Mondiaux 2019 : Les Bleus répondent présent, Chepngetich remporte la première médaille pour le Kenya

Mondiaux 2019 : Les Bleus répondent présent, Chepngetich remporte la première médaille pour le Kenya©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le samedi 28 septembre 2019 à 01h48

Si l'équipe de France n'a pas manqué ses débuts dans les Mondiaux de Doha avec Jimmy Vicaut, Rénelle Lamote, Ninon Guillon-Romarin, Ludvy Vaillant et Alexandra Tavernier qui se sont qualifiés, la première médaille d'or revient au Kenya avec Ruth Chepngetich qui s'est imposée en solitaire sur le marathon féminin, disputé dans des conditions loin d'être évidentes.



Les 32°C qui régnaient à Doha à 23h59 heure locale ce vendredi n'ont pas freiné l'IAAF. Le marathon féminin des championnats du monde a eu lieu comme prévu avec le départ donné par l'Emir du Qatar lui-même. Une course aux conditions exceptionnelles à plus d'un titre avec une chaleur intense, une humidité à l'avenant pour une température ressentie au-delà des 40°C et des lumières artificielles réparties tout au long de la boucle de 3,5km tracée sur la Corniche de Doha. Si, rapidement, les abandons se sont multipliés, ce marathon mondial a vu un quatuor rapidement se détacher avec la tenante du titre bahreïnie Rose Chelimo, la Namibienne Helaia Johannes ainsi que les Kenyanes Ruth Chepngetich et Edna Kiplagat. Ce groupe a mené grand train après avoir fait la différence dans le troisième 5000m, un temps soutenu par une autre Kenyane, Visiline Jepkesho. C'est à l'approche des cinq derniers kilomètres que la course s'est décantée avec Ruth Chepngetich qui a placé un démarrage auquel personne n'a pu répondre. Rose Chelimo a tenté de résister mais a rapidement compris que la médaille d'or n'était plus à sa portée. La Kenyane s'impose en 2h32'43'' avec une marge d'un peu plus d'une minute sur la Bahreïnie quand Helaia Johannes complète le podium, apportant une sixième médaille aux Mondiaux à la Namibie, la première depuis Frankie Fredericks, à environ une minute et demie.

Tavernier, un essai et le billet pour la finale

Les championnats du monde d'athlétisme démarrent bien pour les Bleus. Sur la piste réfrigérée du Khalifa International Stadium, les épreuves organisées à l'intérieur de l'enceinte profitent d'une température autour de 25°C, bien loin des tracas que la chaleur et l'humidité poseront aux marathoniennes. Première Tricolore en lice, Alexandra Tavernier s'est largement montrée à la hauteur lors des qualifications du marteau féminin. Alors que la limite de qualification a été fixée à 72 mètres, la Française a envoyé son engin à 72,91m dès le premier essai, limitant sa présence au bord de la cage au strict minimum. « J'ai juste vu la ligne et je me suis dit que c'était bon, que je pouvais aller récupérer pour demain (samedi). Je suis contente car tout le travail psychologique que nous avons fait paye, les choses avancent petit à petit donc ce n'est que du bonheur pour la finale et on fera de son mieux, a déclaré Alexandra Tavernier au micro de France Télévisions. C'est une autre compétition maintenant. Je me sens dans la peau d'une outsider et je le prends bien car ça veut dire que personne ne m'attend et, comme ça, on me laisse tranquille dans le plateau. J'ai l'habitude de lancer dans cette position et c'est ce qui me va le mieux. » Des qualifications où la meilleure marque a été signée par l'Américaine DeAnna Price (73,77m).


Vicaut n'a pas forcé

Exempt du tour préliminaire, Jimmy Vicaut a fait son entrée sur le 100m lors des séries et, aux côtés de Yohan Blake, le recordman d'Europe de la distance a tranquillement signé le deuxième temps de sa série en 10''08, un centième derrière le Jamaïcain et a donné une bonne impression au fil d'une course où il est apparu relâché. « Je suis content, je débute les championnats et je passe en demi-finales. Maintenant, il faudra tout donner demain (samedi) pour aller en finale, a déclaré Jimmy Vicaut au micro de France Télévisions à l'issue de sa course. J'avais hâte d'être à Doha, je suis là, je vais prendre du plaisir car je n'ai rien à perdre. Le meilleur est encore à venir et on verra demain (samedi) s'il y a plus. » Des séries du 100m où Christian Coleman a été le seul athlète à descendre sous les 10 secondes (9''98).


Lamote à sa main

Sur le double tour de piste, Rénelle Lamote s'est imposée dans sa série en 2'03''36 dans une course menée à son rythme. « J'étais assez confiante avant la course, c'est pour cela que j'ai pris les devants quand j'ai vu que ça ne courrai pas et je ne regrette pas mon choix, a analysé la Tricolore au micro de France Télévisions. Je pense que c'est très ouvert et j'ai eu la chance d'avoir des championnats qui sont programmés tard dans la saison donc j'ai pu me préparer après ma qualification donc je me sens vraiment prête et, si tout se passe bien, il pourrait y avoir de belles choses, une place en finale et, après, tout est permis. » Une épreuve du 800m où la première au bilan mondial, Caster Semenya, est absente en raison des règles imposées par l'IAAF aux athlètes hyperandrogènes. Cela a permis à Winnie Nanyondo de signer le meilleur temps des séries en 2'00''36.

