NBA : Les playoffs à la loupe

NBA : Les playoffs à la loupe©Media365
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Matthieu Angosto, publié le vendredi 13 avril 2018 à 15h19

Il n'y a plus que 16 équipes en lice pour le titre NBA. Derrière les grands favoris, Houston, Golden State et Cleveland, plusieurs franchises peuvent croire en leur chance. Revue d'effectif avant le début des phases finales, ce samedi.

Conférence Ouest : Les Rockets et les Warriors seuls au monde ?

La saison régulière : Rarement le classement final d’une conférence a été aussi serré. Entre le troisième (Portland) et le huitième (Minnesota), il n’y a que deux victoires d’écart ! Mais devant ce peloton extrêmement homogène, il y a deux mastodontes : les Houston Rockets et les Golden State Warriors. Les premiers, menés par James Harden, ont réalisé le meilleur bilan de leur histoire (65 victoires, 17 défaites). Les seconds, champion titre, n’ont pas voulu gaspiller trop d’énergie pour aller chercher la première place, synonyme d’avantage du terrain. A la faveur de meilleurs résultats contre ses concurrents directs, c’est l’Oklahoma City Thunder qui se classe quatrième, et qui recevra donc en premier et en dernier face au Jazz de Rudy Gobert. Qualifiés à la faveur d’une victoire lors de la dernière journée face aux Denver Nuggets, les Minnesota Timberwolves retrouvent les phases finales pour la première fois depuis 2004.

Le premier tour :

Houston Rockets (1) – Minnesota Timberwolves (8)

Golden State Warriors (2) – San Antonio Spurs (7)

Portland Trail Blazers (3) – New Orleans Pelicans (6)

Oklahoma City Thunder (4) – Utah Jazz (5)

Les favoris :

Les joueurs n’ont eu de cesse de le répéter : à Houston, c’est l’année ou jamais pour remporter un titre. Plus forts que jamais, les Rockets ont terminé avec le meilleur bilan de la Ligue (65 victoires, 17 défaites) et bénéficieront donc de l’avantage du terrain pour la totalité des playoffs. James Harden est l’un des favoris au titre de MVP (meilleur joueur de la saison), avec des statistiques impressionnantes (30,4 points, 5,4 rebonds et 8,8 passes décisives). La greffe du meneur All-Star Chris Paul a été une réussite, et le coach Mike D’Antoni dispose d’un effectif parfaitement adapté à son style de jeu, qui se repose énormément sur le tir à 3 points. Chaque soir, ils sont six à tenter au moins cinq tirs de loin, et à en réussir au moins deux. Gros point noir des dernières campagnes, la défense texane a également fait un bond en avant, au point de devenir l'une des meilleures de NBA (103,9 points encaissés par match, 6eme total le plus bas). Seule ombre au tableau : trois joueurs importants, Ryan Anderson, Eric Gordon et Clint Capela, sont incertains pour le Match 1 contre les Minnesota Timberwolves, tandis que Luc Mbah a Moute, l’un des meilleurs défenseurs des Rockets, manquera jusqu’à quatre semaines à cause d’une blessure à une épaule.

Mais si les Rockets ont le meilleur bilan, les Golden State Warriors sont toujours les favoris des observateurs. Les hommes de Steve Kerr n’ont pas forcé leur talent en saison régulière (58 victoires, 24 défaites), ce qui n’a pas forcément été du goût de l’entraîneur. Avec une avalanche de blessures en fin de saison, les Warriors arrivent en playoffs sur une dynamique négative, puisqu’ils ont perdu 10 de leurs 17 derniers matchs. La star de l’équipe, Stephen Curry, ne devrait d’ailleurs pas fouler les parquets lors du premier tour face aux San Antonio Spurs, à cause d’une blessure au genou gauche. Précieux en sortie de banc, Andre Iguodala ne sera pas non plus à 100% face aux coéquipiers de Tony Parker. Mais malgré tout, les Californiens restent la meilleure attaque de la Ligue (113,5 points par match), et possèdent les meilleurs pourcentages à trois points (39,1%) et au tir en général (50,3%). Kevin Durant et consort sont capables de marquer plus de points que n’importe qui. Il sera toutefois intéressant d’observer la défense, qui encaisse 107,5 points par match en saison régulière (18eme de la NBA). Comme le disait Bear Bryant, « l’attaque vend des tickets, la défense fait gagner des titres. »

