GP de l'Eifel : Le Grand Prix en questions

GP de l'Eifel : Le Grand Prix en questions©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le lundi 12 octobre 2020 à 08h52

Retour en questions sur le Grand Prix de l'Eifel, remporté ce dimanche par Lewis Hamilton.

Un Grand Prix sur deux jours, est-ce une bonne idée ?

OUI. Alors que le Grand Prix d'Emilie-Romagne, les 31 octobre et 1er novembre prochains à Imola, devait être la première expérimentation d'un week-end de Grand Prix resserré sur deux jours, ce Grand Prix de l'Eifel a vu la météo offrir une première opportunité en ce sens. Avec un vendredi où le brouillard n'a pas permis la mise en place des mesures de sécurité nécessaires à la tenue des séances d'essais, les écuries n'ont eu qu'une heure pour préparer les qualifications. Une forme d'urgence et d'inconnu qui a visiblement plu aux pilotes Mercedes, Lewis Hamilton et Valtteri Bottas soutenant l'idée que les trois heures d'essais libres du vendredi n'étaient plus d'une folle utilité. De son côté, l'écurie Williams a profité de l'occasion pour tester les protocoles prévus pour être utilisés à Imola, où la seule séance d'essais libres durera 90 minutes. Ce raccourcissement des week-ends semble n'avoir que des avantages car les écuries ont moins de temps pour analyser finement le fonctionnement des pneus et préparer leurs stratégies, les pilotes ont moins d'opportunités pour finaliser leurs réglages et les monoplaces roulent bien moins, ce qui va dans le sens d'une plus grande imprévisibilité des Grands Prix et d'une plus grande fiabilité du matériel. Mais les responsables de la F1 regardent plus loin car des week-ends de Grand Prix plus courts ouvriront la porte à un calendrier bien plus chargé avec, à terme, un minimum de 25 Grands Prix par saison.

Valtteri Bottas a-t-il vécu un dimanche noir au Nürburgring ?

SANS AUCUN DOUTE. Si, ce samedi lors des qualifications, Valtteri Bottas a réalisé le coup parfait avec un dernier tour exceptionnel pour arracher la pole position, le Finlandais n'a pas été en mesure de la convertir en victoire. Pourtant, le pilote Mercedes avait tout fait de manière parfaite dans l'entame du Grand Prix. Moins prompt à démarrer que Lewis Hamilton, Valtteri Bottas a sorti les épaules pour défendre sa première position, ce qui a impressionné le Britannique. S'il a su construire une avance honorable sur son coéquipier, le Finlandais a jeté le bébé avec l'eau du bain au 13eme tour quand un blocage de roue intempestif au premier virage a réduit à néant tous ses efforts, le contraignant ensuite à un arrêt au stand prématuré pour changer des gommes « mises au carré » et à ressortir loin derrière Lewis Hamilton et Max Verstappen, en lutte avec la Renault de Daniel Ricciardo. Mais le pire restait à venir pour Valtteri Bottas qui a été trahi par sa mécanique au 19eme tour, son système de récupération d'énergie thermique flambant neuf rendant l'âme. Max Verstappen arrachant le meilleur tour en course dans le dernier tour, c'est finalement un 25-0 pour Lewis Hamilton qui compte désormais 69 points d'avance sur son coéquipier alors que le Néerlandais est une menace toujours plus crédible pour la deuxième place.

Max Verstappen est-il une menace toujours plus importante pour Mercedes ?

