NBA : Les confessions de Batum

NBA : Les confessions de Batum©Media365

Aurélien CANOT, publié le jeudi 14 juin 2018 à 14h45

« J'ai douté toute la saison, j'ai ramé et chercher à retrouver le rythme, c'était galère. » Handicapé par les blessures en tout genre, cette année avec Charlotte, Nicolas Batum (29 ans, 2,03 m) ne gardera pas un grand souvenir de l'exercice de NBA qui vient de se terminer. Sur le plateau de la chaîne Youtube First Team, l'ailier français des Bobcats n'a pas caché sa déception.

« Ça a clairement été ma pire saison en NBA. C'est un mix de ne pas être en rythme et de ne pas avoir bien joué et d'être à la ramasse physiquement, car j'ai été blessé toute la saison. Donc ça a été une vraie galère. » Avec l'arrivée du All Star expérimenté Dwight Howard, les fans des Bobcats s'attendaient pourtant à ce que leur équipe joue les trouble-fête, mais c'est tout l'inverse qui s'est produit, et Howard, sans le vouloir, n'y est pas du tout étranger, à en croire Batum. « On a pris Dwight, on pensait que ça allait bien marcher. Individuellement, il fait une grosse saison, mais autour, ça n'a pas pris comme on voulait que ça prenne. Moi, personnellement, je me suis trop focalisé à jouer sur Dwight, qui est un point de fixation important, j'ai tout fait pour le rendre heureux, il faut bien le dire, et on n'avait pas le même jeu ni la même fluidité. On a déjoué, on aurait peut-être dû jouer notre jeu aussi au lieu de se focaliser sur Dwight. »

Batum : « Moi, je suis LeBron, je vais à New York »

Dixième, Charlotte a manqué le train pour les play-offs, et c'est donc depuis son canapé que « Batman » a assisté au dénouement de la saison, avec le nouveau triomphe du Golden State de Stephen Curry et Kevin Durant aux dépens des Cavs du roi LeBron James pour ce qui constituait très certainement les adieux du numéro 23 à Cleveland. La superstar, free agent cet été, devrait en effet aller voir ailleurs. Les noms de quelques franchises en particulier reviennent avec insistance. Batum, lui, aimerait que « King James » pose ses valises chez les Knicks. Et là, c'est le passionné qui parle, pas le basketteur. « J'aimerais bien qu'il aille à New-York, avoue le natif de Lisieux pour First Team. Il n'a pas besoin d'aller aux Lakers. Aux Lakers, ils ont du succès depuis pas longtemps et il y a trop de fantômes. Les Knicks, eux, ils ont du succès depuis longtemps. La NBA a besoin que les Knicks reviennent en haut, et ça serait un bon mariage, mais pas pour gagner, mais pour ramener les Knicks en finale NBA par exemple. Moi, je suis lui, je vais à New York. En plus, le coach de New York (David Fizdale), c'est le coach qu'il avait à Miami, il s'entend bien avec lui. »

Batum : « Une raquette Embiid-Gobert, c'est dur de dire non »


De la même manière que le joueur des Bobcats espère que LeBron James rejoindra New York cet été, il croise les doigts également pour que, dans un tout autre genre, Joel Embiid défendra prochainement les couleurs de l'équipe de France. Batum, comme son compatriote et coéquipier chez les Bleus Evan Fournier, n'a jamais goûté cette tendance qui consiste à offrir des passeports à des joueurs qui ne sont pas de la nationalité du pays pour gonfler le potentiel de la sélection en question, ne serait-ce que pour des raisons d'éthique. Mais étant donné le talent monstre du pivot camerounais de Philadelphie, l'ancien joueur de Portland pousse pour qu'une exception aux habitudes françaises soit faite. « Je peux comprendre le côté éthique, le côté on ne fait pas ça en France, parce que l'on est la seule équipe avec la Serbie qui n'ait jamais fait ça. Mais d'un point de vue juste basket, une raquette Gobert-Embiid, c'est dur de dire non. Moi, me voir avec les deux derrière moi... Normalement, je suis contre le fait de donner des passeports, mais là, on parle du meilleur joueur à son poste, donc, oui, je fais un cas particulier pour lui. On parle de quelqu'un d'assez exceptionnel quand même. L'équipe de France, c'est juste pour gagner une compétition sur quinze jours, c'est court. »

Batum : « Embiid, tu lui donnes un passeport, il vient demain »


Batum rappelle qu'il a d'ailleurs évoqué un jour le sujet avec l'intéressé. A l'époque, le dossier n'en était encore qu'aux prémices, mais il semble de plus en plus d'actualité. L'international français assure même que le camerounais des Sixers a déjà choisi son camp. « Avec Embiid, on n'en a pas parlé sérieusement, c'était une blague au début, mais c'était il y a quatre ans et je ne savais pas que ça allait devenir aussi sérieux dans sa tête. Lui, il est vraiment chaud. Tu lui donnes un passeport demain, il vient. C'est vrai ce que dit Evan, qu'il n'est pas formé à la française, tout ça, mais quand tu prends seulement le côté basket... En quinze ans, on est les seuls à avoir été champions d'Europe avec des joueurs de la nationalité et un coach de la nationalité, on est la seule équipe à avoir fait ça et je suis fier de ça, et je n'ai jamais voulu ça. Mais là, on parle du meilleur joueur du monde à son poste... Dans n'importe quel championnat, une raquette Embiid-Gobert, aucun coach ne dirait non à ça. » La balle est dans le camp de la FFBB et du Gouvernement. Mais il est vrai qu'avec Joel Embiid dans l'équipe, la France pourrait frapper à la porte des meilleures nations au monde, les intouchables Etats-Unis compris.

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