Meeting de Paris : Les minima pour Bosse et Manga, deuxième performance de tous les temps pour Samba

Meeting de Paris : Les minima pour Bosse et Manga, deuxième performance de tous les temps pour Samba©Media365

Aurélien CANOT, publié le samedi 30 juin 2018 à 23h00

Le Meeting de Paris, samedi à Charléty, a permis à Pierre-Ambroise Bosse, Rénelle Lamotte, Claudia Saunders et Aurel Manga réussir les minima pour Berlin lors d'une soirée marquée par le chrono phénoménal d'Abderahmann Samba sur 400m haies (46''98).

Lavillenie et Vicaut battus


Objectif manqué pour Jimmy Vicaut. Sur cette même piste de Charléty où il était descendu sous les dix secondes pour la première fois de sa carrière (9''95 en 2013), le natif de Bondy ne s'était pas fixé un temps, mais la victoire. Malheureusement pour le sprinteur français désormais licencié à Marseille, son excellent départ ne lui a pas suffi pour remporter ce 100m dont six des huit coureurs au départ étaient descendus sous les 10'' cette saison. Ronnie Baker, notamment, avait signé un 9''90 des plus brillants, mais en deçà du chrono réalisé samedi soir par l'Américain. Ce dernier a repris Vicaut dans les derniers mètres de la course et s'est imposé en 9''88 pour signer le meilleur temps de l'année. Classé dans le même temps que le Chinois Su, troisième, le médaillé de bronze des Championnats d'Europe 2016 se console en égalant la meilleure performance européenne de l'année (9''91), lui qui avait couru en 9''92 à Marseille il y a deux semaines. MPM pour Baker sur 100m et MPM également au concours de la perche, mais, malheureusement pour les supporters du Clermontois, elle n'est pas à mettre au crédit de Renaud Lavillenie. Ce dernier avait pourtant démarré fort sa soirée, en n'ayant besoin que d'un seul essai pour franchir ses premières barres (5,45m, 5,60 m, 5,77 m et 5,84 m), mais les choses se sont compliquées ensuite pour le champion olympique de Londres, bloqué à 5,90 m, contrairement à ses deux principaux rivaux Sam Kendricks et Armand Duplantis. Le second s'est arrêté à 5,90 m, tandis que le premier a remporté le concours en effaçant 5,96 m à sa deuxième tentative. Il a en revanche échoué ensuite à 6,05 m.

Bosse reprend doucement mais signe les minima


Il l'avait dit lui-même : Pierre-Ambroise Bosse comptait sur ce Meeting de Paris pour lancer officiellement sa saison. Même s'il n'avait qu'une course dans les jambes (1'49''22 lors des Interclubs en déroulant), le champion du monde du 800m disqualifié à Huelva lors de sa course de rentrée pour avoir franchi la ligne dans l'emballage final,  attendait probablement mieux samedi soir à Charléty. Septième en 1'45''19, le Girondin qui a fait davantage parler de lui depuis son sacre de Londres à la rubrique faits divers que pour ses exploits sportifs a terminé loin du vainqueur Ferguson Rotich (1'43''73), venu sauter son compatriote Jonathan Kitlit à moins de dix mètres de la ligne. « PAB » n'a pas passé une mauvaise soirée pour autant, puisqu'il a réussi les minima pour les Championnats d'Europe de Berlin, soit précisément ce qu'il était venu chercher à Paris. Troisième à cent mètres de la ligne, Bosse a, de surcroît, payé son manque de rythme sur la fin, mais le stage qu'il vient d'effectuer au Maroc semble avoir malgré tout porté ses fruits. Même s'il y a encore du travail pour espérer revivre des exploits comme celui de Londres. En attendant, le spécialiste français du 800m sera l'un des hommes à suivre à Berlin, où il sera accompagné de Rénelle Lamotte et Claudia Saunders. Respectivement huitième en 1'59''25 (première course sous les deux minutes depuis deux ans) et onzième en 2'00''47 d'un 800m survolé par la tant controversée Sud-Africaine Caster Semenya, encore impressionnante dans sa tentative de record du monde sans lièvre qui l'a vue échouer à moins d'une seconde (1'54''25, nouveau record personnel, quatrième chrono de tous les temps, record d'Afrique du Sud et du meeting), les deux Tricolores ont toutes deux réalisé le niveau de performance requis pour les Championnats d'Europe. NPR également sur 110m haies pour Aurel Manga, qui a validé son ticket pour l'Allemagne dès les séries avec son « season best » (13''31). Septième de la finale ensuite, le hurdleur français a signé un temps inférieur (13''48). A noter le doublé jamaïcain, avec le succès de Ronald Levy (13''18) devant Hansle Parchment (13''21).