Guillon-Romarin a frôlé la correctionnelle

La place en finale a tenu à rien pour Ninon Guillon-Romarin au saut à la perche. Alors que la barre de qualification a été fixée à 4,60m par l'IAAF, il a fallu attendre le troisième essai pour voir la Tricolore passer in extremis et valider sa place en finale. Une grande explication où pas moins de 17 athlètes seront conviées, toutes ayant passé cette barre manifestement placée trop bas. « J'a dû puiser dans mes ressources. J'ai essayé de rester concentrée pendant le concours et de m'appliquer sur ce que je sais faire. Je sais qu'il y a du monde qui me regardait et ça m'a reboostée à bloc et je me suis dit qu'il fallait absolument que je passe en finale, a déclaré Ninon Guillon-Romarin au micro de France Télévisions. Je sentais que je pouvais le faire et c'est une performance que j'ai réalisée plusieurs fois depuis l'année dernière donc je savais que c'était abordable mais ça n'est jamais fait d'avance. La preuve, il m'a fallu trois essais pour y arriver. Je n'ai plus rien à perdre. On est 17 filles à avoir passer cette barre-là car il y a une très belle densité en ce moment donc, maintenant, il va falloir jouer et aller le plus loin possible. » Une finale où les favorites telles Nikoleta Kiriakopoulou, Jennifer Suhr ou Anzhelika Sidorova seront bien au rendez-vous.


Claude-Boxberger a manqué le coche

La seule déception tricolore de cette première journée à Doha restera Ophélie Claude-Boxberger. Troisième lors des derniers championnats de France, la native de Montbéliard a raté sa série du 3000m steeple. Jamais dans le coup, elle prend la dernière place de sa série (10'05''10) à plus de 40 secondes de Peruth Chemutai, victorieuse dans cette première série. Un échec que la Tricolore a justifié par la chaleur qui règne à Doha. « C'était difficile car, les jours précédents, je me suis entraînée dehors. J'ai fait l'erreur de m'entraîner en extérieur. Le stade est climatisé donc j'ai fait mes entraînements avec 49°C en température ressentie et c'est vrai que j'ai perdu beaucoup d'eau au cours de mes entraînements, a justifié la Française au micro de France Télévisions. Les premiers jours après notre arrivée, on n'a pas eu la possibilité de s'entraîner dans la salle donc j'ai fait mes entraînements dehors et je pense que j'ai perdu beaucoup d'énergie sur ces derniers jours et je pense que c'est ça qui m'a manqué. J'ai fait un mois de préparation à Font-Romeu où tout s'était extrêmement bien passé. Malheureusement, je paie un peu les efforts des derniers jours dans la chaleur mais c'est comme ça, c'est le sport et il y aura d'autres occasions. » Des séries qui ont vu la Kenyane Beatrice Chepkoech signer le meilleur temps dans la deuxième série (9'18''01).

Déception pour Compaoré et Pontvianne


Ils étaient deux au départ des qualifications du triple saut masculin... mais ni Jean-Marc Pontvianne, ni Benjamin Compaoré n'ont réussi à dépasser la ligne de qualification fixée à 17,10m ou à se hisser dans les douze premiers. Présent dans le Groupe A, Benjamin Compaoré n'a pas pu faire mieux que 16,59m au premier essai, signant la 11eme meilleure performance de son groupe. Sur l'autre sautoir, Jean-Marc Pontvianne s'est arrêté à 16,31m, là aussi au deuxième essai, terminant 12eme de son groupe. « J'ai eu une année très compliquée mais j'ai l'impression que c'est le plus gros échec de ma carrière. Ça peut paraître bizarre mais je m'attendais à faire de grandes choses, a confié Benjamin Compaoré au micro de France Télévisions. Ma préparation n'a pas été optimale mais j'ai eu un mois où j'ai pu bien m'entraîner. Malgré ça, ça ne passe pas mais c'est le sport de haut niveau. Je me sentais très fort et très bien à l'entraînement mais les qualifications restent les qualifications. Je n'ai pas réussi à trouver mes sensations. C'est dommage. » Seuls Pedro Pablo Pichardo et Hugues-Fabrice Zango ont pu s'économiser en faisant mieux que 17,10m. Christian Taylor et Will Claye, eux, ont assuré leur place en finale avec leur performance mais sans dépasser les 17 mètres.

Vaillant répond présent


En conclusion de cette première journée dans le stade, les séries du 400m haies ont permis à Ludvy Vaillant de se qualifier, contrairement à Wilfried Happio, qui était loin du compte et termine avant-dernier de sa série. Dans une course où Yasmani Copello a dérouté tout le monde en faisant tout sauf forcer au point de terminer cinquième et de se qualifier seulement au temps, le vice-champion de France a fait le nécessaire avec la deuxième place de sa série en 49''49 derrière Rasmus Mägi. Des séries où Abderrahman Samba, devant son public, a mis un point d'honneur à signer le meilleur temps en 49''08, lui qui n'avait pas sauté de haies en compétition depuis mai dernier.

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