F1 : Gasly, itinéraire d'un enfant (pas si) gâté

F1 : Gasly, itinéraire d'un enfant (pas si) gâté©Media365

Thomas Siniecki : publié le dimanche 06 septembre 2020 à 23h21

Qui est Pierre Gasly, successeur d'Olivier Panis (enfin) en tant que vainqueur français d'un Grand Prix de F1 ? Pur produit de la filière nationale, il a vite été couvé par Red Bull. Qui, l'an dernier, lui a aussi mis un stop spectaculaire.



Au cas où vous ne l'auriez pas compris, c'est historique et il convient de s'en rendre compte : un pilote français qui gagne un Grand Prix de F1, c'est une partie du fameux triptyque de l'attente en sports individuels qui n'a plus lieu d'être, avec Roland-Garros (Yannick Noah en 1983) et le Tour de France (Bernard Hinault en 1985). Exit Olivier Panis, le 19 mai 1996 à Monaco, bonjour Pierre Gasly le 6 septembre 2020 à Monza. Elevé comme beaucoup au biberon du karting, ce natif de Rouen - il avait trois mois lors de la victoire d'Olivier Panis - a été enrôlé par la filière Red Bull dès 2012. Il avait alors seize ans. Son compagnon d'académie se nommera Carlos Sainz, celui-là même qui lui a férocement disputé la victoire dimanche au Grand Prix d'Italie.

Champion de GP2 en 2016, le petit prodige est aussi allé s'aguerrir au Japon, en Super Formula, l'année suivante. Il y finit deuxième du championnat, l'ultime course à Suzuka étant annulée à cause d'un typhon. Et puis la Formule 1, naturellement, arrive la fin de cette même année 2017 : Pierre Gasly remplace Daniil Kvyat chez Toro Rosso, l'écurie satellite de Red Bull. Cette saison, c'est à nouveau la composition de l'équipe chez AlphaTauri, le nouveau nom de Toro Rosso. Mais entre temps, il s'est passé certaines choses qui ont forgé le parcours de Pierre Gasly.

En 2018, son excellent début de saison, avec une quatrième place en Australie puis une septième place à Monaco, n'est pas spécialement confirmé ensuite. Ce qui n'empêche pas Red Bull de l'engager dans l'écurie phare. Et là, c'est le drame. En cours de saison, le grand manitou Helmut Marko le désavoue plusieurs fois publiquement, chose assez rare dans le monde policé de la F1. "Il doit s'améliorer avant la trêve estivale", annonçait-il en juillet à Auto Bild. Sauf que son coéquipier Max Verstappen lui prend un tour en Hongrie, ce qui convainc les décideurs de Red Bull de l'échanger avec Alex Albon.

Pierre Gasly, renvoyé alors chez Toro Rosso (devenu depuis AlphaTauri, vous avez suivi), finit magnifique deuxième derrière Lewis Hamilton au Brésil. Cette année, il renaît et écrase son partenaire Kvyat, pendant qu'Albon galère à son tour dans ce baquet maudit chez Red Bull. Jusqu'à ce jour de grâce, dimanche à Monza. Quand Marko est venu lui donner l'accolade, en direct sur Canal+, le sentiment de revanche a dû être exceptionnel pour Pierre Gasly. L'Autrichien a au moins eu cette classe, ainsi que Max Verstappen. On attend la même chose de Christian Horner, le manager de l'écurie, qui n'a cessé de se faire le relais fielleux de son patron envers le jeune Français. Quiconque a vu la saison 2 de la fameuse série de Netflix l'a bien en tête.

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