Lourds : Yoka : " J'ai un caractère qui divise "

Lourds : Yoka : " J'ai un caractère qui divise "©Media365

Aurélie SACCHELLI, publié le lundi 25 mars 2019 à 09h37

Suspendu jusqu'en juillet pour avoir manqué trois contrôles antidopage, Tony Yoka s'est confié ce lundi dans les colonnes de L'Equipe. Il revient notamment sur le fait qu'il soit assez mal aimé en France et sur ses combats futurs.



Vainqueur de son cinquième combat professionnel le 23 juin dernier, Tony Yoka n'a plus eu l'occasion de remonter sur le ring depuis. La faute à une suspension d'un an pour cause de trois « no-shows » (contrôles antidopage manqués). Le champion olympique 2016 des poids lourds, aujourd'hui âgé de 26 ans, combattra à nouveau en juillet prochain, pour la sixième étape de « La Conquête », du nom du contrat qu'il a signé avec Canal+ et qui doit l'emmener vers un combat pour le titre de champion du monde. En attendant, le boxeur s'est longuement confié dans les colonnes de L'Equipe ce lundi, et est notamment revenu sur sa cote de popularité, en baisse ces derniers temps, notamment sur les réseaux sociaux « Tout m'est arrivé super vite. En partant aux Jeux de Rio, je n'étais personne. Je suis revenu en superstar avec ma femme. On était le couple préféré des Français, on n'avait que des bonnes vibes autour de nous. Forcément, par la suite, dès que deux ou trois trucs entachent ton image, certains crient au scandale. C'est comme ça. J'ai fait des erreurs, je les ai assumées. (...) Je ne suis pas un héros. Il m'est arrivé de contacter des personnes qui m'avaient critiqué sur Twitter, par message privé. Là, les mecs se métamorphosent et me disent : "Je suis fan de toi, courage !" Les mecs sont dingues, en fait. (...) Quoi qu'il arrive, que les gens m'aiment ou pas, je ne passe pas inaperçu. C'est important, ça signifie qu'on s'intéresse à ce que je fais. Je fais un sport clivant et j'ai un caractère qui divise. Si je voulais rassembler tout le monde, je parlerais différemment. (Floyd) Mayweather l'a dit avant moi, 50 % des gens venaient le voir gagner, l'autre moitié pour le voir perdre. C'est pareil pour moi : certains me supportent, d'autres souhaitent qu'on me fasse mal sur le ring. »

Un championnat du monde en 2020 ou 2021 ?

Qui sera le prochain à lui faire mal sur le ring ? Tony Yoka lui-même ne le sais pas. Le boxeur est toujours à la recherche d'un adversaire pour le 13 juillet prochain. Beaucoup se sont déclarés prêts à affronter le champion olympique, mais Yoka estime qu'ils sont soit trop mal classés, soient trop chers. « Je suis impatient de boxer, mais fataliste face aux adversaires. Pour eux, je suis la poule aux œufs d'or. Ils veulent toujours plus. Si demain je boxe Joshua (Anthony, l'actuel champion du monde IBF, WBA, WBO et IBO des poids lourds), il va me donner 2 ou 3 millions, et lui en prendra 20. C'est normal, légitime. Je fermerai ma gueule, et si je gagne je demanderai plus. » Avant de défier Joshua pour une ceinture mondiale, Yoka, qui se voit boxer jusqu'à 35-37 ans, espère devenir champion de France, puis gravir les échelons. « Il me faut encore quelques combats, de l'expérience. Prendre un peu de poids aussi, deux kilos. Avec les combats que je compte disputer cette année, j'espère être prêt pour un championnat du monde fin 2020, début 2021, dans cinq-six combats. Je me rapproche de l'examen final. » Et s'il venait à passer cet examen final avec succès, nul doute que les critiques de 2018-2019 ne seraient plus qu'un mauvais souvenir...

Vos réactions doivent respecter nos CGU.