"Chaque panier compte"/Dumerc : "Protéger l'eau, c'est un sport collectif !"

"Chaque panier compte"/Dumerc : "Protéger l'eau, c'est un sport collectif !"©MAIF/FFBB, Media365
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Aurélien CANOT, Media365, publié le vendredi 25 novembre 2022 à 17h45

Le 14 novembre dernier en marge du match France-Bosnie, Céline Dumerc a donné le coup d'envoi du dispositif dont elle est la marraine : «Chaque panier compte/L'eau en partage ». Imaginée conjointement par MAIF et son partenaire la FFBB, cette opération convertit en fontaines à eau les points marqués à domicile par les équipes de France tout au long de la saison, et ce à destination des clubs amateurs. L'ancienne capitaine de l'équipe de France revient sur son engagement pour la planète, son rôle de Manager Générale des Bleues et sa saison à Basket Landes, qui n'a pas très bien démarré...



Céline Dumerc, vous étiez à Pau la semaine dernière avec l'équipe de France masculine pour le lancement de « Chaque panier compte/L'Eau en partage », que représente votre rôle de marraine ?
Je trouve qu'il est important pour un sportif de montrer l'exemple. Il faut à mon sens se rendre compte du privilège dont on dispose en France d'avoir de l'eau potable partout et tout le temps. On ne se rend pas compte du fait qu'à force d'en abuser, nous allons finir par en manquer. Il faut être vigilant et essayer de sensibiliser sur le gaspillage d'une denrée qui pourrait se faire de plus en plus rare. Le fait d'avoir des fontaines à eau au sein des clubs, comme l'ambitionne MAIF, va pleinement dans ce sens. Il permettra également d'avoir moins recours au plastique avec l'utilisation de gourdes qui va de pair avec ces fontaines. On peut les remplir en fonction de nos besoins et donc moins gaspiller, en avoir une utilisation raisonnée.

Avez-vous toujours été concernée par l'éco-responsabilité ?
Je pense que je l'étais de manière naturelle, de par mon éducation. J'ai toujours fait attention au gaspillage, notamment la nourriture. Quand on regarde ma génération, je n'ai pas l'impression qu'on était dans une consommation à outrance. Je pense que j'ai toujours eu un minimum de conscience sur les bons gestes à appliquer, comme ne pas laisser couler l'eau inutilement. Ces habitudes, on les fait sans s'en rendre compte mais aujourd'hui, elles sont mises en avant. C'est pour ça que je n'ai pas hésité quand MAIF m'a proposé de devenir ambassadrice Sport Planète et de défendre un projet qui fait sens.

Ça va dans le sens du discours que vous allez tenir aux quatre clubs "coup de cœur » qui présenteront les projets les plus impactants ?
Oui bien sûr, mais pour le vivre au quotidien je sais que pour un club ce n'est pas simple. Les fontaines à eau, c'est une organisation, un changement d'habitude. Dans le monde professionnel, c'est compliqué de partir au robinet, d'amener une gourde, on peut l'oublier parfois... Les jeunes par contre en ont déjà tous une ! Mais comme tout nouveau dispositif, il faut un temps d'adaptation, et on va y arriver tous ensemble. Protéger l'eau, c'est un sport collectif.

"La Coupe du monde ? Ça a fait grandir l'équipe !"

Sur un aspect sportif, vous avez longtemps été la leader des Bleues, et vous en êtes aujourd'hui la Manager Générale. Comment vous sentez-vous dans ce nouveau costume ?
Très bien. Même si je suis encore joueuse en club, je ne suis pas complètement passée de l'autre côté de la barrière. Je connais les joueuses, je joue contre elles le week-end et je les manage sur les campagnes de l'Équipe de France. J'ai un lien fort avec elles, qui facilite les échanges. Mon rôle est de faire le lien entre la Fédération, le staff et les joueuses, d'essayer de faire que tout se mette en place et fonctionne. Je me sens à l'aise, j'ai bien été intégrée et acceptée dans ce rôle-là. Mon expérience de meneuse de jeu précisément, plus que de joueuse, m'aide beaucoup : organiser, anticiper, ce sont des similitudes avec le poste que j'occupe.

