Marche : Diniz nous raconte son confinement

Marche : Diniz nous raconte son confinement©Media365

Thomas Siniecki, publié le vendredi 03 avril 2020 à 20h13

Quand on pense à Yohann Diniz, on se dit qu'un spécialiste du 50 km marche doit être bien embêté pour se préparer en cette période de confinement, où les sorties autorisées sont très limitées. Mais le Champenois reste très zen.



« Avant le début de ce confinement, je sortais d'un gros cycle de travail et j'avais déjà décidé de faire une petite coupure de deux bonnes semaines. Histoire de récupérer un peu avant les JO, puisqu'ils étaient encore prévus... Désormais, je fais beaucoup de préparation physique, beaucoup de travail sur le 'home trainer'. Je ne reprendrai la marche que lundi, dans le périmètre autorisé autour de chez moi et pour une heure. J'ai un parcours dans le centre de Soissons, sur les bords de l'Aisne. Normalement je ne l'utilise pas, car il y a un peu de voitures, mais là ça va (sourire). En allant à 1,25 km de chaque côté, ça me fait un parcours de 2,5 km et je ne m'éloigne pas plus. C'est plutôt pas mal, j'ai à peu près ce qu'il faut, avec ce complément ensuite à la maison en aérobie et sur le vélo.

Habituellement, je pars en pleine campagne, je laisse ma voiture à un point fixe pour pouvoir changer mes bidons et me ravitailler, sur une boucle de 20 kilomètres. Ça me fait de longues sorties tout seul. Là, c'est sûr que c'est un plus petit périmètre, mais c'est plutôt bien de pouvoir sortir une heure quand même. Comme pour tout le monde... Moi, c'est sûr, c'est mon métier et le travail à la maison ne remplace pas tout, mais vu que tout le calendrier est bloqué... Des 50 km marche, on n'en fait pas 30 dans une saison (sourire). Je ne suis pas en retard, je maintiens l'activité, trois ou quatre heures par jour en deux fois. J'essaie de garder les habitudes. C'est plutôt bien, aussi, d'avoir encore plus de préparation physique, pour le renforcement afin d'éviter les blessures.

Ça s'est transformé en Tokyo 2021, j'espère être aussi performant

On connaît la date des JO, on est tous un peu rassurés. Le plus difficile, c'était le doute. Le compte à rebours continuait, mais la préparation stagnait, tu ne sais pas si tout le travail va servir à quelque chose... Et encore, moi, j'avais la chance d'être qualifié, contrairement à ceux qui avaient cette épée de Damoclès des quotas à aller chercher avant le mois de juillet ! Psychologiquement, c'était compliqué. Désormais, il n'y a pas de stress. On respecte les règles sanitaires et les bons gestes pour éradiquer ce virus, après on retrouvera une vie et un rythme normaux...

Tokyo 2020 s'est transformé en Tokyo 2021, je suis qualifié et j'espère pouvoir être toujours aussi performant. En calibrant bien, ça me fait une saison d'un an et demi... J'attendrai la date de mon prochain 50 km, il m'en faudra un dans les jambes. Comme en 2019, où j'en avais fait un avant les Mondiaux de Doha, en gagnant la Coupe d'Europe au mois de mai. Il faut retravailler la distance et les ravitaillements, rester dans un rythme de compétition... Ce sera certainement à l'automne, ça laisse le temps de se préparer. »

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