NBA Awards : Gobert élu meilleur défenseur pour la deuxième année de suite, Antetokounmpo MVP

NBA Awards : Gobert élu meilleur défenseur pour la deuxième année de suite, Antetokounmpo MVP©Media365
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Aurélien CANOT, publié le mardi 25 juin 2019 à 08h44

Les traditionnels NBA Awards ont récompensé lundi soir les meilleurs acteurs de cette saison dans la ligue. Élu de nouveau meilleur défenseur de l'année, Rudy Gobert (Utah) conserve son titre. Giannis Antetokounmpo (Milwaukee), désigné MVP pour la première fois de sa carrière, succède quant à lui à James Harden.



« C'est incroyable ! » Pour la deuxième fois de sa carrière et la deuxième de suite après avoir déjà été élu l'année dernière, Rudy Gobert (26 ans) remporte le titre de meilleur défenseur de l'année en NBA. Ses deux (imposants) trophées dans les mains, le pivot français du Utah Jazz, préféré à Giannis Antetokounmpo et Paul George par les votants, prend fièrement la pose devant les objectifs des photographes. Un peu plus tôt, comme il l'avait déjà fait en 2018, « Gobzilla » avait adressé quelques mots très touchants à sa mère, en pleurs en entendant son fils lui rappeler qu'il lui devait tout et que s'il pouvait se vanter aujourd'hui d'être là, de nouveau, devant ses pairs, pour savourer cette nouvelle récompense, elle en était la première responsable. « Ma mère est là ce soir (lundi), on sait d'où on vient en France », a entamé Gobert en anglais, avant de passer au français, spécialement pour sa maman : « Tu sais que c'est grâce à toi tout ça, je t'aime. » Mis à l'honneur pour la deuxième fois consécutive pour ses performances défensives, lors de ces traditionnels NBA AWards, et ce à deux jours de son anniversaire (il aura 27 ans), le natif de Saint-Quentin n'a pas manqué non plus de souligner le rôle capital joué par ses coéquipiers du Jazz dans ce nouveau trophée. « Ce trophée, ce sont tous mes coéquipiers. C'est pour le staff, la franchise, la famille Miller. Je le dis tout le temps, mais le basket, c'est un sport d'équipe. Il y a des gars qui viennent tous les soirs, qui restent concentrés chaque jour. C'est une inspiration. »

Gobert, premier défenseur à bisser depuis Leonard en 2015

Modeste, Gobert aurait également pu revenir sur la saison exceptionnelle qu'il a encore livrée, notamment sur le plan individuel, avec ce Jazz incapable malgré tout de résister aux Houston Rockets au 1er tour des play-offs (4-1). Depuis ses débuts dans la ligue, l'immense intérieur des Bleus n'avait d'ailleurs jamais atteint de tels sommets. Cette saison, il a en effet battu son record de points, avec 15,9 de moyennes, mais aussi de rebonds (12,9) et de passes (2). Mais « Flying Rudy » ne s'est pas arrêté là. Devenu le pendant en termes de double-double de Russell Westbrook pour les triples-doubles, il a délogé en avril dernier (63) le mythique Karl Malone (62 doubles-doubles) des tablettes de la franchise de Salt Lake City. Des statistiques folles qui lui avait valu de terminer sur le podium des meilleurs contreurs (2,3) et de figurer au sein de la meilleure équipe défensive de la saison et la troisième de la ligue. En revanche, comme cela avait déjà été le cas l'année dernière lors de la première consécration de notre représentant, conserver ce titre de meilleur défenseur de l'année deux années de suite et devenir ainsi le dixième joueur de NBA à le faire (et le premier depuis Kawhi Leonard en 2015), n'a pas empêché la ligue de fermer une nouvelle fois les portes du All Star Game à « l'Albatros ». Sans lui couper les ailes pour autant.