PAS ENCORE, MAIS IL SE RAPPROCHE. Avant ce Grand Prix de l'Eifel, Max Verstappen a assuré que la dernière évolution de sa RB16 faisait de lui une menace grandissante pour les Mercedes. Dès les qualifications, le Néerlandais a été très proche des Flèches d'Argent, ne rendant que 37 millièmes de seconde à Lewis Hamilton sur son meilleur temps en Q3. Sur l'entame de Grand Prix, Max Verstappen a tourné dans des temps au tour sensiblement proches de ceux du Britannique mais également de Valtteri Bottas. Piégé par Lewis Hamilton à dix tours de l'arrivée lors de la relance de la course après l'intervention de la voiture de sécurité, le pilote Red Bull Racing a été en difficulté avec des gommes ayant nettement baissé en température, concédant jusqu'à sept dixièmes au tour pour offrir à son rival un matelas lui offrant une certaine tranquillité pour la fin de la course. Ce n'est que dans le dernier tour, où il a tiré le maximum du potentiel de sa motorisation après une boucle précédente bien plus lente pour recharger ses batteries, que le Néerlandais a signé le meilleur tour en course. Dans l'ensemble, ce Grand Prix de l'Eifel a permis de voir que si Max Verstappen et Red Bull Racing ont pu réduire l'écart sur Mercedes, le travail risque d'être encore long avant de venir contester l'hégémonie des Flèches d'Argent.

Quel Grand Prix pour Nico Hulkenberg ?

TOUT EN CONTRASTES. Lance Stroll trop souffrant pour pouvoir piloter, Racing Point a dû mettre en place un plan B. Si Stoffel Vandoorne, mis à disposition par Mercedes, était déjà au Nürburgring et aurait pu prendre la place du Canadien, la formation britannique a préféré faire revenir Nico Hulkenberg, déjà familier de la RP20 après avoir remplacé Sergio Pérez à deux reprises à Silverstone. Sauf que, cette fois, la donne a été différente pour l'Allemand car, avant les qualifications du Grand Prix de l'Eifel, il n'a pas pu faire le moindre tour au volant de sa monoplace, Lance Stroll ayant mis son écurie en difficulté en insistant en vain sur sa capacité à être derrière son volant. Le résultat n'a pas été catastrophique pour l'ancien pilote Renault mais sa dernière place lors des qualifications a finalement été logique. C'est en course que son expérience a fini par payer. Grâce à un bon départ, il a pu gagner trois places puis, à force de patience et grâce à une monoplace bien plus performante que celles placées devant lui, remonter petit à petit dans le peloton afin de s'installer à la huitième place après la relance à dix tours de l'arrivée, profitant d'un Romain Grosjean en difficulté à ce moment de la course avec ses pneus durs. Un résultat qui apporte trois points précieux à Racing Point en vue de la troisième place du classement constructeurs face à McLaren et Renault.

Ricciardo et Renault sur le podium, est-ce une surprise ?

PAS VRAIMENT. Dès la fin de la saison dernière, notamment à Monza, l'écurie Renault a confirmé qu'elle était sur la bonne voie pour se battre pour le podium. Avec un Daniel Ricciardo pleinement engagé aux côtés de la marque au losange malgré son départ annoncé en fin de saison vers McLaren, l'écurie française a manqué de peu son retour sur le podium à plusieurs reprises cette saison. Lors des Grands Prix de Grande-Bretagne, de Belgique et, surtout, de Toscane, l'Australien a touché du doigt cet objectif qu'il s'était fixé, avec un amusant pari fait avec Cyril Abiteboul à ce sujet. Cinquième en Russie, Daniel Ricciardo a fait ce pas en avant tant attendu par les employés de Viry-Châtillon et d'Enstone. Profitant, il est vrai, des malheurs des autres, le natif de Perth a su mettre en musique une stratégie rondement menée et faire mieux que résister à la charge de Sergio Pérez en fin de course, terminant un peu moins d'une seconde et demie devant le Mexicain. Une course qui vient ainsi mettre fin à une attente d'un peu plus de dix ans depuis le dernier podium de l'écurie Renault en tant que telle, avant sa vente à Genii Capital en 2011 et son retour en 2016, signé par Robert Kubica en Belgique lors de la saison 2010. Mais ce podium n'est sans doute qu'une étape pour la marque française qui compte profiter de la révolution prévue en 2022 pour réduire l'écart avec le sommet de la grille avec un certain Fernando Alonso pour concrétiser cette ambition.

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