Prendre votre retraite internationale a t-il été un choix difficile ?
Pas du tout car ce fut ma décision, j'ai senti que j'étais allé au bout des choses, donc pas de regret ! C'était aussi le moment de laisser la place aux nouvelles générations. Je m'estime aujourd'hui chanceuse d'avoir vécu ces expériences formidables et continuer à les vivres en ayant un pied dans l'Équipe de France avec ce rôle particulier. Et je ne pouvais pas continuer à enchaîner le club et la sélection, mon corps ne me le permettait plus, même si porter la tunique bleu est une immense fierté. Jouer sur les deux tableaux aurait pu impliquer des blessures, et vis-à-vis de mon club, je voulais être à 100%.

La défaite en quarts de finale contre la Chine lors de la dernière Coupe du monde constitue-t-elle une grosse déception pour vous ?
Absolument pas ! Nous repartions sur une nouvelle dynamique, avec un nouveau staff de moins d'un an, et nous n'avions jamais dépassé les quarts de finale. De belles choses ont été réalisées face à une superbe équipe. Il y a vraiment des choses très positives à retenir de cette compétition. Les filles ont tout fait pour essayer de faire douter les Chinoises, et y sont parvenues. Sincèrement, c'était très encourageant et ça a fait grandir cette équipe. Maintenant, on repart sur un nouveau cycle avec un objectif clair : se qualifier pour le prochain Euro !

Sans vouloir refaire l'histoire, une équipe de France au complet aurait-elle pu faire chuter cette équipe de Chine ?
Il ne faut pas voir les choses comme ça, les filles qui étaient sur le terrain sont d'une grande qualité. Il y a aussi eu des conséquences positives aux absences, notamment de voir les jeunes aient pris le pouvoir et montré qu'elles avaient le niveau international. L'équipe de France n'appartient à personne, bien au contraire. Quand j'ai arrêté, on pouvait entendre "l'équipe de France s'est arrêtée », et on a vu que ce n'était pas le cas. En France, nous avons la chance d'avoir un gros fief de joueuses talentueuses. Un fort turnover n'est certes pas gage de stabilité, mais ça amène de la fraîcheur, on le voit aussi avec les garçons. C'est en tout cas ma vision. Évidemment, il faut la meilleure équipe avec celles qui sont en forme à ce moment-là, mais c'est indépendant de notre volonté, joueuse comme staff.

"Ressentir des émotions en jouant au basket, c'est être encore vivante"

L'aspect le moins sympathique de ce début de saison en ce qui vous concerne, ce sont les huit défaites en huit matchs avec Basket Landes...
C'est sûr que c'est difficile. C'est dur moralement mais nous ne sommes pas morts, c'est ce qu'il faut se dire. Les matchs sont de plus en plus construits et le dernier (à domicile contre Roche Vendée), où nous perdons d'un point, c'est cruel. Nous progressions et c'est comme ça que j'ai envie de voir ce début de saison. Nous allons tout donner pour décrocher cette première victoire dès le prochain match à Angers le 4 décembre. Les efforts sont déjà plus présents qu'au début mais ils doivent l'être pendant 40 minutes. Il faut arrêter de parler et agir, c'est le type de discours que j'ai tenu lors du dernier match. Personne n'est encore à son niveau et c'est pour cette raison que nous n'arrivons pas à gagner des matchs. Chacun doit s'élever individuellement. La notion de confiance est primordiale, quand le doute s'installe la dynamique n'est pas bonne, et c'est la notre actuellement. Il faut continuer ces efforts et ça va finir par sourire. On a eu deux belles années avec un titre de champion de France et une Coupe de France et le plus dur dans le sport c'est de rester tout en haut. Il faut continuer à y croire, la saison est encore longue.

Physiquement, comment vous sentez-vous ? Est-ce-qu'on peut s'attendre à vous voir jouer encore un an ou deux ans en club ?
À l'heure actuelle, je pense que ce sera la dernière saison. Je préfère quand même ne pas trop me prononcer, ça fait deux ou trois ans que je dis que je vais arrêter, et je continue... Mon objectif actuel est déjà de gagner un premier match avec Basket Landes ! Aujourd'hui, plein de petits détails me donnent toujours envie de jouer et me rendent heureuse : aller à l'entrainement, être dans l'effort collectif, dans l'émotion. Si tu ressens ces choses, c'est que tu es encore vivante !

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