Mondiaux 2019 : Les favoris ont répondu présent

Mondiaux 2019 : Les favoris ont répondu présent©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le lundi 30 septembre 2019 à 21h53

Dans une soirée riche en émotions, les principaux favoris sont allés chercher l'or tels Karsten Warholm, Mariya Lasitskene, Beatrice Chepkoech ou Daniel Stahl.





Cette quatrième soirée des championnats du monde d'athlétisme a été une véritable piste aux étoiles. On lui promettait le record du monde sur la piste du Khalifa International Stadium mais Karsten Warholm s'est contenté d'un deuxième titre consécutif. Suexcité avant le départ, le Norvégien a déployé cette énergie sur la piste, prenant très rapidement le commandement avant de finir tout en contrôle pour s'imposer en 47''42, bien loin du record établi par Kevin Young il y a 27 ans. « C'était vraiment, vraiment difficile. J'avais beaucoup de pression sur mes épaules mais je travaille pour ça, pour signer de gros chronos. C'était une course épuisante, dure et même douloureuse sur la fin, a confié Karsten Warholm au micro de France Télévisions. C'est comme si j'allais mourir mais quand vous passez la ligne d'arrivée en premier, ça en vaut la peine. Peut-être qu'un jour je battrai le record du monde mais, pour le moment, je suis très content avec la médaille d'or. » Rai Benjamin a tout donné, notamment dans la ligne droite opposée, pour mettre en difficulté Karsten Warholm mais il échoue à 24 centièmes (47''66). Devant son public, Abderrahman Samba n'a pas déçu en allant chercher la médaille de bronze (48''04) juste devant Kyron McMaster (48''10).

Lyles, de Grasse, Gemili... Le 200m promet !



Noah Lyles n'est pas venu à Doha pour rigoler. L'Américain, large leader au bilan mondial 2019 sur le 200m, a signé le meilleur temps des demi-finales de l'épreuve lors des championnats du monde organisés dans la capitale du Qatar. Sans avoir donné l'impression d'avoir trop forcé dans sa course, Noah Lyles s'est imposé en 19''86, devançant l'Equatorien Alex Quiñonez (19''95) alors que le Chinois Zhenye Xie passe au repêchage en 20''03. Le Canadien Andre de Grasse, médaillé de bronze sur le 100m, a également offert un sentiment de légèreté sur la piste de Doha dans la dernière demi-finale, s'imposant en 20''08 après avoir vu Yohan Blake partir fort puis craquer. Kyle Greaux en a profité pour prendre le deuxième billet pour la finale en jeu (20''24). De son côté, Adam Gemili s'est imposé dans la première des trois demi-finales en 20''03, devançant Ramil Guliyev (20''16) quand Aaron Brown va chercher un strapontin en 20''20. Une finale où le chrono devrait encore descendre vu le potentiel de Noah Lyles et Andre de Grasse.

Lasitskene a dû se battre pour son troisième titre à la hauteur


Mariya Lasitskene était la grandissime favorite du concours de la hauteur. Détentrice de la meilleure performance mondiale de l'année avant cette finale, la Russe concourant sous bannière neutre a dû faire face à l'éclosion de Yaroslava Mahuchikh. La jeune Ukrainienne de 18 ans a dépassé ses limites pour passer une barre à 2,04m mais cette dernière a préféré jeter l'éponge une fois cette performance réalisée, laissant à Mariya Lasitskene un troisième titre consécutif qui, malgré tout, ne souffre d'aucune contestation. La Russe a, en effet, passé toutes les barres au premier essai et avec une facilité déconcertante. « C'est certain que ce concours va rester dans mon cœur pour toujours, a déclaré Mariya Lasitskene au micro de France Télévisions. J'ai dû puiser pas mal d'énergie et il y avait beaucoup d'émotions. C'était un combat fantastique. » Yaroslava Mahuchikh, qui a manqué six essais, s'offre le record du monde des moins de 20 ans en plus de la médaille d'argent. L'Américaine Vashti Cunningham, qui suivait Mariya Lasitskene dans son sans-faute jusqu'à la barre fixée à 2,00m, remporte la médaille de bronze avec un nouveau record du monde dans un concours qui a également été animé par Yuliya Levchenko, quatrième.

