NBA : Le " Process " de Philadelphie récompensé

NBA : Le " Process " de Philadelphie récompensé©Media365

Matthieu Angosto, publié le lundi 26 mars 2018 à 12h44

Après cinq saisons de disette, les Philadelphia 76ers vont retrouver les playoffs. Mieux, ils sont encore en course pour une place de tête de série.

« Trust the Process ». De l'ancien manager général Sam Hinkie à la jeune star de l'équipe Joel Embiid, ces trois mots ont été sur toutes les lèvres à Philadelphie, pendant de longues années. Souvent critiquée, la stratégie des 76ers a finalement porté ses fruits. Alors que la dernière apparition des hommes de Brett Brown en playoffs datait de 2012, la défaite de Miami, cette nuit, qualifie mathématiquement les pensionnaires du Wells Fargo Center. Mais plus qu'une qualification à l'arrachée, Philadelphie est actuellement en course pour une place dans le Top 4 de la Conférence Est, synonyme d'avantage du terrain pour le premier tour des phases finales. Avec 42 victoires et 30 défaites, les Sixers sont à égalité avec Indiana à la quatrième place, et ne pointent qu'à une victoire et demie des Cleveland Cavaliers, troisièmes. Attention tout de même à la chute, puisque le même écart sépare les coéquipiers d'Embiid et les Washington Wizards, 6emes.

Sam Hinkie, le désormais ancien manager général de l'équipe, avait prévenu tout le monde : Philadelphie retrouverait les sommets dans les cinq ans. A l'époque, l'instigateur du « Process » ne croit pas ses ouailles capables de remporter un titre, bien que les observateurs promettent, quant à eux, un grand futur aux Sixers. Alors il démantèle l'effectif, joueur après joueur. D'abord Andre Iguodala, la star de l'équipe, envoyée à Denver. Puis, en seulement trois saisons, Thaddeus Young, Jrue Holiday, Lou Williams, Evan Turner et Nikola Vucevic, tous aujourd'hui des noms référencés en NBA, quittent la Pennsylvanie. Une période sombre commence pour l'ancienne franchise de Julius Erving et Allen Iverson. Cinq ans sans terminer avec un bilan positif, et même trois années sous les vingt victoires, dont l'atroce saison 2015-16, conclue avec un bilan de 10-72. Les joueurs se succèdent, des « journeymen » venus faire une pige d'une saison aux inconnus dénichés en D-League, en passant par les espoirs déchus. Brett Brown utilise plus de 79 joueurs en cinq ans.Mais dans l'ombre, les dirigeants préparent l'avenir. Abusant de la très controversée stratégie du « tanking », qui consiste à perdre volontairement des matchs pour s'assurer un choix de draft élevé et ainsi récupérer un jeune talent prometteur, les 76ers mettent à disposition du coach Brett Brown un nouvel effectif, inexpérimenté mais très talentueux. Le « Process » est en marche. Ralentis par les nombreuses blessures de Joel Embiid (deux saisons blanches), Ben Simmons (une année sans jouer) et même du premier choix de la draft de cette année, Markelle Fultz (seulement 4 matchs disputés), les Sixers progressent année après année. Quelques ratés viennent également ternir le bilan de Bryan Colangelo, qui a succédé à Hinkie il y a deux ans. Rookie de l'année 2013, Michael Carter-Williams n'a pas su confirmer. Jahlil Okafor, troisième choix de la draft 2015, n'a pas encore trouvé sa place dans la Ligue. Idem pour Nerlens Noel, récupéré à la draft 2014 contre le meneur Jrue Holiday. Mais aujourd'hui, cinq saisons après le déclenchement du « Process », Philadelphie est de retour en playoffs. Si ce n'est pas encore le sommet promis par Sam Hinkie, les jeunes pousses de Pennsylvanie sont désormais des concurrents à prendre au sérieux, et un adversaire très dangereux à affronter au premier tour des playoffs.

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