JO 2016 : La boxe française répond aux soupçons de manipulation

JO 2016 : La boxe française répond aux soupçons de manipulation©Media365
A lire aussi

Aurélien CANOT, publié le mardi 26 mars 2019 à 11h59

Brahim Asloum, Sofiane Oumiha et John Dovi réagissent dans L'Equipe suite aux soupçons de manipulation des combats des boxeurs français aux Jeux de Rio, soulevés dans Le Monde ce lundi. L'ancien champion olympique, le médaillé d'argent de Rio et son entraîneur pendant le tournoi s'insurgent. Pour eux, c'est tout simplement inimaginable.

Il n'a pas fallu attendre bien longtemps après le pavé lancé dans la mare par le journal Le Monde pour que le monde de la boxe française monte sur le ring. Tous trois interrogés dans L'Equipe ce mardi, au lendemain des supposées révélations du quotidien à propos des manipulations présumées de certains combats des Français lors des Jeux de Rio orchestrée par l'un de nos représentants Karim Bouzidi, Brahim Asloum, John Dovi et Sofiane Oumiha crie de concert au scandale. Le premier, sacré champion olympique lors des Jeux de Sydney 2000, s'insurge notamment de ce « mauvais procès fait à la France. » « Je ne vois personne à la Fédé manigancer pour obtenir plus de médailles, ce n'est pas notre culture », poursuit Asloum, s'appuyant sur un exemple concret et parlant. « Pourquoi sinon, alors que Hubert Furgoni était vice-président de l'AIBA en 2012, Alexis Vastine a-t-il été volé à Londres ? » Au moment de monter lui aussi au créneau dans L'Equipe, John Dovi prend également en référence certains résultats de nos compatriotes à Rio pour casser cette thèse du Monde. « C'est dégueulasse de cracher ainsi sur le travail des athlètes et tous leurs sacrifices. Les gens peuvent voir tous les combats sur Internet, il n'y a pas de doute. Si on avait été favorisés, Christian Mbili n'aurait jamais perdu en quarts, ni Souleymane Cissokho en demies. » Au même titre que son ancien protégé, l'entraîneur en chef de l'équipe de France olympique de boxe a surtout la sensation que Bouzidi ressort comme « le bouc émissaire » dans cette affaire, Dovi rappelant au passage à ceux qui l'auraient oublié qu'avant la prise de fonctions de l'ancien directeur exécutif à l'AIBA, « l'arbitrage était un vrai problème ».

Oumiha : « Je n'achète rien, moi ! »

« Donner un nom en pâture, c'est facile. Avant l'arrivée de Bouzidi, l'arbitrage était un vrai problème. Il y avait des incompétents, des malveillants ou des gars qui avaient une vision très différente de la boxe (...) Bouzidi a mis en place un arbitrage plus professionnel. » Enfin, alors que Le Monde publie un extrait d'une conversation téléphonique enregistrée à Rio et donnant à lire la tentative d'un juge pour convaincre un membre de la délégation du pays du futur adversaire de Sofiane Oumiha de verser 250 000 dollars, lui assurant que l'argent ne serait « jamais versé » et le boxeur en question « éliminé à l'issue d'un combat serré », le médaillé d'argent français et membre lui aussi de la « Team solide » s'offusque à son tour. « A Rio, on a fait notre boulot. Si le Mongol m'avait dominé, je me sentirais sali par une décision en ma faveur. Les victoires, je vais les chercher, je n'achète rien, moi. Le Mongol, je l'ai reboxé un an après, et je l'ai de nouveau battu ». Oumiha regrette d'autant plus de voir Le Monde semer le doute sur les brillants Jeux de Rio réussis par les Bleus que le CIO pourrait décider dans les prochaines heures de retirer la boxe de la liste des disciplines des JO de Tokyo 2020. Le Toulousain n'ose même pas l'imaginer. « C'est terrible pour nous les combattants (...) On est pris en otage. »

Vos réactions doivent respecter nos CGU.