Edris garde son titre sur 5000m


Les Ethiopiens avaient une stratégie d'équipe pour cette finale du 5000m et elle a parfaitement fonctionné. Dès l'entame de la course, Telahun Haile Bekele et Selemon Barega ont imposé un rythme intense pour éviter toute attaque et atteindre leurs rivaux physiquement. Un temps distancés, les frères Filip et Jakob Ingebrigtsen ont pris la course en mains, accélérant à leur tour avant de voir le Canadien Mohammed Ahmed les relayer à 1000m de l'arrivée. Dans le dernier tour, Jakob Ingebrigtsen a placé un démarrage auquel personne n'a pu immédiatement répondre mais le Norvégien a sans doute présumé de ses forces, lui qui a dû piocher en première partie de course pour revenir. C'est à 200m du but qu'il a vu deux fusées éthiopiennes le doubler avec Muktar Edris qui est allé chercher son deuxième titre consécutif sur la distance (12'58''85) devant Selemon Barega (12'59''70) et Mohammed Ahmed (13'01''11). Telahun Haile Bekele a tenté de reprendre le Canadien pour un triplé éthiopien mais sans succès.

La démonstration de Chepkoech sur le 3000m steeple


Tenante du record du monde, Beatrice Chepkoech avait un vide dans son palmarès. Toujours au pied du podium que ce soit aux Mondiaux ou aux Jeux Olympiques, la Kenyane a tout donné pour aller chercher ce premier titre planétaire. Pour cela, la tactique a été autant osée que payante : elle est partie seule en tête à peine le coup de pistolet donné, tel un David Rudisha dans ses grandes heures. Au bout d'un premier kilomètre bouclé en moins de trois minutes, la Kenyane comptait plus de 50 mètres d'avance sur la concurrence, pouvant doser son effort et aller chercher la victoire en solitaire avec les deux derniers 1000m bouclés en un peu plus de trois minutes. Beatrice Chepkoech s'impose en 8'57''84, effaçant le record des championnats détenu par Emma Coburn depuis Londres en 2017. L'Américaine est passée à l'attaque à un tour et demi de l'arrivée pour s'assurer de la médaille d'argent (9'02''35, meilleure performance de sa carrière) devant Gesa Felicitas Krause (9'03''30, record d'Allemagne).

Nakaayi a mis en échec les Américaines sur 800m


En l'absence de Caster Semenya, Ajee Wilson était la grande favorite du 800m dans ces Mondiaux de Doha. Mais l'Américaine, qui a pris la course à son compte et mené grand train pendant 700m n'a pas su résister au démarrage foudroyant d'Halimah Nakaayi, qui s'impose en 1'58''04 et fixe un nouveau record de l'Ouganda, qui remporte à cette occasion le troisième titre mondial de son histoire. Mais les malheurs d'Ajee Wilson ne se sont pas arrêtés là car, au prix d'une dernière ligne droite que Marc Raquil n'aura pas renié, Raevyn Rogers est revenue du diable vauvert pour arracher la médaille d'argent (1'58''18) des mains de sa compatriote, qui prend la troisième place (1'58''84). L'Ouganda n'est pas passé loin de placer deux de ses représentantes sur le podium car Winnie Nanyondo termine au pied du podium.

Daniel Stahl tient enfin son titre au disque


Battu lors de la finale des championnats du monde de Londres en 2017 puis des championnats d'Europe de Berlin en 2018, Daniel Stahl n'est plus maudit ! Le Suédois a dominé le concours du lancer du disque à Doha avec comme meilleure marque son troisième essai à 67,59m. Le Jamaïcain Fedrick Dacres s'est accroché mais son deuxième essai à 66,94m restera sa meilleure performance et lui vaut la médaille d'argent. Le podium est complété par l'Autrichien Lukas Weisshaidinger avec son troisième essai à 66,82m qui lui assure la médaille de bronze.

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