L’outsider :

Derrière les deux mastodontes, un peloton très homogène s’est formé. Si les hommes de Billy Donovan ont terminé quatrième, difficile de ne pas voir le Thunder d’Oklahoma City comme le meneur de la meute des poursuivants. Malgré la nouvelle saison historique de Russell Westbrook (25,4 points, 10,1 rebonds, 10,3 passes décisives), les hommes de Billy Donovan ont déçu en saison régulière. Si Oklahoma a enregistré les ajouts de Paul George et Carmelo Anthony, deux superbes attaquants, le Thunder n’a en revanche pas trouvé son rythme de croisière (107,9 points par matchs, 12eme de NBA). Cependant, la défense peut être très efficace (104,4 points encaissés, 10eme de NBA), et ce, malgré la grave blessure du meilleur élément de l’équipe dans ce domaine, Andre Roberson. Toutefois, l’effectif d’Oklahoma City est construit pour les joutes d’avril, avec des joueurs capables de se transcender dans les grands moments. Face au Jazz et à sa défense de fer, l’avantage du terrain récupéré lors de la dernière journée de la saison régulière pourrait être décisif.

Conférence Est : Cleveland malgré tout ?La saison régulière : Contrairement à l’Ouest, les huit qualifiés pour les playoffs se sont vite dessinés sur la côte Est. Finaliste sortant, Cleveland a déçu cette saison, terminant la saison régulière à la quatrième place (50 victoires, 32 défaites). C’est Toronto qui s’est emparé du trône de la conférence, en réalisant la meilleure saison de son histoire (59 victoires, 23 défaites). Leader pendant toute la seconde partie de saison, les Raptors ont profité de la montagne de blessures subies par les Boston Celtics pour garder la tête. A la troisième place, les Philadelphia 76ers ont confirmé tous les espoirs placés en eux et plus encore. Malgré tout, de nombreux éléments laissent penser qu’aucune des séries du premier tour ne sera à sens unique.

Le premier tour :

Toronto Raptors (1) – Washington Wizards (8)

Boston Celtics (2) – Milwaukee Bucks (7)

Philadelphia 76ers (3) – Miami Heat (6)

Cleveland Cavaliers (4) – Indiana Pacers (5)

Le favori :

L’impact de LeBron James est incommensurable. A 33 ans, le King n’a jamais été aussi fort, et sa seule présence permet à Cleveland, décevant toute la saison, de rester le grand favori pour une quatrième finale consécutive, la huitième d’affilée pour le natif d’Akron. Avec 27,5 points, 8,6 rebonds et 9,1 passes décisives, James a porté à lui seul son équipe. C’est justement car il a été trop seul, trop souvent, que les Cavaliers doivent se contenter de la quatrième place de la conférence Est. Cinquième attaque mais 26eme défense, les champions 2016 ont en plus dû composer avec un grand chamboulement dans l’effectif, opéré le soir de la limite des transferts. Cinq joueurs sont partis, quatre sont arrivés le 8 février dernier, ne laissant à Tyronn Lue qu’un peu plus de deux mois pour créer des automatismes. Chose qu’il a plutôt bien réussi, puisque les Cavaliers new-look affichent un bilan de 19 victoires pour 10 défaites. Cependant, ils n’auront l’avantage du terrain qu’au premier tour, face aux Indiana Pacers. Une équipe que LeBron James apprécie particulièrement affronter. L’an passé, les deux franchises s’étaient déjà croisées au premier tour. Le numéro 23 avait alors tourné à 32,8 points, 9,8 rebonds et 9 passes décisives de moyenne, le tout à 54,3% au tir, pour une victoire écrasante 4-0. Alors que son équipe ne possède qu’une marge de manœuvre très limitée sur ses concurrents, l’enfant prodige de l’Ohio devra rééditer ce genre de performance pour permettreaux siens de retrouver les Finales NBA.

