Perche : Lavillenie se confie sur la crise à la Fédération

Perche : Lavillenie se confie sur la crise à la Fédération©Panoramic, Media365
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Emmanuel LANGELLIER, Media365 : publié le jeudi 04 novembre 2021 à 11h53

Alors que la Fédération française d'athlétisme traverse une situation compliquée, Renaud Lavillenie donne son point de vue.



A moins de trois ans des Jeux Olympiques de Paris, la situation est particulièrement préoccupante dans l'athlétisme français. Le premier sport olympique n'a rapporté qu'une médaille au sein de la délégation française à Tokyo l'été dernier et la Fédération française est dans la panade. Cela dure même depuis un long moment. La FFA n'a pas de DTN ni de directeur de la performance depuis un long moment et est enfoncée dans une crise qui ne laisse évidemment pas indifférents les athlètes, les plus modestes comme les plus renommés.

Lavillenie : « On patauge »

Après Yohan Diniz qui s'est exprimé récemment sur le sujet, Renaud Lavillenie s'exécute à son tour. « Il y a beaucoup de péripéties, et ça devient presque trop nuisible pour suivre ça au jour le jour, explique le perchiste dans L'Equipe, jeudi matin. À la rentrée, j'ai eu le président André Giraud plusieurs fois au téléphone, j'ai aussi pu échanger avec d'autres athlètes et bien sûr mon coach (Philippe d'Encausse), pour confronter les points de vue, les visions. Il s'est passé beaucoup de choses ces derniers mois, et le contexte Covid n'a bien sûr rien arrangé. »


« Ce contexte a aussi pu servir d'excuse pour dire "on n'a pas réussi à faire telle ou telle chose". Depuis que Patrice Gergès n'est plus DTN (décembre 2020, remplacé par Anne Barrois, qui a à son tour quitté la FFA en septembre), on a une configuration inédite. Il n'y a plus une seule personne qui dirige, mais plusieurs en même temps, avec des fonctions moyennement définies. On ne sait pas trop qui fait quoi, quand, comment, ni à qui s'adresser. On patauge, assène Lavillenie, qui a terminé sa saison fin août. Nous athlètes, on est tous un peu perdus. Ça engendre beaucoup d'inertie, et très peu d'efficacité. »

« Il manque un fil conducteur »

Le constat est sévère de la part du champion olympique 2012 qui explique toutefois également que les athlètes n'ont pas été au niveau ces dernières années. « Les dernières saisons n'ont pas été très bonnes sportivement, mais ça n'est pas forcément lié au climat au sein de la Fédération, souligne Lavillenie. Tout peut très bien se passer à la Fédé, mais si t'as pas les athlètes, t'as pas les athlètes. Les résultats de 2019 (Mondiaux de Doha) et 2021 (Tokyo) n'ont pas été ceux espérés. Il y a deux niveaux d'urgence. Déjà, former un nouveau duo, savoir qui sont les chefs, car depuis des mois, c'est un peu particulier. Et puis, les athlètes doivent vite connaître les modalités de sélection de la FFA pour les prochains grands Championnats (Mondiaux à Eugene, 15-24 juillet 2022 ; Championnats d'Europe à Munich, 15-21 août 2022). »

Tout cela n'engage pas à l'optimisme alors que les Jeux de Paris 2024 vont vite arriver et que cela prend toujours du temps de mettre les choses en place. « On s'est déjà concerté avec plusieurs athlètes, avoue Renaud Lavillenie. Mon statut aide sans doute, certains sont venus vers moi pour voir comment avancer. Comme je l'ai dit, j'ai déjà eu plusieurs discussions avec le président Giraud. C'est quelqu'un de très agréable. Peut-être parfois faudrait-il une personne qui tape du poing sur la table, qui indique une direction. Là on a l'impression d'aller dans un sens à un moment, puis dans un autre ensuite. Il manque un fil conducteur. » Espérons que la situation se décante prochainement dans le bon sens...

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