World Relays : Deux Kényanes hyperandrogènes écartées

World Relays : Deux Kényanes hyperandrogènes écartées©Media365

Mathieu WARNIER, publié le vendredi 10 mai 2019 à 17h46

Face au nouveau règlement de l'IAAF au sujet des athlètes hyperandrogènes, le Kenya a décidé de se passer de deux spécialistes du 400m, qui ont un taux de testostérone trop élevé.

Le Kenya ne veut pas prendre de risques. Alors que l'IAAF organise ce week-end à Yokohama les World Relays, des championnats réservés aux épreuves en relais avec plusieurs expérimentations, il s'agit de la première compétition d'ampleur depuis la mise en place du nouveau règlement concernant les athlètes féminines au taux de testostérone naturellement élevé, ou hyperandrogènes. Une application qui découle directement du jugement du Tribunal Arbitral du Sport, ayant débouté Caster Semenya de ses recours, quand bien même cette dernière va saisir le Tribunal Fédéral Suisse en dernier recours. Et les premières conséquences de ce règlement se sont fait sentir au sein de la délégation kenyane dépêchée au Japon pour participer aux World Relays, qui vont distribuer des places pour les championnats du monde.

Imali et Makena écartées malgré elles

La Fédération Kenyane d'athlétisme a, en effet, décidé de ne pas aligner les spécialistes du 400m Maximilla Imali et Evangeline Makena en raison d'un taux de testostérone au-delà des normes nouvellement établies. « Nous ne pouvions pas prendre le risque de voyager avec les deux athlètes après que la récente décision de l'IAAF sur la restriction des taux de testostérone des athlètes féminines a pris effet le 8 mai », a ainsi déclaré Paul Mutwii, directeur des compétitions de la Fédération Kenyane dans des propos recueillis par l'AFP. Une décision que Maximilla Imani n'accepte pas, elle qui assure qu'elle ne prendra pas de traitement permettant de réduire son taux de testostérone. « On nous a appelées pour des examens sanguins à l'hôtel de l'équipe vendredi dernier et quand les résultats ont été connus lundi, les responsables de la fédération nous en ont informées, explique cette dernière qui ne décolère pas. C'est un complot pour nous démoraliser. Je ne suis pas prête à abandonner l'athlétisme, ni à prendre un traitement inhibiteur. » Un cas qui est, sans nul doute, le premier d'une série.

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