérience, parce que c'est quand même un gars qui a rencontré des gros boxeurs et qui a beaucoup d'expérience dans sa carrière. Ca a été quelque chose d'assez réussi, je trouve.

L'objectif, c'était aussi de renouer avec la victoire après votre défaite en 2019 contre Chudinov, et aussi votre tout dernier combat ?
Oui, c'est ça. J'ai fait deux combats en 2019, et j'ai eu deux défaites, donc le but était de renouer avec la victoire, de pouvoir repartir et regagner en confiance, et ça a été fait, donc l'objectif est réussi. Maintenant on pense à avancer et voir de nouvelles perspectives en boxe.

Au niveau du combat proprement dit, êtes-vous satisfait de votre prestation, de votre boxe ?
Je suis déjà content niveau physique. J'ai pu m'amuser et je sens aussi que je vais pouvoir faire plus que ça. Je pense vraiment que j'ai fait le travail qu'il fallait. Physiquement j'étais prêt. Techniquement, j'ai mis en place une stratégie sachant que je ne connaissais pas mon adversaire et qu'il fallait l'étudier sur le ring. J'ai mis en place le travail de mon direct du gauche qu'il fallait réactiver, parce que c'est ma force bien entendu. Je suis assez fier contre un roublard qui m'a pas laissé mettre en place ma boxe. J'ai aussi montré aux gens que j'avais une nouvelle façon de boxer, que je pouvais mettre la pression, comme je peux également reculer et garder mes jambes. C'est vraiment bon pour moi de me rassurer, et de savoir que tout va bien encore au niveau de ma boxe et aussi montrer aux gens que je suis encore là.

N'Dam : "Toujours envie de faire fermer sa bouche à Mbilli, mais ce n'est pas ma priorité"

Paradoxalement, vous tenez un discours positif comme rarement ces dernières années et vous donnez vraiment l'impression qu'en dépit de votre âge, de votre carrière et de ce que à quoi l'on pourrait s'attendre que cela vous a redonné des ailes et l'envie d'aller de l'avant. Est-ce que l'on se trompe ?
Non, bien sûr, je suis une nouvelle personne. Je suis devenu une nouvelle personne j'ai gagné encore en maturité et en expérience, tant dans la vie que dans le sport. Ça m'a donné des ailes et j'ai beaucoup de choses à prouver à certaines personnes qui pensent que je suis fini, que l'âge a eu raison de moi et que j'ai déjà tout donné. Au contraire, je pense qu'aujourd'hui, j'ai encore beaucoup de choses à me prouver à moi-même et c'est pour ça que je tiens ce discours positif. Mais déjà depuis les entrainements, je le sentais et je sentais que j'étais encore là.

Dans vos rêves les plus fous, contre qui, où et quand souhaiteriez-vous ce dernier Championnat du Monde ?
Dans le meilleur des mondes, Jermall Charlo serait la meilleure personne. C'est le boxeur le plus "bankable" on va dire dans ma catégorie, et aux Etats-Unis. Je dirais vers mars 2022, parce que j'aimerais bien refaire un combat mais aux Etats-Unis et j'aimerais bien que mon prochain adversaire soit Gabriel Rosado, qui a fait un bon retour lui aussi, et comme ça, ça sera un vrai combat de "jeunes vieux" (sic), parce que je trouve que Rosado a le même passé que moi et c'est quelqu'un qui ne lâche pas non plus. C'est un bon boxeur et, en plus, ça me reclasserait au niveau international et mondial avec une vraie opposition. Après, pourquoi pas combattre contre Christian Mbilli, ça remettrait des choses à plat, même si ce n'est pas mon objectif aujourd'hui. Mon objectif, c'est de faire ce Championnat du monde, de refaire un championnat d'Europe puis de faire un jubilé sur le Championnat de France et faire mes adieux à la boxe par la grande porte.

Je vois que vous avez toujours Mbilli dans un coin de votre tête. Avez-vous envie de régler les comptes avec lui ?
Oui, parce qu'il a trop ouvert sa bouche. C'est normal de dire que t'as envie de boxer N'Dam parce que N'Dam a fait des choses et que t'as envie de te positionner avec lui. Il me bat, il prend ma place, et s'il perd, il a perdu contre le champion du monde, donc dans l'histoire, Mbilli n'a rien à perdre, parce que c'est tout à son honneur de venir rencontrer un challenger. Alors que moi aujourd'hui, je n'ai rien à gagner, sauf que quand on me pique, où que l'on me titille en me traitant de vieux et en voulant m'enterrer, là je sors et c'est là où je deviens le plus dangereux. J'ai toujours envie de régler cette histoire, mais ce n'est pas ma priorité. Si ça se fait, c'est mieux et c'est bien, mais si ça ne se fait pas, tant pis. Je ne veux plus m'éterniser là-dessus, je vais passer et continuer mon chemin et j'espère qu'il fera ce que j'ai fait dans ma carrière et qu'il sera champion du monde.

Et au bout de votre chemin, vous voyez bien Charlo, qui incarne la jeunesse, la fraîcheur, le show. C'est un peu l'Apollo Creed avec quinze ans de moins du monde de la boxe actuellement ?
Charlo c'est la meilleure personne, la plus "bankable" et la plus crédible contre qui je pourrais faire un Championnat du monde. On pourrait faire un Golovkin - N'Dam, mais ça fait depuis 2010 qu'on doit se rencontrer, mais ça ne s'est jamais fait donc aujourd'hui le mieux pour moi serait de rencontrer le champion du monde actuel, un jeune qui a cette fougue. Il sera mon premier choix et je vais travailler pour ça, et si je ne le bas pas, au moins j'aurais cette fierté d'avoir rencontré le champion du monde, parce que moi je suis toujours dans l'optique de rencontrer les meilleurs comme j'ai toujours fait dans ma carrière, quitte à me faire battre. Je reste égal à moi-même, je ne change pas, même si je me suis assagi. La fougue reste la même et j'ai toujours la même faim que quand j'avais 20 ans.

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