Les outsiders :

Premiers de la conférence Est, deuxième de NBA, les Toronto Raptors ont réalisé la meilleure saison de leur histoire… mais peu d’observateurs croient en leur chance. Les Canadiens ont développé depuis plusieurs saisons une fâcheuse tendance à s’écrouler dans les moments chauds, et ont bénéficié cette année de la médiocrité des Cavaliers et des blessures des Celtics. Cela ne veut cependant pas dire qu’ils n’accéderont pas à leur première Finale NBA, en juin prochain. En travaillant sur son tir à 3 points, DeMar DeRozan a passé un nouveau cap, et s’est un peu plus affirmé comme l’un des meilleurs arrières de la Ligue. En difficulté lors de la première partie de saison, Kyle Lowry monte peu à peu en puissance. Mais surtout, les remplaçants de Dwane Casey sont l’une des très bonnes surprises de la saison. Dépourvu de noms clinquants, il est pourtant l’un des plus efficaces de NBA, grâce à une alchimie inégalée. Opposés au premier tour aux Washington Wizards, l'une des déceptions de la saison, les Raptors devraient avoir les moyens de se qualifier. Mais l’ombre de LeBron James planent sur le Canada, et personne dans l’effectif de Toronto ne semble capable de ralentir le King.

Deuxième de la conférence Est, les Boston Celtics ont dû composer avec de nombreuses blessures. D’abord celle de Gordon Hayward, dès les premières minutes du premier match de la saison. L’ailier n’a toujours pas retrouvé le chemin des parquets. Puis, alors que la saison régulière touchait à sa fin, l’autre star des Verts, Kyrie Irving, passait sur le billard pour une procédure mineure au genou gauche, qui l’a obligé à mettre un terme à sa saison. Son remplaçant, Marcus Smart, se blessait au pouce le lendemain, et ne devrait pas revenir avant la fin du mois d’avril. Enfin, Daniel Theis, précieux remplaçant dans le secteur intérieur, est également out pour le reste de la saison, après une déchirure du ménisque. Malgré tous ces absents, les hommes de Brad Stevens se sont appuyés sur un collectif parfaitement huilé pour continuer à enchaîner les victoires. La défense reste le point fort des joueurs du Massachusetts (3eme de NBA, avec 100,4 points encaissés par match), mais l’attaque devra monter d’un cran, chose qui ne sera pas facile en l’absence d’Irving, meilleur marqueur de l’équipe. Quatrième effectif le plus jeune des playoffs, il incombera à Jaylen Brown (21 ans), Jayson Tatum (19 ans) et Terry Rozier (23 ans) de mener l’équipe au combat. Quant au vieux briscard Al Horford (31 ans), son calme et son expérience seront précieux, surtout en défense. Ces playoffs seront avant tout une opportunité d’engranger de l’expérience. Mais avec les tout aussi inexpérimentés Milwaukee Bucks, puis, potentiellement, les Philadelphia 76ers en demi-finale de conférence, la Maison Verte pourrait bien rallier sa deuxième finale de conférence consécutive. Ou être éliminée dès le premier tour.

Plus grosse cote, les Philadelphia 76ers méritent tout de même d’être mentionnés. Absents des playoffs depuis 2012, dans les tréfonds de la Ligue depuis des années, la franchise de Pennsylvannie présentait cette saison un effectif très jeune, mais incroyablement talentueux. A tel point que beaucoup d’observateurs prédisaient que cette saison serait la bonne, pour au moins retrouver les phases finales, en queue de peloton. Mais les hommes de Brett Brown ont déjoué tous les pronostics, pour venir s’installer sur le podium de l’Est, en réalisant leur meilleure saison depuis l’époque d’Allen Iverson. Axée autour de la paire Ben Simmons – Joel Embiid, avec les excellents shooteurs JJ Reddick et Robert Covington autour d’eux, les 76ers sont capables de battre n’importe qui. Mais leur manque d’expérience pourrait leur jouer des tours, surtout face à une équipe du Miami Heat plus rôdée aux matchs à haute pression. Pour espérer continuer leur belle saison, les 76ers devront prendre plus soin du ballon. Les jeunes pousses de Pennsylvannie sont en effet les bonnets d’ânes de la Ligue en termes de pertes de balle (16,5 par match).

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