Un Mayer record à double titre


Comme lors de la dernière édition, le Meeting de Paris avait décidé de proposer un triathlon 110m haies-poids-longueur à son menu. Une aubaine pour Kevin Mayer. Immense favori de cette épreuve qui avait remporté un franc succès en 2017, le champion du monde en plein air du décathlon en 2017 et de l'heptathlon en salle en 2018 n'a laissé aucune chance à ses concurrents en signant un score final de 2 860 points. Quinze jours après avoir battu deux de ses records (100m et disque), le Lorrain a amélioré deux de ses autres marques personnelles, en bouclant son 110m haies en 13''72 malgré un vent défavorable et deux touchettes et en pulvérisant son précédent meilleur lancer au poids (16,51 m, plus de 30 cm de mieux). A trois centimètres près, Mayer aurait même réussi un carton plein en améliorant également son record au saut en longueur (7,62 m).

Samba, deuxième chrono de tous les temps !


A l'exception de l'Américain Kevin Young en finale des Jeux de Barcelone 1992 (46''78, record du monde établi ce soir-là), jamais aucun athlète n'était descendu sous les 47 secondes sur le 400m haies. La performance d'Abderrahman Samba (22 ans), samedi soir lors du Meeting de Paris, a donc tout de pharaonique. Le petit prodige mauritanien naturalisé qatarien est, en effet, devenu au stade Charléty le deuxième compétiteur de tous les temps seulement à boucler son 400m haies en moins de 47 secondes. Pour deux centièmes (46''98), Samba, nom décidément très à la mode ces derniers temps dans le milieu de l'athlétisme, a rejoint Young sur la toute short-list (puisqu'ils ne sont que deux) des champions passés sous les 47 secondes. Devant un public n'en croyant probablement pas ses yeux, au même titre que le Qatarien lui-même en voyant s'afficher ensuite sur l'écran géant son chrono complètement dingue, la nouvelle petite merveille du tour de piste a profiter des conditions idéales pour s'imposer dans ce temps inimaginable de 46''98 devant Kyron McMaster (47''54) et Karsten Warholm (48''06). « Je ne m'attendais pas à courir si vite, avouait le héros de la soirée après-coup devant les journalistes. Mais c'est incroyable d'être le deuxième homme le plus rapide de l'histoire (...) Qui sait, peut-être que je peux aller une seconde plus vite l'année prochaine. »

Cheruiyot et Chepkoech s'illustrent


Un mois après avoir déjà signé la meilleure performance mondiale de la saison (3'31''22) sur 1 500m, Timothy Cheruiyot a remis cela samedi à Charléty en faisant encore mieux qu'en mai dernier. Vainqueur cette fois en 3'29''71, le jeune Kényan a écrasé la course, en laissant son dauphin le Djiboutien Souleiman deux secondes derrière (3'31''77).  Promenade de santé chez les femmes sur le 3 000m steeple pour Béatrice Chepkoech. La compatriote de Cheruiyot, déjà meilleure performeuse mondiale également, a elle aussi amélioré son chrono personnel en ne laissant aucune chance à ses concurrentes. La Kényane l'emporte en 8'59''36, soit la MPM donc, mais aussi et surtout la cinquième meilleure performance de tous les temps. Autre immense favorite de sa spécialité, la sauteuse en hauteur russe Maria Lasitskene a elle aussi illuminé la soirée en franchissant une barre à 2,04 m, nouvelle meilleure marque de la saison. Lasitskene, qui avait débuté son concours par un raté à 2,00m, a même été à deux doigts de battre le record du monde (échec à 2,08 m).


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