La consécration pour Antetokounmpo

Doublé pour Rudy Gobert, mais pas pour James Harden. Un an après le sacre du barbu des Rockets, le trophée de MVP de la saison est en effet revenu comme attendu à Giannis Antetokounmpo. A 24 ans, celui qui avait déjà eu le privilège malgré son jeune âge d'être l'un des deux capitaines (celui de la Team Giannis) lors du dernier All Star Game n'a pas été loin de signer un véritable plébiscite (78 des 100 premières places possibles) pour le titre de meilleur joueur. Le Grec, avec 941 points, a écrasé (Harden a obtenu 776 points et Paul George 356) un vote qui a vu LeBron James terminer avec... un point et Gobert, encore lui, apparaître pour la première fois de sa carrière. Troisième MVP le plus jeune de ces quarante dernières années et deuxième joueur européen récompensé après l'Allemand Dirk Nowitzki en 2007 (le troisième non-Américain en comptant les deux sacres du Canadien Steve Nash), Antetokounmpo récolte les fruits d'une année personnelle en tout point monstrueuse pour l'ailier des Bucks. Depuis le mythique Shaquille O'Neal en 2000, plus aucun membre d'une équipe ayant terminé leader de la saison régulière n'avait d'ailleurs bouclé un exercice avec plus de 25 points et 10 rebonds de moyenne (27,7 points, 12,5 rebonds et 5,9 passes, record personnel dans les trois domaines). « MVP, ce n'est pas une question de stats et de chiffres », a pourtant assuré le « Greek Freak », en larmes sur la scène de Santa Monica après avoir reçu son trophée. « Il s'agit juste de gagner et d'aller sur le terrain pour donner le maximum pour gagner. Je pense que c'est ce que nous avons réalisé en tant qu'équipe. Je veux remercier mes coéquipiers, car pour gagner 60 matchs, il faut plus qu'un joueur. Chaque fois que je suis entré dans les vestiaires, j'ai trouvé des gars prêts à se donner à cent pour cent. »

Les non-Américains à l'honneur

Pour que le triomphe d'Antetokounmpo soit total, il aurait fallu que l'Athénien et ses chers Bucks aillent au bout lors des play-offs. Mais Milwaukee, qui a connu cette saison son meilleur bilan en saison régulière (60 victoires, 22 défaites) comme sa superstar n'ont pas à rougir. Les hommes du Wisconsin s'étaient en effet arrêtés en finale de la Conférence Est face au futur vainqueur Toronto. Premier joueur de la franchise à monter sur la plus haute marche depuis les trois titres du légendaire Kareem Abdul-Jabbar, Antetokounmpo incarne cette nouvelle NBA qui voit les joueurs des autres pays damer le pion aux Américains. Cette soirée des NBA Awards 2019 en a été le parfait exemple, avec la meilleure progression pour un Camerounais (Pascal Siakam, des Toronto Raptors), un Slovène (le prodigieux Luka Doncic, des Dallas Mavericks) élu rookie de l'année en ayant laissé passer que deux votes (98 sur 100). Mais comme il faut également des Américains pour faire la promotion de la ligue, Lou Williams a encore décroché le trophée de meilleur sixième homme. Avec désormais trois titres, l'arrière des Clippers égale ainsi le record de Jamal Crawford, passé lui aussi par la franchise de L.A. A noter enfin que les Bucks sont également repartis de Californie avec deux autres trophées : celui de meilleur entraîneur de l'année pour Mike Buldenhozer, déjà sacré en 2015 avec les Atlanta Hawks, et celui de meilleur dirigeant pour Jon Horst. On appelle cela une petite razzia.




Le palmarès complet de ces NBA Awards 2019

MVP de l'année : Giannis Antetokounmpo (GRE, Milwaukee Bucks)

Entraîneur de l'année : Mike Budenholzer (Milwaukee Bucks)

Débutant de l'année : Luka Doncic (SLO, Dallas Mavericks)

Meilleur défenseur de l'année : Rudy Gobert (FRA, Utah Jazz)

Meilleure progression de l'année : Pascal Siakam (CAM, Toronto Raptors)

Meilleur sixième homme : Lou Williams (Los Angeles Clippers)

Meilleur coéquipier : Mike Conley (Utah Jazz)

Meilleur dirigeant : Jon Horst (Milwaukee Bucks)

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