Coupe du Monde (H) : Un constat d'échec pour Vincent Collet et Rudy Gobert

Coupe du Monde (H) : Un constat d'échec pour Vincent Collet et Rudy Gobert©Panoramic, Media365
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Nicolas Kohlhuber, publié le vendredi 13 septembre 2019 à 20h25

A l'issue de la demi-finale de la Coupe du Monde perdue à Pékin face à l'Argentine, tant Vincent Collet que Rudy Gobert n'ont pu que constater leur échec.



DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A PEKIN

Rudy Gobert, pivot de l'équipe de France :

« On a fait un mauvais match, de la première à la dernière minute. On connaissait leur style de jeu. Leur agressivité, leur vitesse. On s'attendait à ça, mais ils l'ont fait à très haut-niveau. On n'a pas réussi à sortir la tête de l'eau. »

Vincent Collet, sélectionneur de l'équipe de France :

« C'est une grande déception car, connaissant ce type de match, on avait insisté sur l'agressivité. Tout au long du match, ils ont eu plus d'agressivité, ils étaient plus proches du porteur de la balle. On a eu tendance à beaucoup reculer face à leur pression défensive alors que, d'habitude, c'est nous qui l'imposons à nos adversaires. C'était un très mauvais signal. On a eu en plus une maladresse récurrente à trois points et même aux lancers-francs. Leur pression défensive nous a obligé à jouer quasiment séparés et puis on a manqué de lucidité par rapport à ça. On a forcé les situations. On avait prévenu mais ça suffit pas. C'est dans l'action que tu découvres et qu'il aurait fallu s'adapter et on l'a pas bien fait. »

« Evan Fournier a été ciblé et il a voulu absolument faire ce qu'il a fait lors des matchs précédents. Sauf que ce n'était pas les mêmes matchs. La défense de l'Argentine, c'est complètement différent de ce que l'on a vu précédemment. Et là, ils ont forcé le trait. Ils ont ciblé certaines de nos situations. Ils avaient un surnombre offensif qui était impressionnant, parfois jusqu'à trois joueurs. Et comme on ne libérait pas les ballons, on est allé s'enferrer là-dedans. On a encouragé leurs choix défensifs au lieu de bouger vite la balle pour les sanctionner. On les a renforcés. »

« Là où j'y ai cru, c'est au début du quatrième quart-temps, où on a mieux joué. On défendait un peu mieux. Pas encore autant qu'eux mais on se rapprochait. Mais, derrière, on rate des lancers, on a encore laissé échappé deux ou trois rebonds offensifs. Globalement, c'est sur la différence d'agressivité qu'on a été sanctionné. »

« Luis Scola est un joueur hors-norme. Mental en rassurant son équipe en mettant des paniers incroyables puis il a ferraillé tout le match avant de terminer avec ses deux paniers à trois points. Ce qu'il a fait a été exceptionnel. Il nous a dominé dans la raquette à 39 ans. »

« Le rebond, c'est une très grosse déception. J'en ai parlé dans le vestiaire, c'est une très grande déception mais je leur ai aussi dit ce qu'ils avaient fait avant, je considère qu'ils ont fait une compétition qui était jusque là une très bonne compétition. Et donc ils ont encore dans les mains la capacité d'aller chercher une médaille. Il faut la jouer à fond. L'Australie ça va être très dure. C'est une équipe qui a souvent terminé quatrième, elle va être très motivée même si elle était abattu par la défaite dans les conditions qu'on connait. On a cette possibilité, on avait su le faire y a cinq ans, il faut qu'on fasse pareil mais ça va être très dur. L'Australie nous a déjà battu une fois, on sait que c'est une équipe très forte dans un registre différent. Ça va être un nouveau combat, j'espère qu'on va réussir à le mener mais je pense que oui. Ce groupe a du mental, il l'a déjà montré à plusieurs occasions. Il va se ressaisir pour qu'on puisse se battre au moins à armes égales car en face il y aura du lourd. Ce que je regrette ce soir c'est qu'on a pas montré notre vrai visage. Non seulement on a perdu mais en étant pas nous même. En partie à cause de l'Argentine mais pas seulement. Nous on devait faire mieux. »

« On a manqué de gnaque par moment, il y a eu un problème d'énergie. Vous savez ce que c'est les déplacements, même sans jouer. Moi c'est pareil, je joue pas mais à force ça pèse. Cette journée en moins nous a été préjudiciable. On a voyagé ensemble mais la veille on les voyait dans l'hôtel, ils étaient en train de récupérer pendant que nous on préparait le match des Etats-Unis. Derrière le match contre Team USA, personne n'a dormi facilement. Je reconnais que d'habitude je bosse jusqu'à 2h00, 2h30 et après je dors facilement. Là, je n'arrivais pas à dormir et je pense que, pour les joueurs, c'était pareil parce que c'est le genre de match qui vous bouge. Malheureusement ça compte quand le lendemain tu fais huit heures de voyage. Ce n'est pas simple. Ce n'est qu'un élément mais je pense que ça a quand même compté. Sans vouloir chercher d'excuses, je pense que c'est un des éléments qui peut expliquer le fait qu'on soit autant dominé dans l'intensité et l'agressivité. »

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